•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Au tour des conservateurs de parler habitation

M. Scheer s'adresse aux médias devant des maisons en rangée.

Le chef conservateur Andrew Scheer a fait un arrêt à Vaughan, en banlieue de Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Julien McEvoy

Comme en d’autres matières, Justin Trudeau a menti aux Canadiens et n’a pas respecté ses promesses sur l’accès à la propriété, a déclaré Andrew Scheer, lundi matin, alors qu’il présentait sa propre politique à ce sujet.

Le chef conservateur était à Vaughan, au cœur de la banlieue de Toronto, pour annoncer les grandes lignes de son « plan en quatre points pour rendre la propriété domiciliaire plus abordable ».

Quand les journalistes lui ont demandé si les électeurs ne risquaient pas d'être confondus par les similarités entre les plans libéral et conservateur en la matière, M. Scheer a répondu que ce qui le distinguait de Justin Trudeau était le fait que ce dernier n’avait pas respecté ses promesses.

Quoi qu’il en soit, il est clair que conservateurs et libéraux visent la même clientèle électorale, comme en fait foi l’annonce conservatrice faite quelques jours après l’engagement libéral en la matière.

Le plan des conservateurs en matière d’accès à la propriété prévoit d’abord de mettre un terme aux simulations de crise – communément appelé « tests de résistance » ou « stress tests » en anglais – pour obtenir un prêt.

La mesure, mise en place par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) en janvier 2018, existe afin d'éviter que les propriétaires ne se retrouvent dans une situation financière précaire et de s'assurer qu'ils peuvent toujours être solvables en cas de hausse de taux hypothécaires. Quiconque souhaite acheter une propriété doit s'y soumettre.

Mais M. Scheer a indiqué, lundi matin, que la mesure « empêche de trop nombreux acheteurs, que ce soit des premiers acheteurs ou non, de devenir propriétaires ».

C’est clair qu’une période d’amortissement de 30 ans va rendre les maisons disponibles pour les jeunes Canadiens qui veulent acheter une maison pour la première fois.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Beaucoup de gens ne songent pas à acheter une maison parce que le coût d'une mise de fonds est très élevé. Le rêve d’accéder à la propriété est hors de portée pour tant de gens sous Justin Trudeau, a-t-il commenté.

Les conservateurs souhaitent aussi augmenter la période d'amortissement maximale d'un emprunt hypothécaire de 25 à 30 ans, eux qui l’avaient réduite de 30 à 25 ans en 2012, pour les premiers acheteurs.

Il s’agirait, a expliqué M. Scheer, de permettre de plus petits paiements mensuels. Ainsi, de jeunes acheteurs dont les revenus augmenteront avec l’âge pourraient s’offrir une maison plus rapidement que dans le système actuel, a-t-il plaidé.

En 2012, le ministre conservateur des Finances, Jim Flaherty, avait réduit la période d'amortissement maximale afin, expliquait-on, de « protéger les investissements des familles canadiennes » et d’« assurer la stabilité à long terme de notre marché hypothécaire ».

Le plan présenté par Andrew Scheer prévoit enfin de mener une enquête sur le blanchiment d’argent dans le secteur immobilier, ce qui serait une des causes du gonflement des prix sur le marché, ainsi que de rendre des terrains fédéraux disponibles pour le développement immobilier, toujours dans le même esprit de réduction des prix.

Les premiers acheteurs courtisés

Au début de la campagne, le chef libéral Justin Trudeau avait lui aussi proposé des mesures pour favoriser l'accès à la propriété, en promettant notamment de bonifier le récent programme qui vise à faciliter l’accès à la propriété dans les marchés du grand Toronto, du grand Vancouver et de Victoria.

Le programme vise à augmenter le nombre de premiers acheteurs, qui peuvent ainsi confier 5 % ou 10 % de leur hypothèque sans intérêt à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui, elle, ne se rembourse qu’à la revente de la maison.

Les libéraux promettent aussi de s'attaquer à la spéculation immobilière engendrée par des acheteurs étrangers grâce à une taxe de 1 % sur la valeur des propriétés qui sont détenues par des étrangers. Le plan conservateur ne fait pas mention de ce phénomène, ce que M. Scheer a expliqué, lundi, par le fait que son parti souhaite d'abord s'attaquer au blanchiment d'argent.

L'incitatif libéral à l'achat d'une première maison a trop d'obstacles à franchir, a dit Andrew Scheer, au final, quant aux mesures libérales dans leur ensemble.

M. Scheer a déclaré ce matin qu’il annulerait l’incitatif des libéraux à l’achat d’une première maison. Les conservateurs prendraient de l’argent directement dans les poches des Canadiens, a rétorqué par communiqué le candidat libéral dans Eglington—Lawrence, Marco Mendicino.

Notre dossier Élections Canada 2019

Politique fédérale

Politique