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Le Parti populaire de Maxime Bernier a-t-il de réelles chances en Outaouais et à Ottawa?

Le Parti populaire du Canada pourrait brouiller les cartes, selon des commentateurs politiques.

Maxime Bernier parle sur une estrade.

Maxime Bernier s’adresse à des militants pendant un rassemblement du Parti populaire du Canada, à Gatineau, le 20 novembre 2018. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Même s’il ne remporte aucun siège, le Parti populaire du Canada (PPC) pourrait jouer les trouble-fêtes lors des prochaines élections dans la région d’Ottawa et en Outaouais, estiment certains commentateurs politiques.

La formation politique de Maxime Bernier pourrait gruger suffisamment de votes dans les circonscriptions où le résultat a été serré en 2015, ce qui favoriserait le Parti libéral de Justin Trudeau.

Historiquement, les résidents de l’Outaouais et de la région d’Ottawa ne sont pas reconnus pour être des électeurs très à droite de l’échiquier politique. Et, au premier regard, le parti de Maxime Bernier, qui véhicule des idées libertariennes, n’est pas destiné à faire le plein de votes dans ces deux régions.

Ottawa et Gatineau sont des régions généralement de fonctionnaires, de gens qui sont plutôt centraux dans leurs opinions politiques, analyse Pierre Jury, éditorialiste au quotidien Le Droit. Et pour cela, je pense que les électeurs vont rejeter M. Bernier avec un peu plus de force.

C’est une voix qui est très, très marginale. Ça ne résonne pas ici, comme ça ne résonne pas non plus dans le reste du pays.

Une citation de :Pierre Jury, éditorialiste au journal Le Droit

À partir du moment où tu dis que tu veux moins d’État, puis que tu démonises l’État dans la société [...] Un parti qui s’affiche comme ça ne sera pas très populaire parmi les fonctionnaires, renchérit Genevieve Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

D’ailleurs, il y a des études qui montrent que ce sont les partis de gauche qui sont davantage favorisés dans les capitales où l’on retrouve beaucoup de fonctionnaires, ajoute-t-elle.

Aux prochaines élections, les sondages donnent, tout au plus, de 2 % à 3 % du vote au Parti populaire, en Outaouais et à Ottawa. Théoriquement, ce score maintiendrait le PPC dans les limites de la marginalité.

Notre dossier Élections Canada 2019

Et pourtant...

Ceux qui pensent que Maxime Bernier est quelqu’un que l’on doit ignorer, il va falloir faire attention, prévient cependant Françoise Boivin, ex-députée devenue commentatrice politique.

Dans les circonscriptions où ça peut être un conservateur qui est en avant, mais par très peu, ou un libéral qui est en avant par très peu, le fait d’enlever 2 % ou 3 % au conservateur peut faire toute la différence, illustre-t-elle.

Mme Boivin pense notamment à la circonscription de Kanata-Carleton, qui a été remportée par la libérale Karen McCrimmon aux dernières élections. Au moment où on se parle, les chiffres sont de 39 % à 41 %, selon les sondages. Enlevez un 2 % ou 3 % et là, ça donne la marge de manœuvre ou l’espace qu’il faut pour respirer à Mme McCrimmon, dit-elle.

Je vais aussi regarder du côté d’Orléans qui a un vécu conservateur avec feu M. Royal Galipeau. On sait que dans la région, les conservateurs veulent ravir ce siège-là aux libéraux et ils l’ont déjà eu. Imaginez si c’est encore serré, puis là, tu as un Maxime Bernier qui va chercher un 2 % ou 3 %, avance-t-elle.

En 2015, le conservateur Pierre Poilièvre a remporté de justesse la circonscription de Carleton avec 46,9 % des voix alors que son adversaire libéral, Chris Rodgers, a obtenu l'appui de 43,7 % des électeurs. Cette année, si le scénario se répète, le PPC pourrait faire la différence.

Maxime Bernier sur le plateau du Téléjournal, dans les bureaux de Radio-Canada, à Montréal.

Le chef du Parti populaire du Canada estime que de nouvelles technologies permettront de s'attaquer aux changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Maxime Bernier la bête noire des conservateurs

Le chef du Parti populaire courtise une clientèle bien précise. Ce sont principalement des conservateurs déçus par les positions plus centristes de leur parti.

Depuis qu’il a perdu la course à la chefferie du Parti conservateur, il y a un an, M. Bernier s’est donné le mandat de défendre les « vraies idées conservatrices »... quitte à diviser le vote conservateur.

Je suis convaincu que Maxime Bernier a sa carte du Canada et qu’il a des circonscriptions sur lesquelles il peut compter pour aller brouiller le jeu [des conservateurs], avance Mme Boivin. Maxime Bernier ne veut pas gagner le pouvoir, mais ramener le Parti conservateur ailleurs, renchérit la professeure Tellier.

Maxime Bernier a une mission sur terre, c’est d’être une épine dans le pied d’Andrew Scheer.

Une citation de :Françoise Boivin, commentatrice politique

S’il y a quelques gains à faire, déclare Mme Tellier, ce serait dans la banlieue d’Ottawa — dans des zones plus rurales, moins fonction publique —, qui vote normalement conservateur et donc qui serait séduite par un discours qui est plus à droite.

En Outaouais, où l’écart entre les libéraux et les conservateurs est très important, le Parti populaire ne devrait entraîner aucune conséquence, aux dires de nos observateurs.

Qui sont-ils?

Les candidats du Parti populaire du Canada en Outaouais et dans la région d’Ottawa :

  • Gatineau : Mario-Roberto Lam
  • Hull-Aylmer : Rowen Tanguay
  • Pontiac : Mario Belec
  • Argenteuil—La Petite Nation : Sherwin Edwards
  • Orléans : Roger Saint-Fleur
  • Ottawa Centre : Merylee Sevilla
  • Ottawa-Sud : Rodrigo Bolanos
  • Ottawa—Vanier : Paul Durst
  • Ottawa-Ouest Nepean : Serguei Guevorkian
  • Nepean : Azim K. Hooda
  • Carleton : Alain Musende
  • Glengarry—Prescott—Russell : Jean-Jacques Desgranges
  • Kanata-Carleton : Scott Miller
  • Stormont—Dundas—South Glengarry : Sabile Trimm

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