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Valérie Plante engage Montréal dans un vaste plan de réduction des GES

Valérie Plante parle au micro.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a pris la parole au nom des villes engagées dans la lutte contre les changements climatiques lors du Sommet Action Climat organisé par les Nations unies, à New York.

Photo : Radio-Canada

Stéphane Bordeleau

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est engagée devant l’ONU à réduire de 55 %, par rapport au niveau de 1990, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de sa ville d’ici 2030. Les villes sont en première ligne dans la lutte contre les changements climatiques, rappelle-t-elle, et sont capables d’en faire plus.

La mairesse de Montréal, qui s'exprimait au nom des grandes villes du monde dans le cadre du Sommet Action Climat, a expliqué que ce sont les gestes faits dans les villes qui auront le plus d’impact sur la réduction des GES.

En 2050, les deux tiers de la population mondiale vivr[ont] en milieu urbain. Le défi est donc énorme pour que les villes adaptent leurs infrastructures et les rendent plus résilientes.

Extrait du discours de Valérie Plante, mairesse de Montréal

La majorité des villes du monde sont déjà engagées dans la lutte contre les GES et sont prêtes à en faire plus, mais pour ce faire, elles doivent pouvoir compter sur le soutien des États et la collaboration du secteur privé, a-t-elle souligné.

On a besoin d’être à la table des négociations. On veut être entendus parce qu’on innove. On trouve des solutions très, très pratico-pratiques, avait plaidé la mairesse plus tôt aujourd'hui en entrevue à l’émission Tout un matin.

L'ONU a fixé un objectif de réduction de 45 % des GES d’ici 2030, par rapport au niveau de 2010, et la carboneutralité d'ici 2050, mais Valérie Plante veut aller plus loin.

J’ai demandé à un panel d’experts et de scientifiques de développer un plan de réduction de 55 % de nos émissions d’ici 2030 et je suis prête à aller plus loin.

Extrait du discours de Valérie Plante, mairesse de Montréal

La mairesse Plante prenait la parole lors de cet événement au nom des villes du monde engagées dans la lutte contre les GES, ainsi qu'à titre d'ambassadrice pour la biodiversité du Conseil international pour les initiatives écologiques locales (ICLEI), qui regroupe plus de 1750 administrations municipales dans plus d’une centaine de pays.

Où en est Montréal en matière de GES?

La Ville de Montréal avait réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25 % entre 1990 et 2013. Elle projette maintenant de porter à 55 % cette réduction des GES d'ici 2030.

Pour y parvenir, la Ville devra cependant s’attaquer de front aux déplacements automobiles qui ont fait augmenter les émissions de GES liées au transport routier de 16 %, selon les données de 2017, dans un contexte où le parc automobile ne cesse d’augmenter à Montréal.

Les émissions de GES liées aux matières résiduelles avaient quant à elles chuté de 77 % en 2017 grâce notamment à l'amélioration des systèmes de captation de biogaz. L'abandon graduel du chauffage au mazout a également beaucoup contribué à la réduction des émissions de GES à Montréal.

En 1990, les émissions de GES de la Ville de Montréal et des 15 autres municipalités de l’île se chiffraient globalement à 15 013 kilotonnes d'équivalent CO2.

Priorité aux transports collectifs

Des gens marchent sur le quai du métro, alors qu'un train passe.

La mairesse Plante mise sur le transport collectif pour réduire les émissions de GES de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour la mairesse de Montréal, la réduction des GES dans les villes de la planète commence invariablement par une réorganisation des transports.

Il faut miser sur la mobilité durable par une offre de transport actif et collectif améliorée, mettre fin à notre dépendance à la voiture solo et électrifier les transports, a-t-elle déclaré aux Nations unies.

La conception et l’efficacité énergétique des bâtiments sont également des terrains sur lesquels les villes doivent agir, a-t-elle souligné.

De nombreuses villes se sont aussi engagées à ce que les bâtiments sur leur territoire n’émettent plus de GES d’ici 2050, et cela passe notamment à Montréal par l’interdiction du chauffage au mazout d’ici 2030.

En termes de préservation et de développement des espaces verts dans les grandes villes, Valérie Plante a souligné que les changements climatiques n’affecteront pas que les humains : ils auront aussi un impact important sur la biodiversité.

Elle a du même souffle rappelé que son administration avait récemment refusé d’aller de l’avant avec un projet immobilier d’un autre siècle qui aurait ajouté 10 000 voitures sur les routes et qu'elle travaille à créer l'un des plus grands parcs urbains du pays sur son territoire.

Plutôt que de détruire des centaines d’hectares d’espaces naturels et de milieux humides, nous allons créer le plus grand parc urbain au Canada, huit fois la taille de Central Park.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Dans une perspective plus sociale, Valérie Plante a par ailleurs expliqué que les stratégies mises de l’avant par les villes pour lutter contre les changements climatiques ne pourront se concrétiser sans tenir compte des besoins et des réalités notamment des peuples autochtones, des mouvements migratoires et de la protection des groupes les plus vulnérables dans nos sociétés.

La mairesse, qui doit accueillir dans quatre jours la militante écologiste Greta Thunberg à l'hôtel de ville de Montréal, a terminé son allocution en saluant les efforts mis de l’avant par les jeunes pour faire changer les choses, assurant qu’elle marchera à leurs côtés vendredi dans les rues de Montréal.

Le sommet de l‘urgence

Valérie Plante est assise en compagnie de quatre autres représentants.

Le Sommet Action Climat 2019 a été organisé par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Photo : Radio-Canada

Organisé à la demande expresse du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour donner un coup de fouet aux efforts jugés trop timides des États pour lutter contre les changements climatiques, le Sommet Action Climat mise avant tout sur l’action, comme l’indique son nom.

Cette fois, le grand patron de l’ONU a accentué la pression sur les décideurs en leur demandant de laisser les grands discours de côté et de se présenter à la rencontre avec des plans concrets et réalistes de lutte contre les changements climatiques.

De grands absents

Bien qu’une soixantaine de pays aient répondu à l’invitation, plusieurs chaises sont restées vides, notamment celles du Brésil et de la Russie, des pays par ailleurs montrés du doigt pour leur niveau de pollution atmosphérique et la réticence de leurs dirigeants à s’engager dans la lutte contre les changements climatiques.

Le président des États-Unis, Donald Trump, qui boude généralement les grands forums environnementaux et qui ne devait pas se présenter lundi matin au sommet, a néanmoins fait acte de présence en s'assoyant brièvement au siège des États-Unis.

Mais le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ne baisse pas les bras devant le désintérêt des grandes puissances face aux enjeux environnementaux.

Répétant sur toutes les tribunes que l’humanité vit un moment déterminant dans son histoire, Antonio Guterres tente, par l’organisation de ce sommet spécial, de remettre en tête de l’ordre du jour les engagements de l’Accord de Paris de 2015, dont l’objectif est de limiter le réchauffement climatique de la planète à moins de 2 degrés Celsius et, si possible, à moins de 1,5 degré Celsius d’ici 2100.

En tout, 195 pays ont signé l’Accord de Paris, qui est jugé peu contraignant pour les grands pollueurs. Rappelons que les États-Unis s'en sont retirés en juin 2017, à la demande du président Donald Trump.

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