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Mort d'un coureur au marathon de Montréal : les secours ont tardé à arriver

Ils courent en masse dans la rue.

Les coureurs du marathon de Montréal en début de course, dimanche

Photo : Getty Images / Al Bello

Radio-Canada

Des personnes qui sont intervenues auprès du coureur en arrêt cardiorespiratoire au marathon de Montréal auraient demandé à quatre reprises l'envoi d'une ambulance avant qu'une équipe d'urgence n'arrive sur les lieux. Néanmoins, les organisateurs du marathon affirment que toutes les ressources nécessaires étaient sur place.

Le jeune homme de 24 ans, Patrick Neely, est mort à environ deux kilomètres de l'arrivée lors de l'épreuve du demi-marathon, un parcours de 21 kilomètres au total. Il s'est affaissé au coin des rues Saint-Hubert et Cherrier, sur le Plateau-Mont-Royal.

Le Bureau du coroner a indiqué qu'une enquête sera menée sur les circonstances entourant ce décès.

Selon des sources de Radio-Canada, deux personnes sont intervenues rapidement après que la victime se fut écroulée devant elles. Elles ont procédé à un massage cardiaque. Une psychiatre et une infirmière leur ont prêté main-forte.

Selon nos sources, une policière aurait demandé à trois reprises l'aide de secours au moyen de son appareil radio. Sa partenaire aurait elle aussi demandé, par la suite, une ambulance sur place. Le message n'aurait pas été relayé.

Selon une témoin, Josée Gagnon, les secours ambulanciers seraient arrivés 25 minutes après le premier appel.

Je me suis demandé si c’est moi qui avait perdu la notion du temps et que ça avait juste pris 4 minutes. Mais ce n’est pas ça finalement, c’est 25 minutes. Ce n’était pas dans ma tête. Ça a été extrêmement long, relate Mme Gagnon.

Je comprends que c’est difficile d’arriver sur un lieu comme celui-là. Je comprends tout ça, mais qu’est-ce qui est arrivé? Comment ça se fait que le premier appel n’a pas été entendu?

Josée Gagnon, témoin

Une attente de 25 minutes

Radio-Canada a appris que le coureur s'est effondré à 9 h 38. De son côté, Urgences-santé affirme avoir reçu un appel à 9 h 56, soit 18 minutes plus tard.

Urgences-santé ajoute que l’ambulance dépêchée sur les lieux est arrivée 10 h 3, soit 7 minutes plus tard. Ainsi, il s'est écoulé 25 minutes entre le malaise du jeune homme et l'arrivée des secours.

La porte-parole d'Urgences-santé Véronique Tremblay ne peut retracer d’autres appels avant celui de 9 h 56. On ne sait pas si des gens ont tenté d'appeler des secours avant cela, dit-elle.

Mme Tremblay indique qu'Urgences-santé collaborait avec les organisateurs du marathon pour établir le fil des événements, précisant que c'est la responsabilité de l'organisation d'assurer une assistance médicale sur le parcours.

Qu'est-ce qui s'est passé avant? Il va falloir qu'on se rencontre, tout le monde, et qu'on se pose des questions entre nous, parce qu'on ne le sait pas. On n'a aucune idée.

Stéphane Smith, porte-parole d'Urgences-santé

Urgences-santé souligne que les responsables du marathon de Montréal ont des équipes de soins le long du parcours de la course.

Quand ils ont besoin de nous, on a déjà des ambulances qui sont placées à des endroits. On nous appelle et on se déplace, ajoute Stéphane Smith.

La sécurité des coureurs n'était pas menacée, dit le Marathon

L’organisation du Marathon international de Montréal a publié un communiqué en fin de journée, offrant ses « plus sincères sympathies » à la famille et aux amis de Patrick Neely.

Les organisateurs présentent également leur version des événements.

Ils affirment que pendant qu'un bon samaritain a administré la réanimation cardiorespiratoire, un appel a été fait au 911, et qu'une ambulance a alors été envoyée.

Le personnel médical est arrivé sur les lieux avec du matériel et des fournitures de sauvetage de pointe dans les 8 minutes environ suivant l’appel du 911, écrivent-ils, indiquant être arrivés à cette conclusion sur la base des données de chronométrage et de rythme du participant à la course, de comptes de témoins oculaires et de journaux d’événements.

Ils affirment que tout était prêt lors de l'événement pour venir en aide aux coureurs en difficulté.

« Le recrutement de personnel, la planification et la préparation liées au soutien médical pour l’événement sont en cours depuis près d’un an, et toutes les ressources étaient en place de manière appropriée le jour de la course, dont plus de 50 défibrillateurs et plus de 80 professionnels de la santé sur le parcours, ainsi que 8 ambulances dédiées à l'événement », lit-on dans le communiqué.

Or, selon les informations obtenues par Radio-Canada, aucune des ressources mentionnées dans le communiqué du promoteur ne seraient intervenues lors du malaise du coureur.

Une logistique compliquée

La direction du marathon dément tout lien de cause à effet entre cette tragédie et une attente de plus de trois quarts d’heure sur la ligne de départ avant que les coureurs ne puissent s’élancer.

Tous les rapports reliant le départ différé de la course à cet incident sont inexacts.

Le Marathon international de Montréal

Le marathon montréalais a connu d'importants problèmes logistiques avant même le coup de départ, prévu à 7 h 10 dimanche matin – qui a été retardé de 50 minutes.

La sécurité du parcours n'était pas assurée à l'heure prévue du départ, ont expliqué les organisateurs dans un message publié sur Facebook, dimanche matin. L'organisation a redéployé des équipes sur les parcours pour garantir la sécurité sur tout le parcours. Notre priorité était de s'assurer que tout soit sécuritaire pour nos coureurs, ont-ils ajouté.

Ce sont finalement les policiers du SPVM qui sont venus à la rescousse pour pallier ce manque de ressources de l'organisation du marathon de Montréal.

Québec veut diminuer les risques

À la suite de cet événement tragique, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a pour sa part déclaré que le gouvernement allait « revoir » la façon de faire des grands événements sportifs pour tenter de diminuer le plus possible les risques.

« Il y a la question [de la possibilité d'utiliser] des défibrillateurs. Il y a d’autres mesures qu’on peut prendre. Mais des risques zéro, malheureusement, on ne peut pas y arriver », estime-t-elle.

Les coureurs s’effondrent à l’arrivée

Les intervenants interrogés par Radio-Canada s’entendent pour dire qu’il est essentiel, lors d’un marathon, d’avoir suffisamment de ressources médicales à l’arrivée.

« Il faut savoir que presque 80 % des arrêts cardiaques surviennent à 1,5 kilomètre du fil d’arrivée », explique le cardiologue Martin Juneau.

Le médecin affirme que, en temps normal, les équipes affectées aux marathons sont bien équipées. Il trouve « curieux » que, dans le cas de Patrick Neely, le temps d’attente pour accéder à des secours ait été aussi long.

Mort d'un coureur au marathon de Montréal

Même son de cloche du côté de Jean-Francois Millette, de l’Équipe médicale, une entreprise offrant des services médicaux lors d’événements variés.

M. Millette dit qu'à l’arrivée d'un marathon, « le volume d’appels est énorme ».

« Les gens s’effondrent à l'arrivée constamment. C’est donc important de mettre beaucoup de gens dans les deux derniers kilomètres », indique-t-il.

Dimanche, un autre jeune homme également dans la vingtaine a perdu la vie lors de la Course de l'Armée du Canada, à Ottawa, un demi-marathon. Il a subi un arrêt cardiaque à la ligne d'arrivée.

Avec les informations de La Presse canadienne

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