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Interdire les armes de poing, une bonne première étape selon le conseiller Rawlson King

Rawlson King regarde la caméra.

Le conseiller Rawlson King soutient que des investissements doivent être faits dans des initiatives comme les services de police de quartier et les programmes de prévention des gangs de rue.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

Un conseiller municipal d'Ottawa, qui a fait pression en faveur d'une interdiction des armes de poing dans la capitale nationale, applaudit la promesse électorale de Justin Trudeau de donner aux Municipalités le pouvoir de le faire.

Un éventuel gouvernement libéral travaillerait avec les provinces pour permettre aux Municipalités qui le souhaitent de bannir les armes de poing sur leur territoire, a promis vendredi le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau.

Je pense que c'est un excellent premier pas, parce que nous avons besoin d'un contrôle plus rigoureux des armes à feu dans nos villes, a déclaré dimanche Rawlson King, conseiller du quartier Rideau-Rockcliffe.

M. King propose une résolution visant à interdire les armes de poing à la suite du décès par balle de Markland Campbell au marché By, le 7 juin.

Des armes de poing et des carabines sont exposées sur une table recouverte d'un papier brun.

Importante saisie d'armes à feu dans la région d'Ottawa et de Gatineau en 2017 (archives).

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Sa résolution a été transmise à la Commission de services policiers d'Ottawa, qui a examiné ce qui se passe dans d'autres administrations pour réduire la violence armée et faire les recommandations appropriées.

Il nous faut plus d'outils pour vraiment restreindre ou interdire les armes de poing dans les limites de la Ville, a fait valoir M. King, parce que nous savons que si nous réduisons le nombre d'armes à feu dans nos villes, nous aurons moins d'incidents impliquant des armes.

Laissons les experts se prononcer, dit le maire

De son côté, le maire d'Ottawa, Jim Watson, a déclaré qu'il appréciait la proposition de M. Trudeau visant à bannir les armes d'assaut et les armes de poing, mais il aimerait consulter le nouveau chef de la police Peter Sloly, qui arrive en poste le 28 octobre, avant de prendre toute initiative significative.

Je n'ai pas cette expertise, a-t-il répondu. Je demanderais d'abord et avant tout l'avis de notre nouveau chef de police pour voir si une interdiction, ou tout autre type d'activité impliquant des armes de poing, auront un sens du point de vue de la sécurité publique.

Jim Watson répond aux questions des journalistes, à l'extérieur, au printemps.

Le maire d'Ottawa aimerait consulter le nouveau chef de police avant de prendre des mesures en vue d'interdire les armes de poing (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

M. Watson a indiqué que M. Sloly a passé près de 30 ans au service de police de Toronto et que son expérience dans cette ville est inestimable.

Ils ont subi de nombreuses fusillades cette année et l'année dernière, a-t-il fait remarquer.

L'interdiction des armes à feu « n'a pas de sens »

Solomon Friedman, avocat de la défense en droit pénal à Ottawa et spécialiste du droit des armes à feu, a pour sa part déclaré que l'interdiction des armes de poing ne ferait que nuire aux propriétaires respectueux de la loi.

C'est absurde, a-t-il déclaré. Les seuls individus qui seront touchés par cette interdiction sont ceux qui ne sont pas la cause de la violence armée dans les zones urbaines.

M. Friedman a ajouté que les criminels à l'origine de la violence armée à Ottawa ne passent pas par les voies légales pour se procurer leurs armes.

Ce sont des gens qui n'auraient jamais le droit de posséder légalement des armes de poing. Soit le tribunal leur interdit de posséder des armes à feu, soit ils n'auraient pas le droit d'obtenir un permis, a-t-il déclaré.

Les armes qu'ils utilisent sont presque exclusivement introduites illégalement dans ce pays depuis les États-Unis.

Solomon Friedman, avocat

M. Friedman a déclaré que les gouvernements devraient plutôt s'attaquer aux causes profondes de la violence, plutôt que de décréter une interdiction générale des armes de poing.

Solomon Friedman regarde la caméra.

Solomon Friedman, avocat de la défense au criminel à Ottawa, affirme que l'interdiction des armes de poing n'est pas la solution pour réduire la violence armée à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Pour s'attaquer à un problème comme la violence armée, il faut s'attaquer aux causes fondamentales de la criminalité : la pauvreté, l'inégalité, la santé mentale et la toxicomanie, a-t-il fait valoir. Ce n'est pas un slogan de campagne vendeur, mais pour s'attaquer efficacement au crime, il faut en examiner les causes profondes.

De son côté, Irvin Waller, criminologue, professeur émérite de l’Université d’Ottawa et auteur de Science and Secrets of Ending Violent Crime, croit que la promesse électorale de Justin Trudeau est une bonne nouvelle, mais il juge que c'est insuffisant.

Ce sont de bonnes nouvelles que [les libéraux] interdisent et achètent les AR-15 […] pour éviter des massacres. Mais le grand problème au Canada, c’est la violence avec les armes de poing dans les villes et c’est clair que la possibilité de limiter l’accès et de bannir les armes de poing, à mon avis, c’est une petite étape dans la bonne direction, mais pas du tout une solution, a-t-il expliqué en entrevue.

L'exemple de Glasgow

Irvin Waller regrette que le gouvernement de Justin Trudeau n'ait pas annoncé une loi sur la prévention de la violence, prenant la ville de Glasgow en exemple.

La ville l'ouest de l'Écosse s'est doté d'une stratégie pour lutter contre la violence partant d'un diagnostic. L'idée de M. Waller serait de suivre cet exemple, en travaillant en amont pour que les jeunes n'adhèrent pas aux gangs de rue, en ayant des éducateurs de rue qui se joignent aux gangs, qui aillent dans les salles d’urgence et qui apportent du soutien aux familles.

J’aimerais voir d’autres partis politiques — surtout ceux qui ont plus de chance de former le prochain gouvernement — qui suivent la science et surtout les politiques qui ont réussi ailleurs, a-t-il conclu.

Le conseiller Rawlson King a également reconnu que l'interdiction des armes de poing n'est pas la seule solution.

Nous devons également examiner les investissements sociaux nécessaires dans les quartiers marginalisés pour nous assurer que les jeunes qui sont vulnérables ne sont pas laissés pour compte, a-t-il fait observer.

Et nous devons aussi nous pencher sur la composante de la police de quartier et veiller à ce que les services de police soient proactifs plutôt que réactifs, a-t-il conclu.

Avec les informations de Kathleen Harris de CBC et de Guillaume Dumont

Ottawa-Gatineau

Politique municipale