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Une pétition pour empêcher la fermeture de l’urgence Cloutier-du Rivage

Un homme signe une pétition.

Une pétition circule pour le maintient de l'urgence à Cloutier-du Rivage dans sa forme actuelle,

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Marie-Pier Bouchard

C’est au tour de la population d’exprimer ses inquiétudes au sujet de la transformation de l’urgence à Cloutier-du Rivage du secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières. Une pétition a été lancée et en moins de 48 heures, quelque 2000 personnes l’ont signée. Pendant que les signatures s’accumulent, les autorités disent entendre ces préoccupations.

J'ai trouvé le bon moyen pour que la population s'exprime et ça marche bien, affirme Andrée Lanneville, infirmière retraitée qui compte plusieurs années d’expérience à l’urgence de Cloutier-du Rivage et instigatrice de la pétition.

Mme Lanneville raconte qu’elle cherchait la meilleure façon de donner une voix aux gens qui lui ont confié leurs inquiétudes quant à la fermeture de l’urgence qui sera transformée en clinique multidisciplinaire.

Une femme aux cheveux courts en entrevue à la télé.

Andrée Lanneville, infirmière à la retraire et instigatrice de la pétition pour sauver l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage

Photo : Radio-Canada

Dès octobre, les patients qui vont se présenter au Centre Cloutier-du Rivage seront pris en charge, sur rendez-vous, par des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ou seront dirigés vers un professionnel ou un organisme communautaire. Certains verront le médecin de famille de garde, mais seulement en cas de besoin.

Au nom des signataires, elle demande à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, de revenir sur sa décision et de maintenir les services qui existent actuellement pour le bénéfice de la population de tout le comté de Champlain.

Bien que le CIUSSS MCQ parle d’une bonification de services avec ce projet de clinique multidisciplinaire, Andrée Lanneville est d’avis qu’il s’agit d’une diminution de services pour la population.

Multiplication des signatures

La pétition a été lancé vendredi matin et dimanche, lors de notre passage dans un supermarché du secteur Cap-de-la-Madeleine, la majorité des gens acceptaient de signer la pétition sans hésiter.

Nous autres, ça fait 70 ans qu'on reste au Cap puis on a toujours été là, mentionne une des signataires.

Au lieu d'aller toujours courir à Trois-Rivières, l'urgence déborde tout le temps, je trouve que c'est pratique qu'il y en ait une dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, ajoute une autre.

Je ne peux pas voir la raison pour laquelle Legault ou la ministre McCann enlèveraient ça de là. La seule raison que je vois encore une fois c'est à des fins de mesures financières, point final, avance un homme rencontré sur place.

Bien qu’elles soient rares, quelques personnes se disent plus ambivalentes et refusent de signer la pétition.

Moi j’ai le goût de l’essayer. Je me dis qu’il y a des cliniques de ce genre qui fonctionnent très bien à l’extérieur.

Hélène Tellier
Une femme en entrevue à la caméra.

Hélène Tellier, résidente du secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, n'a pas signé la pétition pour sauver l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage.

Photo : Radio-Canada

Quand il a appris qu’une pétition circulait, Luc Gervais a offert son aide à Andrée Lanneville. Depuis deux jours, il recueille des signatures à l’entrée de certains commerces, ce qui lui permet d’échanger avec les gens.

« La chose qui me touche le plus c'est de voir les employés du CIUSSS MCQ qui ont peur de signer. On vient m'encourager, m'épauler, mais on a peur de s'impliquer », témoigne-t-il.

Selon M. Gervais, le CIUSSS MCQ n'a pas bien expliqué le projet parce qu'il dit remarquer que les gens ne le comprennent pas vraiment. Il souhaite que l'organisation écoute mieux la population.

Est-ce qu'on peut arrêter de contrôler la population et se dire qu'on va travailler ensemble? On préserve l'urgence et on va essayer conjointement avec le projet de clinique de l'avenir. Est-ce qu'on peut travailler avec les deux sans bousculer la population?

Luc Gervais
Deux hommes discutent à l'entrée d'une épicerie.

Luc Gervais recueille des signatures pour la pétition concernant la transformation de l'urgence à Cloutier-du Rivage, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Inquiétudes entendues

On entend bien les craintes de la population. Un changement provoque toujours ce genre de résistance et c’est normal. Il faut rappeler que c’est un projet qui vise à sauvegarder les services de proximité, répond Alexandre Lahaie, attaché de presse au cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

La ministre Danielle McCann interrogée à l'Assemblée nationale sur la fermeture de l'urgence de Cloutier-du-Rivage

La ministre Danielle McCann interrogée à l'Assemblée nationale sur la fermeture de l'urgence de Cloutier-du-Rivage

Photo : Radio-Canada

Du côté de la députée de Champlain, Sonia LeBel, son attachée de presse assure que les préoccupations des gens sont prises au sérieux et que Mme LeBel est impliquée dans le dossier depuis le début de son mandat.

Une vaste campagne d’information sera déployée au cours des prochains jours afin d’informer la population sur la nouvelle clinique et les différents services qui seront offerts, mentionne de son côté la porte-parole du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Geneviève Jauron.

Une pancarte indiquant l'entrée principale du Centre Cloutier-du-Rivage, et une affiche indiquant, en arrière-plan, les heures d'ouvertures réduites.

L'urgence du Centre Cloutier-du-Rivage affichait des heures d'ouvertures réduites les soirs d'été.

Photo : Radio-Canada / Yannick Maltais

Par ailleurs, Mme Jauron admet que l’enjeu du recrutement demeure présent. Sur cinq superinfirmières, deux seulement ont été embauchées jusqu’à maintenant.

Bien qu’il y ait toujours trois postes à combler, des mesures transitoires et temporaires seront déployées afin de permettre l’ouverture de la clinique.

Geneviève Jauron affirme que des superinfirmières d’ailleurs au Québec se manifestent pour venir prêter main forte pour le démarrage de la clinique et pour venir y travailler, ce qui est encourageant selon le CIUSSS MCQ.

Vers l’Assemblée nationale

L’instigatrice de la pétition espère obtenir plus de 3000 signatures et elle a l’intention de faire appel au député de Pontiac et porte-parole de l’opposition en matière de Santé, André Fortin, pour la porter à l’Assemblée nationale.

Mme Danielle McCann [ministre de la Santé et des Services sociaux], elle ne connaît pas le Cap-de-la-Madeleine. Je ne pense pas qu'elle soit déjà venue nous voir, nous rencontrer. Puis Sonia LeBel [députée de Champlain] non plus. Je suis certaine qu'elle ne sait même pas elle est où notre urgence. Elle n’est pas venue nous rencontrer le personnel infirmier, elle n’est pas venue jaser avec nous autres, nous demander notre avis, déplore-t-elle.

Selon Mme Lanneville, la pétition a été distribuée dans une vingtaine de commerces jusqu’à maintenant du secteur Cap-de-la-Madeleine et du centre-ville, à Trois-Rivières. Il y aurait aussi de la demande pour qu’elle soit disponible dans certains villages de la circonscription de Champlain comme Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Saint-Maurice et Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Mauricie et Centre du Québec

Établissement de santé