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L'Afrique demandera à l'ONU de déclarer l'urgence climatique mondiale

Vue générale de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU, à New York, le 1er octobre 2018.

Les Nations unies accueillent dès lundi un sommet mondial sur le climat.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Radio-Canada

Face à leurs multiples défis, les pays africains comptent demander à l’ONU de déclarer l’urgence climatique mondiale lors du sommet sur le climat qui s’amorce demain à New York.

Pour limiter une fois pour toutes le réchauffement climatique, les pays africains souhaitent que les plans d’action en matière environnementale de chaque pays soient rendus juridiquement contraignants afin de garantir la réalisation des objectifs de l'Accord de Paris de 2015.

Les gouvernements africains comptent également demander une aide financière internationale pour mettre en œuvre leurs propres plans visant à freiner les émissions de gaz à effet de serre. Ils espèrent ainsi aider leurs populations à s'adapter à des conditions climatiques extrêmes comme la montée du niveau des océans.

À la tête du Comité des chefs d'État et de gouvernements africains sur les changements climatiques, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a été désigné pour donner suite à ces demandes prises durant une réunion préparatoire tenue en août en Éthiopie.

Le Gabon vient d’ailleurs de signer un accord inédit avec la Norvège sur les émissions de carbone. Oslo accordera une compensation financière à ce pays de l’Afrique centrale qui promet d’interdire la déforestation sur son territoire.

L'Afrique frappée par les catastrophes naturelles

Le chef du Centre africain pour la politique en matière de Climat, James Murombedzi, croit qu’en déclarant une situation d'urgence climatique, cela permettra l’adoption de certaines actions à l'échelle de la planète, ce qui pourrait inclure une augmentation du soutien financier aux États africains.

En fait, les gouvernements africains cherchent à tout prix des moyens de collecter des fonds pour à la fois améliorer les prévisions météorologiques et la surveillance des phénomènes climatiques saisonniers. Des régions entières du continent essuient régulièrement des inondations, des tempêtes ou des périodes de sécheresse extrême.

En 2018, les faibles précipitations ont poussé le ministère de l'Agriculture du Kenya à déclarer une crise alimentaire due à une chute vertigineuse des récoltes de maïs. De plus, le Mozambique a subi au début de l’année les impacts ravageurs des cyclones Idai et Kenneth qui ont causé la mort de plus de 600 personnes.

Selon l’organisme humanitaire World Vision, les inondations créées par les deux cyclones ont eu des conséquences catastrophiques sur le quotidien de 2 millions de personnes au pays, mais aussi au Zimbabwe et au Malawi voisins

Les membres d’une famille se retrouvent prisonniers d’une inondation à l'extérieur de leur maison après le passage du cyclone Kenneth au Mozambique, 29 avril 2019.

Le cyclone Kenneth a provoqué de lourds dégâts au Mozambique, en avril dernier.

Photo : Reuters / Mike Hutchings

Chute de la production agricole

Les scientifiques s’entendent pour dire que les sécheresses et les inondations sont susceptibles de se produire plus fréquemment. Les tempêtes alimentées par des mers plus chaudes pourraient aussi monter en intensité. Il faudra donc s’attendre à une baisse des rendements agricoles sur plusieurs régions de l’Afrique, préviennent les experts.

Mohamed Adow, qui dirige le travail sur le changement climatique au sein de l'organisation caritative internationale Christian Aid, estime que le continent est déjà victime des effets dévastateurs du réchauffement climatique.

Les Africains sont au courant de l'urgence climatique depuis plus longtemps que le reste de la planète, déclare Mohamed Adow, ajoutant que les gouvernements doivent réduire d'urgence les émissions pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius.

Les pays africains demandent depuis des années davantage d’argent aux pays riches pour les aider à lutter contre le réchauffement climatique et à intégrer les risques météorologiques dans leur planification économique à long terme. Est-ce que ce nouvel appel sera entendu cette semaine lors du sommet des Nations unies sur le climat à New York?

En attendant, le chef du Centre africain de politique climatique, James Murombedzi, estime qu’à cause des bouleversements climatiques, il devient de plus en plus incertain pour la plupart des pays africains d'atteindre un ensemble d'objectifs mondiaux de développement, y compris l'éradication de la faim et de la pauvreté d'ici 2030.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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