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Appel aux partis fédéraux pour une réforme profonde de l'assurance-emploi

Selon le CNECC, les partis fédéraux doivent en faire davantage pour réformer le système d'assurance-emploi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des organisations de travailleurs et travailleuses du Québec et du Nouveau-Brunswick lancent un appel aux partis fédéraux. Ils veulent que les formations politiques s’engagent à faire une réforme en profondeur de l’assurance-emploi.

Je suis très déçu et très amer. Ce que je demande, c’est qu’on ait une assurance-emploi convenable pour tous les travailleurs et tous les chômeurs. […] Pour le moment, il n’y a personne qui en parle, explique Fernand Thibodeau, du Comité des saisonniers de la Péninsule acadienne.

Son organisme s’est allié avec d’autres du Québec afin de former le Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses et lancer une campagne publicitaire afin d’attirer l’attention des partis fédéraux sur un problème qu’il juge criant.

Force est de constater que la loi actuelle est mal adaptée par rapport aux différentes situations du marché du travail et à l’évolution vers des travailleurs atypiques, précise quant à lui le directeur général de l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS), Gilles Charland.

Les travailleurs saisonniers délaissés

Selon le regroupement, l’assurance-emploi actuelle possède des critères arbitraires qui limitent l’accès aux prestations pour une partie des travailleurs, notamment saisonniers et autonomes.

Dans des régions comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, un grand nombre d’emplois ne peuvent se faire à longueur d’année, c’est le cas dans des domaines comme la pêche ou encore l’agriculture.

Cependant, de nombreux travailleurs ne parviennent au nombre d’heures requis pour avoir accès à l’assurance-emploi. Qui plus est, s’ils y ont accès, les prestations ne couvrent pas la période jusqu’à la prochaine saison de travail.

Un problème important dans les communautés autochtones : Les conseils de bande sur la Côte-Nord font des pieds et des mains pour compléter ces heures, indique Jack Picard de la communauté innue de Pessamit qui estime que les élus fédéraux ont une bien mauvaise connaissance de leurs réalités.

Les demandes du regroupement

Afin de régler le problème, le Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses propose de créer des régions protégées là où se trouvent le plus d’emplois saisonniers.

Il demande aussi des prestations plus longues. Actuellement, les prestations de l’assurance-emploi s’échelonnent de 14 à 45 semaines, selon le travail accumulé, mais aussi le taux de chômage régional, un critère d’admissibilité qui existe seulement au Canada. Le regroupement souhaite l’instauration d’une période unique de 35 semaines, ainsi qu’une période de 50 semaines pour les personnes de 50 ans et plus.

Encore, le Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses demande que le taux des prestations passe de 55 % à 60 % et aille jusqu’aux deux tiers du salaire des prestataires ayant des personnes à leur charge.

Le porte-parole du regroupement, Pierre Céré, rappelle qu’en 2015, Justin Trudeau avait donné à son gouvernement le mandat de revoir l’ensemble de l’assurance-emploi, mais ce travail n’a finalement jamais été fait.

On demande un peu de courage du prochain gouvernement. De dépoussiérer ce régime-là, parce que le monde du travail n’est plus celui des années 80 ou 90, affirme M. Céré.

Que disent les partis?

Bien que l’assurance-emploi ait eu peu d’écho dans la campagne électorale jusqu’à maintenant, certains partis ont indiqué vouloir y apporter certains changements.

Le Nouveau Parti démocratique a promis que les étudiants pourraient conserver leur assurance-emploi s’ils en avaient une avant de débuter leurs études. De son côté, le Parti libéral a parlé de l’idée de rendre les prestations parentales non imposables.

Le Bloc québécois demande un examen complet du régime de l'assurance-emploi, afin notamment de le rendre plus accessible. Il souhaite en outre que les femmes qui perdent leur emploi dans la foulée de leur congé parental puissent avoir accès aux prestations.

Le Parti vert mentionne dans sa plateforme électorale une réforme en profondeur de l’assurance-emploi, même si peu de détails y sont indiqués.

Le Conseil national élargi des chômeurs et des chômeuses a réquisitionné des rencontres avec les chefs des partis fédéraux afin de connaître leurs engagements précis quant à l’assurance-emploi.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau et Diana Gonzalez

Notre dossier Élections Canada 2019
Avec les informations de La Presse canadienne

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