•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enjeu électoral : le déploiement d'internet haute vitesse primordial en région

Johanne Lavoie regarde une tablette.

Johanne Lavoie, résidente d'Austin, souhaite un meilleur accès à internet en région.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des dizaines de milliers de citoyens n'ont toujours pas accès à internet haute vitesse en Estrie. Il s'agit d'un enjeu majeur pour de nombreuses communautés, qui demandent aux candidats des différents partis de s'engager à accélérer le pas pour combler le fossé numérique.

Johanne Lavoie réside à Austin avec son conjoint et leurs quatre enfants. La famille demeure aux abords d'un lac entouré de montagnes, ce qui rend l'accès à internet très limité.

On a fait le choix de s'installer ici pour plusieurs raisons, dont une belle quiétude de vie, mais l'aspect négatif c'est l'accès. On pourrait avoir internet illimité, mais ça nous coûterait une fortune. Ça nous coûte déjà très très cher, déplore Johanne Lavoie.

Elle paie plus de 170 dollars par mois pour un service d'accès internet par satellite, souvent peu fiable. Et à ce prix, toute la famille doit minutieusement surveiller sa consommation de données.

Ça stresse un peu les enfants parce qu'elles en ont besoin pour leurs études, mais en même temps papa et maman ont besoin de la connexion pour le travail. On est un peu déchirés dans tout ça. Ce n'est pas une situation qui est agréable, expose-t-elle.

Comme de nombreux citoyens partout au pays, Johanne Lavoie espère que le déploiement d'internet haute vitesse s'accélère en région.

Un gros plan sur un routeur sans fil sur un fond noir.

Internet à haute vitesse: une nécessité en région

Photo : iStock

Un mauvais accès nuit au développement

Les municipalités régionales de comtés (MRC) et les municipalités planchent depuis des années sur des projets pour que toutes les résidences aient accès à la fibre optique.

Ce sont des sommes importantes et c’est pour ça qu’on demande aux gouvernements d’avancer plus rapidement, d'élargir des programmes de mettre plus d’argent à la disposition des municipalités et des entreprises qui sont prêtes à faire des choses, affirme la mairesse d’Austin Lisette Maillé, qui est aussi responsable du comité internet haute vitesse à la MRC de Memphrémagog.

La mairesse Lisette Maillé, dans une salle de réunion

Lisette Maillé, mairesse d'Austin, est responsable du comité internet haute vitesse à la MRC de Memphrémagog.

Photo : Radio-Canada

Seulement dans la MRC de Memphrémagog, 6000 résidences n'ont pas accès à ce service.

Ça nous prend absolument des services à large bande pour ne pas qu’on soit des citoyens de deuxième classe.

Lisette Maillé, mairesse d'Austin

On a des villégiateurs qui disent qui viendrait s'installer en région si on avait de bons services. Pour nous c’est important pour le développement économique, pour l'attraction des jeunes familles, pour le maintien à domicile des gens. Même pour l'agriculture c'est un enjeu important, soutient-elle.

Les agriculteurs veulent être mieux connectés

Une mauvaise connexion à internet sur les fermes nuit au travail des agriculteurs. En de plus ralentir les tâches administratives, l'équipement agricole dépend de plus en plus d'internet.

Les poulaillers, les porcheries, tous les systèmes de ventilation peuvent être contrôlés par wi-fi. Si une ventilation pose problème, il faut qu'on soit au courant. Ça peut être autant l'aspect sécurité que bien-être animal, exprime le président du Syndicat de la relève agricole de l'Estrie, Maxime Lafond.

Un producteur regarde ses vaches.

Le producteur laitier Maxime Lafond affirme qu'une meilleure connexion à internet rend plus efficace le travail agricole.

Photo : Radio-Canada

Le producteur laitier établi à Weedon a accès à un service internet peu fiable, comme la plupart des agriculteurs qu'il côtoie.

On commence à l'appeler haute vitesse à partir de 50 mégabits par seconde, on est loin de ça en région! On doit avoir du 12 mégabits par seconde.

Maxime Lafond, producteur laitier

Nous la relève agricole, on est une génération née avec la technologie entre les mains. Si la relève doit faire un choix entre deux fermes, la ferme qui est bien branchée va avoir un avantage, fait-il remarquer.

La FQM demande au gouvernement d’en faire plus

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) réclame des engagements clairs, mais surtout, des actions plus rapides.

Ça fait 20 ans qu’on nous promet Internet et encore aujourd’hui, on est en train de rentrer en campagne électorale en nous parlant d'internet.

Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités
Plan moyen de M. Demers.

Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités, veut que les gouvernements accélèrent d'internet haute vitesse.

Photo : Radio-Canada

Au niveau provincial on a eu de bonnes nouvelles dans la dernière année, les promesses sont là, les démarches sont commencées. On veut aussi que le fédéral ne nous oublie parce qu'Internet reste un dossier fédéral. Les cartes du CRTC quand on les regarde, on peut voir les endroits qui sont selon eux couverts, mais quand on les regarde concrètement, ce n'est pas le cas, affirme Jacques Demers.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dispose d'un fonds de 750 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer des projets dans des régions mal desservies.

Un bon départ, selon les entrepreneurs, élus et citoyens rencontrés par Radio-Canada. Mais selon eux,, le prochain gouvernement devra accélérer la cadence.

Estrie

Politique fédérale