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Chasse à l’homme au Manitoba : des citoyens remettent en question le travail de la GRC

Conférence de presse de la GRC qui présente une photo de deux jeunes hommes, Bryer Schmegelsky et Kam McLeod.

La GRC a publié neuf communiqués et tenu cinq conférences de presse en lien avec la chasse à l'homme au Manitoba cet été.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Des gens de partout au pays ont écrit au premier ministre, Justin Trudeau, pour lui faire part de leur mécontentement concernant le travail de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) durant la chasse à l’homme menée pour retrouver Bryer Schmegelsky et Kam McLeod cet été.

Dans plus d’une dizaine de courriels, dont CBC a obtenu copie, des citoyens ont exprimé leur désarroi par rapport à la fuite de plusieurs semaines des deux jeunes hommes recherchés en lien avec trois meurtres commis en Colombie-Britannique.

Les courriels provenant d’un bout à l’autre du pays dénoncent entre autres le peu d’information fournie tant par la GRC que par le gouvernement fédéral durant les semaines qui se sont écoulées entre la découverte des corps des deux premières victimes présumées, le 15 juillet, et la découverte des corps des deux jeunes hommes, le 7 août.

« Le traitement réservé aux Canadiens par la GRC durant et après la chasse à l’homme contre McLeod et Schmegelsky est inacceptable », écrit un habitant de Burlington, en Ontario, demandant « la tête de hauts gradés de la GRC » et le « congédiement de [Ralph] Goodale », le ministre fédéral de la Sécurité publique.

La Gendarmerie royale du Canada a laissé filtrer très peu d’information depuis que les corps de Bryer Schmegelsky et de Kam McLeod ont été retrouvés. Elle n’a pas non plus formulé d’hypothèse quant aux raisons qui ont poussé les deux jeunes hommes à agir.

D’autres personnes indignées

« Je suis généralement fier d’être canadien et je me sentais en sécurité dans notre pays, mais plus maintenant », écrit un habitant d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, le 29 juillet. « Je suis embarrassé et déçu. Nous sommes tous des cibles potentielles et c’est inacceptable. »

Il dénonce en outre « la lenteur » de la GRC à « donner l’alerte et à indiquer la gravité du risque potentiel », de même que le refus initial d’associer la mort de Lucas Fowler et Chynna Deese à celle de Leonard Dyck.

Un habitant de Grande Prairie, en Alberta, a écrit à Justin Trudeau, le 30 juillet, pour demander pourquoi l’armée n’avait pas été déployée au sol pour soutenir les recherches, alors qu’un avion militaire avait déjà été dépêché à Gillam, dans le nord du Manitoba.

« Il faut retrouver ces jeunes hommes pour que les Canadiens puissent retrouver une vie normale », écrit-il.

Réponse discrète

CBC a tenté d’obtenir la réaction du premier ministre, mais son bureau a renvoyé la question au bureau de Ralph Goodale, qui l’a renvoyée à la GRC.

De son côté, la sergente Janelle Shoihet, de la GRC de la Colombie-Britannique, a indiqué, cette semaine, que le corps de police acceptait les critiques de la population, tout en précisant que les décisions prises par la police dans le feu de l’action étaient justifiées par les informations disponibles à ce moment-là.

« Dès que nous avons pu confirmer le lien entre les deux enquêtes, nous l’avons dit. On ne peut donner une information qu’on n’a pas », explique-t-elle. Elle ajoute que la GRC a publié neuf communiqués et tenu cinq conférences de presse en rapport avec la chasse à l’homme.

Des questions subsistent

S’il applaudit le travail de la Gendarmerie royale du Canada durant les recherches, l’ancien commissaire adjoint du corps policier, Peter German, se demande pourquoi la GRC a préféré faire appel à un avion militaire plutôt qu’à ses propres ressources.

« Honnêtement, on appelle l’armée en dernier recours, quand on a déjà épuisé tous nos moyens », explique-t-il.

« La GRC est équipée pour faire des recherches de nuit avec ses hélicoptères et ses pilotes munis de lunettes permettant de voir la nuit. »

La GRC dit avoir utilisé l’un de ses propres avions doté d’une caméra infrarouge et des drones pour soutenir ses recherches. Quant à ses hélicoptères, le corps policier souligne en avoir utilisé un, qui n’est arrivé au Manitoba que le 3 août.

L’ancien commissaire adjoint se demande également ce qui explique le silence des forces policières depuis la découverte des corps et de la vidéo qui aurait été filmée par les deux fugitifs.

« En général, les préoccupations liées aux preuves s’évanouissent après la mort des suspects », souligne-t-il.

Il note en outre l’inquiétude du public en raison du manque d’information durant la chasse à l’homme. « Est-ce que les hauts gradés communiquaient? Est-ce que l’information circulait bien? », se demande-t-il.

Selon la sergente Shoihet, la GRC n’a pas encore décidé si elle publierait plus d’information relativement à son enquête ni comment celle-ci sera publiée, le cas échéant.

Pour Peter German, ce que les Canadiens veulent savoir, c’est ce qui a poussé les deux jeunes hommes à agir, ou l’idée que la GRC en a.

Avec les informations d’Austin Grabish

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