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Triomphe de Kuessipan à sa première projection publique à Sept-Îles

Kuessipan, de Myriam Verreault.

Kuessipan, de Myriam Verreault

Photo :  Laurent Guerin

Dereck Doherty

Journée émouvante à Sept-Îles pour bien des gens et pour l'écrivaine innue Naomi Fontaine. Le film Kuessipan, inspiré de son roman, a reçu un accueil triomphal de la part des 700 spectateurs présents lors de sa première projection publique.

Le long métrage, qui a été tourné dans la communauté de Uashat mak Mani-Utenam, a été salué par une ovation dimanche après-midi à la salle Jean-Marc-Dion.

J’espère que les Innus, quand ils vont voir ce film-là, vont avoir confiance à la valeur de ce qu’on a à offrir aux autres. Ce film-là est important pour les Innus, mais je pense qu’il est important pour le Québec et le monde aussi.

Naomi Fontaine, auteure de Kuessipan

Une résidente de Uashat, interrogée à la sortie de la projection, a voulu souligner l'importance de représenter la réalité innue au cinéma :

Ce film-là m’a donné de l’espoir. Il y a un espoir, on peut compter sur quelque chose pour s’en sortir. Ce film a été présenté sans arrière-pensée, sans jugement.

Une spectatrice résidente de Uashat

L'équipe du film espère quant à elle que Kuessipan contribuera à solidifier les liens entre Autochtones et non-Autochtones.

Une fierté

Myrian Verreault est particulièrement fière de l'engouement que génère le film tant à Uashat mak Mani-Utenam qu'à Sept-Îles.

On a fait quelque chose ensemble, puis on le contemple ensemble. C’est une fierté partagée par deux peuples. Je trouve qu’on mérite de célébrer, déclare la réalisatrice Myriam Verreault.

Myriam Verreault répond aux questions d'un journaliste dans une salle.

Myriam Verreault, réalisatrice du film Kuessipan

Photo : Radio-Canada

Avant la projection de dimanche après-midi, elle disait s'attendre à ce que les spectateurs vivent quelque chose d’unique en voyant son film, notamment en reconnaissant les lieux qui leur sont chers. Le film est très proche de la réalité des gens.

Les membres de la communauté innue, à qui l’équipe de production a déjà montré le film, ont eu une réaction très forte, décrit la réalisatrice.

Le visionnement de Sept-Îles était particulier, puisque les gens de la communauté ont participé au tournage, tant devant que derrière la caméra.

Il y a tellement de gens qui nous ont aidés. Autant dans la communauté à Sept-Îles que chez les Innus, il y a des gens qui nous ont aidés avec leur motoneige, il y a des gens qui ont fait le service de traiteur, décrit la réalisatrice.

J’espère que les gens vont rester pour le générique, parce qu’il est assez imposant et 90 %, c’est du monde d’ici.

Myriam Verreault, réalisatrice

Le projet a été en gestation pendant près d’une décennie. Le flash, ça fait neuf ans que je l’ai eu, explique Mme Verreault.

Des défis

La réalisatrice a souhaité collaborer avec la romancière innue Naomi Fontaine pour réaliser son film dans la communauté. Ça, c’était en 2012, puis ça nous a pris sept ans à le faire, dont quatre années de recherche, d’écriture et de démarches pour obtenir du financement, ce qui n’a pas été chose facile.

Le financement a été très difficile [à obtenir]. Convaincre les institutions de donner de l’argent pour un film avec des non-professionnels, ce n’est pas évident [...], mais quand ça a débloqué, ça n’a été que du bonheur, explique la réalisatrice.

Selon Mme Verreault, il peut être risqué pour une personne allochtone d’envisager de faire un film sur les enjeux autochtones. Le piège, je le connaissais depuis le début, puis je ne voulais pas tomber dedans, mentionne-t-elle. C’est par respect et par authenticité que je voulais les intégrer.

La sortie en salle du long métrage est prévue au Québec pour le 4 octobre prochain.

Avec les informations de Djavan Habel-Thurton

Côte-Nord

Cinéma