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QS réclame un plan « ambitieux » pour en finir avec les pesticides

Un tracteur avec à l'arrière des tuyaux qui déversent un produit dans un champ.

L'utilisation des pesticides sera au cœur de la commission parlementaire qui commence lundi à Québec.

Photo : Getty Images / iStock / Fotokostic

Radio-Canada

La députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue et porte-parole pour Québec solidaire en matière d'agriculture, Émilise Lessard-Therrien, veut la collaboration des députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour élaborer un plan de sortie des pesticides. Elle souhaite aussi amorcer une réflexion sur le rôle de l'État dans les réussites de ce plan.

Un texte de Charles-Émile L'italien-Marcotte

Le Québec s’est déjà doté d’une Loi sur les pesticides et d’un Code de gestion des pesticides. L’État a aussi mis en avant deux initiatives en ce sens : la Stratégie phytosanitaire en agriculture (2011-2021), et la Stratégie sur les pesticides (2015-2018).

Or, pour Mme Lessard-Therrien, la stratégie phytosanitaire québécoise de 2011 est un échec […] Depuis 1990, la vente de pesticides n’a pas diminué. L’État s’est désengagé et c’est l’industrie qui a pris sa place.

Il faut selon elle trouver des solutions de rechange, et cela passe par une augmentation des ressources allouées au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Les membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) étudieront à partir de lundi l’impact de l’utilisation des pesticides sur la santé et l’environnement. Les députés vont notamment aborder les pratiques de remplacement des pesticides comme les biopesticides, la lutte intégrée et la lutte biologique.

Aux yeux de la CAPERN, l’utilisation des pesticides dans l’agriculture moderne est un sujet fondamental […] Le développement d’une résistance chez certains organismes nuisibles et l’utilisation systématique de certains produits soulèvent des préoccupations qu’on ne peut plus ignorer.

En filigrane, la commission veut se pencher sur le rôle de l’État dans la transition vers une agriculture sans pesticides, sur l’encadrement et le soutien à l’industrie agricole au Québec et les facteurs qui influencent les agriculteurs dans leurs choix de stratégie de lutte antiparasitaire.

Faire le point

Dans la foulée de l’affaire Louis Robert, l’agronome lanceur d’alerte qui avait dénoncé la mainmise de l’industrie privée dans la recherche sur les pesticides, la commission parlementaire souhaite dresser un portrait à jour de la situation de l’utilisation des pesticides au Québec.

Dans ce contexte, la commission veut alimenter la réflexion sur l’indépendance de la recherche dans le secteur de l’agriculture et de l’alimentation et les pratiques de prescription de pesticides par des agronomes liés à l’industrie.

Outre l’utilisation actuelle des pesticides au Québec, les députés vont aussi se questionner sur les pratiques de remplacement qui sont envisageables par les agriculteurs, et qui permettent de contrôler les risques pour la santé publique et l’environnement.

La commission sur les pesticides a reçu 76 mémoires, mais tous les intervenants du milieu de l’agriculture ne seront pas entendus par les députés. En fait, seulement le tiers de ceux qui ont déposé un mémoire pourront participer aux travaux de la commission. Parmi les absents, on compte l’industrie des pesticides.

Elle tiendra ses audiences jusqu’au 26 septembre, et devrait remettre son rapport au plus tard au début de l’année 2020.

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