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L'horloge tourne pour Thomas Cook, au bord de la faillite

Un piéton passe devant l'un des bureaux de Thomas Cook à Londres.

Thomas Cook est fragilisé depuis quelques années par une rude concurrence et un environnement économique incertain.

Photo : Reuters / Suzanne Plunkett

Agence France-Presse

Le temps presse pour le voyagiste britannique Thomas Cook qui joue ses dernières cartes dimanche avant un conseil d'administration décisif en fin d'après-midi, pour tenter d'échapper à une retentissante faillite et éviter une opération de rapatriement de 600 000 touristes.

Le pionnier des voyagistes, en grande difficulté, doit trouver 200 millions de livres (331 millions de dollars canadiens) de financements supplémentaires pour éviter l'effondrement.

Selon une source proche du dossier, une réunion de crise débutée dimanche matin était toujours en cours en début d'après-midi dans un cabinet juridique à Londres. Étaient présents : le Chinois Fosun, qui avait prévu de reprendre les activités de voyagiste de Thomas Cook, et les créanciers du voyagiste, notamment RBS, Barclays et Lloyds.

Le groupe réunit ensuite son conseil d'administration en fin d'après-midi. « Nous saurons [...] si un accord est trouvé » et si Thomas Cook va survivre, a souligné cette même source à l'AFP, précisant que le voyagiste tentait aussi sa chance auprès du gouvernement pour injecter les fonds manquants. Des discussions se sont déjà tenues samedi.

Interrogé par Sky News sur une possible intervention gouvernementale, le secrétaire d'État à la Sécurité, Brandon Lewis, a jugé inapproprié pour un secrétaire d'État de commenter la situation financière d'une entreprise privée. Évoquant des « discussions au cours de la journée », il a toutefois dit « espérer qu'elles aboutissent à une conclusion positive ».

Pour la députée travailliste Rebecca Long Bailey, responsable des questions liées aux entreprises au sein du parti d'opposition, le gouvernement doit envisager de prendre une part du capital pour éviter cette crise. Sinon, ce serait une preuve supplémentaire de l'indifférence de ce gouvernement à l'égard des emplois et des entreprises britanniques.

Thomas Cook compte près de 22 000 salariés, parmi lesquels 9000 au Royaume-Uni, dont l'emploi est immédiatement menacé si le voyagiste cesse ses activités.

Le syndicat TSSA, qui représente les salariés du voyagiste, a écrit samedi à la ministre conservatrice des Entreprises et de l'Industrie, Andrea Leadsom, pour lui réclamer une « réunion urgente » et l'exhorter à se tenir prête à aider Thomas Cook avec un réel soutien financier.

La société doit être sauvée quoi qu'il en soit. Aucun gouvernement britannique sérieux n'entérinerait la perte de tant d'emplois, a dit dans sa lettre le secrétaire général du TSSA, Manuel Cortes, selon un communiqué.

Sollicités par l'AFP, le département des Transports et Thomas Cook, ainsi que plusieurs créanciers du voyagiste, dont la banque RBS, qui a elle-même fait l'objet d'un colossal plan de sauvetage gouvernemental, se sont refusés à tout commentaire pour le moment.

Dans une déclaration officielle, un porte-parole de RBS a souligné que la banque avait déjà « fourni un soutien considérable à Thomas Cook pendant de nombreuses années ».

Dominic Raab

Dominic Raab, ministre des Affaires étrangères, a tenté de rassurer les gens qui sont actuellement en voyage avec Thomas Cook.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

Opération de rapatriement importante

La possible faillite d'un des plus anciens voyagistes au monde serait un coup de tonnerre pour le tourisme européen. Thomas Cook devrait organiser immédiatement le rapatriement de 600 000 touristes à travers le monde, dont 150 000 Britanniques, ce qui en ferait l'opération de rapatriement de civils la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale dans le pays.

Je peux rassurer les gens : dans le pire des cas, un plan d'urgence est prévu pour éviter qu'ils ne soient coincés, a déclaré Dominic Raab, ministre des Affaires étrangères, sur la BBC.

Mais des clients font déjà part de situations compliquées : certains ont brièvement été retenus à Hammamet en Tunisie, où un supplément d'argent leur a été demandé, leur hôtel craignant de ne pas recevoir le montant dû par Thomas Cook. Ils ont pu repartir et se rendre à l'aéroport après vérifications, a assuré le gouvernement tunisien à l'AFP.

Selon le ministre du Tourisme tunisien, René Trabelsi, qui s'exprimait sur la radio tunisienne Mosaïque FM, il y a juste eu « un malentendu » entre la direction de l'hôtel et le groupe de touristes britanniques.

À la fois voyagiste et compagnie aérienne, Thomas Cook réalise environ 10 milliards de livres (16,5 milliards de dollars) de chiffre d'affaires annuel. Mais il est fragilisé depuis quelques années par une rude concurrence et un environnement économique incertain, notamment au Royaume-Uni avec le flou entourant le Brexit et la chute de la livre.

Le groupe a considéré n'être plus viable tel quel et a mis sur pied un vaste plan de restructuration avec la prise de contrôle de ses activités de voyagiste par le Chinois Fosun et celle de sa compagnie aérienne par ses créanciers. Mais les 900 millions de livres (1,49 milliard de dollars) promis ne suffisent pas et Thomas Cook a besoin de 200 millions de livres (331 millions de dollars) supplémentaires pour poursuivre ses activités durablement.

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