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Les hockeyeuses professionnelles en tournée pour sauver leur avenir

Des hockeyeuses dans un vestiaire.

Un groupe de 200 joueuses de la LCHF et de la Ligue nationale de hockey féminin (NWHL) ont mis sur pied la PWHPA pour réclamer la création d’une ligue nord-américaine unifiée.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Radio-Canada

Habituées à jouer des coudes sur la glace, des joueuses de hockey s'unissent et se battent ensemble pour réclamer la création d’un circuit féminin alors que la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) a été dissoute en mai dernier, faute de rentabilité.

Les joueuses, dont plus de vingt médaillées olympiques, ont lancé samedi à Toronto leur tournée Dream Gap, une tournée de matchs de démonstration parrainée par l’Association des joueurs de la Ligue nationale (AJLNH) qui prend forme de tournois entre quatre équipes et plus de 80 joueuses.

La réalité est très difficile. Si tu ne fais pas partie de l'équipe nationale canadienne ou américaine, tu as un emploi à temps plein, explique Lauriane Rougeau, ancienne joueuse de l'équipe des Canadiennes de Montréal.

Des joueuses de hockey assises sur le banc près de la patinoire.

Une joueuse de hockey d’une équipe de la LCHF gagnait en moyenne 2000 $ par année.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

La joueuse, qui figure parmi les meilleures hockeyeuses du monde, raconte que faire partie d’une équipe de LCHF lui rapportait 2000 $ par an.

Les joueuses se syndicalisent

Des joueuses ont décidé de s’organiser en syndicat, au sein de l’Association des joueuses de hockey professionnelles (PWHPA), pour se faire entendre.

Une femme dans un vestiaire qui sourit.

Pour les joueuses comme Lauriane Rougeau qui ont consacré temps, énergie et sueur pour leur équipe de la LCHF, la disparition de la ligue est un lourd tribut à payer.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

On s'est regroupées en tant que joueuses et on a formé le syndicat des joueuses. Alors pour nous c'est important d'avoir notre propre voix, de dire au monde qu'on est ici, qu'on existe et qu'on va se batailler jusqu'à la fin pour avoir un meilleur futur, a déclaré Lauriane Rougeau.

Les joueuses de hockey réclament une ligue professionnelle pour assurer le développement du hockey féminin.

Une ligue prospère à long terme a besoin de ressources, d’infrastructures, d’une assurance maladie. Nous disons toujours que nous recherchons un salaire décent. Nous ne parlons pas de millions de dollars, il s’agit de permettre à ces femmes d’être des joueuses de hockey, défend l’ancienne commissaire de la LCHF, Jayna Hefford.

Une femme dans le couloir des vestiaires d'un aréna.

L'ancienne commissaire de la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF), Jayna Hefford est la consultante des opérations de la PWHPA.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Le but est aussi de réduire l’écart entre les hommes et les femmes pour les futures générations de joueuses.

Ces joueuses se sont réunies et ont déclaré qu’elles ne joueraient dans aucune ligue professionnelle en Amérique du Nord tant que leur statut ne serait pas adapté et durable pour l’avenir de la discipline, explique la journaliste spécialiste du hockey féminin pour The Athletic, Hailey Salvian. Elles veulent juste quelque chose de mieux pour elles, mais aussi pour les jeunes filles dans les gradins.

Une fille tient un panneau où est inscrit en anglais « Quand pourrais-je rêver de pouvoir vivre du hockey?»

Des filles qui jouent au hockey sont venues assister aux matchs de la tournée Dream Gap pour soutenir leurs idoles.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Car, du côté de la relève, on rêve en grand. Les femmes devraient pouvoir avoir une ligue dans laquelle elles peuvent jouer, s'amuser et gagner de l'argent, s'insurge Alexis Bornhoeft, une jeune joueuse de 10 ans.

Passionnée de hockey, Juliana Nicoletti, 9 ans, rêve aussi de devenir une joueuse professionnelle. Quand j'étais plus jeune, je voulais faire partie de la LNH et j'ai découvert que je ne pouvais pas, déplore la jeune joueuse. Je ne pense pas que ce soit juste que nous ne soyons pas traités de la même manière que les hommes. Ils ont la LNH et qu'avons-nous? renchérit son amie Sophia Aquino, 10 ans.

Jeunes joueuses de hockey sur la glace.

Les hockeyeuses mènent leur combat aussi et surtout pour les futures générations.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Toutefois, l’avenir du hockey féminin dépend aussi du public.

Je pense que cela dépend du marché. Les Furies de Toronto avaient une grande équipe et de grandes joueuses. Il y a eu quelques matchs où il n’y avait peut-être que 50 à 100 personnes, rapporte Hailey Salvian, qui pointe des ventes de billets insuffisantes.

La tournée Dream Gap doit prouver que les matchs de hockey féminin peuvent remplir les gradins.

Une action de jeu de partie de hockey féminin.

La tournée Dream Gap a débuté les 21 et 22 septembre à Toronto et prendra la forme de tournois entre quatre équipes et plus de 80 joueuses.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

L’arène était remplie. Donc, si elles peuvent montrer qu’elles peuvent attirer plus de 1000 partisans à leurs matchs, qu'elles peuvent développer des partenariats comme avec Budweiser, Adidas, Unifor, si elles mettent tout ça sur papier pour prouver qu'elles peuvent avoir une ligue rentable, je pense qu’elles peuvent obtenir ce qu’elles veulent, estime Hailey Salvian.

En octobre les joueuses se rendront à Hudson au New Hampshire puis à Chicago pour tenter de sensibiliser les amateurs de hockey à leur cause, et pour tenter de leur prouver que la qualité de jeu, elle, n'a pas de genre.

Avec des informations de Rozenn Nicolle

Toronto

Hockey