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Un an après les tornades, un esprit de communauté à rebâtir dans le quartier Mont-Bleu

Le reportage de Yasmine Mehdi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les résidents du quartier Mont-Bleu ont perdu beaucoup plus que leurs maisons lors des tornades du 21 septembre dernier, ils ont perdu leurs amis, leurs voisins. Si la reconstruction avance bon train, il faudra faire encore beaucoup d'efforts pour reconstruire le tissu social.

Pour Alhousseynou Sall, un résident du quartier, un deuil reste à faire : celui de ses amis qui ont quitté le quartier.

Arrivé au Canada en 2005 pour des études supérieures, M. Sall avait choisi de s'établir temporairement dans le quartier Mont-Bleu en 2014. C'est l'esprit de communauté qui l'a convaincu de rester.

C’était plus qu’un voisinage, c’était une famille, mais les choses ont changé, raconte-t-il. Il se souvient des parties de soccer avec les voisins et leurs enfants. Selon lui, tout le monde se connaissait. Des appartements ont été détruits et les familles qui y résidaient ont dû déménager.

On sent un vide, mis à part le décor [...] il y a les visages qui ne sont plus là.

Alhousseynou Sall

Le lendemain des tornades, M. Sall, dont la résidence a été épargnée, s'est mobilisé pour venir en aide à ses voisins, des immigrants en grande majorité.

Un homme portant une tunique de couleur crème donne une entrevue sur un terrain vaquant du quartier Mont-Bleu.

M. Sall a été surpris de constater à quel point les organismes et les citoyens se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés du quartier Mont-Bleu.

Photo : Radio-Canada

Au fil de l'entrevue, il souligne les petits moments qui ont fait une différence, la gentillesse d'une dame qui lui a offert des chaussettes propres et sèches, les paniers de denrées qui ont été distribués aux familles, les initiatives de covoiturage pour aider ses amis à faire leurs courses.

Un an plus tard, ce dernier constate que le paysage n’a pas beaucoup changé, même si les débris ont été ramassés. Le voisinage est calme parce que les enfants ont déserté les rues. Rien n'est plus comme avant et malgré la reconstruction du quartier éprouvé, M. Sall songe à le quitter lui aussi.

Les résidents ont perdu leur réseau de soutien, leurs voisins. Pour éviter l'exode, la Maison communautaire Daniel-Jonhson a doublé ses activités de rassemblements dans le courant de la dernière année, explique la coordonnatrice, Rachel Larocque.

D'ailleurs, une fête de la rentrée avait lieu en matinée. On voulait qu’ils [les résidents] créent des liens avec de nouvelles personnes ou de [se] retrouver, résume Mme Larocque.

Vivre un traumatisme

Si Prudence Claire Loutangou, elle-même sinistrée des tornades, était présente ce matin, elle indique ne pas avoir totalement tourné la page.

Aujourd’hui quand je revois les photos, ça me donne la chair de poule, confie-t-elle en entrevue. Après le passage des tornades, Mme Loutangou a été déplacée tour à tour dans sept hôtels de la région avec ses quatre enfants, sur une période de six mois.

Ces derniers sont restés traumatisés par les événements et ont encore peur lorsque le vent se lève. La mère de famille a fui la guerre au Congo et est arrivée au Canada en 2009.

On avait fui la guerre pour aller se réfugier dans un autre pays. Et on arrive au Canada, c’est la tornade qui nous frappe. Vous voyez un peu ce que ça fait ?

Prudence Claire Loutangou

Malgré tout, elle ne tarit pas d'éloges envers la Croix-Rouge et la Maison communautaire Daniel-Johnson. Elle est reconnaissante de toute l'aide qui a été apportée aux sinistrés et se réjouit de pouvoir célébrer la rentrée dans son quartier, avec ses voisins.

Cette fête avait également pour but d'informer les sinistrés que des services sont toujours disponibles au besoin, rappelle Rachel Larocque.

Avec les informations de Claudine Richard

Ottawa-Gatineau

Environnement