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L'Ontario pourrait légiférer pour protéger les fermiers des militants des droits des animaux

Des militants dans un enclos pour dindes,

Des défenseurs des droits des animaux lors d'une action militante dans une ferme en Alberta. L'Ontario a déclaré qu'il examinerait toutes les options pour protéger les agriculteurs des activistes.

Photo : Cranbrook Friends of Animals Society

La Presse canadienne

Le gouvernement de l'Ontario examine toutes les options, y compris une nouvelle législation pour protéger les agriculteurs des militants des droits des animaux, a annoncé le ministère de l'Agriculture de la province.

Ces promesses du bureau du ministre de l'Agriculture, Ernie Hardeman, interviennent alors que les éleveurs de bétail insistent pour que des poursuites soient engagées contre ceux qui empiètent sur leurs propriétés et protestent de manière agressive contre les usines de transformation.

Le porte-parole du ministère, Avi Yufest, a déclaré vendredi que le gouvernement partageait les préoccupations des producteurs à la suite d'un certain nombre de manifestations très médiatisées au cours de l'année.

Il a indiqué que le gouvernement rencontrait des agriculteurs et d'autres acteurs concernés pour élaborer une stratégie pouvant inclure une législation.

[Le ministre] travaille d'arrache-pied pour protéger la sécurité de nos agriculteurs, de nos transformateurs de produits alimentaires et du secteur dans son ensemble, afin que tout soit sur la table pour le moment, a déclaré M. Yufest dans un communiqué.

Les manifestations des groupes de défense des droits des animaux violent souvent la biosécurité des fermes ou des camions transportant du bétail vers une usine de transformation, mettant ainsi en péril le système alimentaire de la province, a déclaré Avi Yufest.

Les consultations interviennent après que des agriculteurs ont appelé le gouvernement à tenir responsables les militants des droits des animaux qui enfreignent la loi.

Abandon des charges contre un militant

En mai, la Fédération de l'agriculture de l'Ontario — qui représente huit associations de producteurs de bétail — a exprimé sa déception lorsque des accusations ont été retirées à l'encontre d'un défenseur des droits des animaux qui aurait empiété sur une grange à Lucan, en Ontario, et qui aurait pris deux animaux.

Notre système de maintien de l'ordre est basé sur les conséquences de la violation de la loi, avait déclaré à l'époque le porte-parole de la Fédération, Keith Currie.

Sans poursuites judiciaires significatives dissuasives pour les crimes futurs, les activistes deviennent plus audacieux dans leurs actions, déplore-t-il.

Avi Yufest n'a pas pu immédiatement fournir des détails sur le plan du gouvernement ni expliquer en quoi les lois en vigueur sont insuffisantes.

Ce sont des questions auxquelles nous cherchons à répondre en faisant ces consultations, a-t-il répondu.

Une façon de sensibiliser, selon les militants

De son côté, la directrice générale du groupe de protection des animaux Animal Justice estime que les commentaires du ministre sont troublants et pourraient amener le gouvernement à piétiner les droits des militants.

Ce que nous avons vu à maintes reprises, c'est que les gouvernements sont amicaux envers les agriculteurs et désireux de réprimer et de violer les libertés civiles des défenseurs des animaux, avance Camille Labchuk. Cela les aide à cacher la réalité de ce qu'ils font aux animaux.

Selon elle, les militants repoussent les limites de la loi plus souvent parce que les lois de protection des animaux de la province ne sont pas assez sévères.

La raison pour laquelle nous voyons des défenseurs des animaux se rendre dans les fermes est parce que c'est la seule façon pour eux de voir les conditions dans lesquelles les animaux sont gardés sans réglementation, sans inspection gouvernementale, a-t-elle déclaré.

Le public n'a aucun moyen de comprendre ce qui se passe dans les fermes, alors les citoyens prennent ces questions entre leurs mains.

Camille Labchuk, directrice générale du groupe de protection des animaux Animal Justice

Le président de l'association Ontario Porc, Eric Schwindt, a déclaré que les éleveurs de bétail de tous les secteurs sont soumis à des règles strictes et à des inspections afin de garantir que les animaux sont traités en toute sécurité et sans cruauté.

Nous avons des normes élevées en matière de soin des animaux, de sécurité alimentaire, de biosécurité et nous respectons le code de pratique canadien, a-t-il défendu. Nous sommes surveillés par des vétérinaires. Nous sommes dans l'agriculture parce que nous aimons travailler avec les animaux, donc nous les soignons bien.

M. Schwindt, qui opère une ferme porcine près d'Aylmer, en Ontario, s'est dit heureux d'entendre le gouvernement envisager une action, mais a déclaré qu'un équilibre devait être trouvé entre les besoins des agriculteurs et le droit des militants à la liberté d'expression.

Nous comprenons le droit de manifester, a déclaré Eric Schwindt. Si vous êtes sur la propriété publique, c'est bien. Mais nous croyons fermement que les gens ne devraient pas être autorisés à prendre nos biens ni à harceler nos familles ou nos employés.

Avec les informations de Shawn Jeffords, La Presse Canadienne

Toronto

Agriculture