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« Blackface » de Trudeau : une affaire politique pour des membres des diasporas africaine et antillaise

Justin Trudeau, déguisé et le visage maquillé en brun, est photographié au centre de deux autres hommes.

Cette image de Justin Trudeau maquillé en brun est apparue dans un bulletin d'information de l'Académie West Point Grey publiée en avril 2001.

Photo : Bulletin d'information de l'Académie West Point Grey

Radio-Canada

Invités à participer à une table ronde de l'émission de radio Enfin Samedi à l'antenne de Radio-Canada, plusieurs membres des communautés africaine et antillaise de l'Ontario reviennent sur l'affaire du « blackface » du premier ministre Justin Trudeau. Ils partagent aussi leurs attentes et préoccupations en vue de la prochaine élection fédérale.

C’est une affaire nettement politique, pour Benoît Marvelus, étudiant en travail social à Sudbury. Il se dit d'accord avec l'analyse de Dany Laferrière sur la controverse qui a secoué la campagne électorale cette semaine.

Des images de Justin Trudeau à l'âge de 29 ans arborant ce qu'on appelle le « brownface » ou « blackface » ont refait surface. Le premier ministre du Canada a rapidement réagi et présenté ses excuses affirmant : Je n'aurais pas dû le faire, j'aurais dû savoir que je n'aurais pas dû le faire, et je le regrette profondément.

Benoît Marvelus, étudiant en travail social à Sudbury

Benoît Marvelus, étudiant en travail social à Sudbury

Photo : Fournie par Benoît Mervelus

L'excuse que le premier ministre a faite ça ne nous concerne pas. Cette excuse-là c’est pour ses adversaires parce que moi personnellement et les Haïtiens on ne se sent pas blessés, assure Benoît Marvelus.

À Toronto, Blaise Tchuisseu, enseignant au conseil scolaire Viamonde, militant politique et humanitaire, est plus nuancé. Il affirme que les actes d'un adulte peuvent être critiqués et jugés. Quelles que soient les idées qu’il avait au moment où l’acte était posé on peut bien l’utiliser contre lui, croit-il. Mais il a présenté ses excuses et on va au-delà de la présentation des excuses pour voir dans le bilan de ce qu’il a effectué jusqu’à présent, ajoute-t-il.

C’est une récupération beaucoup plus politique aujourd’hui.

Blaise Tchuisseu, enseignant au conseil scolaire Viamonde, militant politique et humanitaire
Blaise Tchuisseu, enseignant au conseil scolaire Viamonde, militant politique et humanitaire

Blaise Tchuisseu, enseignant au conseil scolaire Viamonde, militant politique et humanitaire

Photo : Fournie par Blaise Tchuisseu

Le politique doit cesser d’extrapoler, de vendre l’image de l’esclavage ou de l’homme noir pour des fins politiques. Nous ne pouvons pas continuer à accepter cela, martèle Jacques Lehani Kagayo, président de la Communauté congolaise de Windsor-Essex.

Nous, dans notre communauté, nous ne regardons pas ce qui s’est passé il y a 20 ans, nous regardons les réalisations. Nous regardons le futur, souligne-t-il.

Amos Yao Sani,  directeur services corporatifs et développement organisationnel au Centre francophone du Grand Toronto

Amos Yao Sani, directeur services corporatifs et développement organisationnel au Centre francophone du Grand Toronto

Photo : Fournie par Amos Yao Sani

Amos Yao Sani, directeur au Centre francophone du Grand Toronto, qui est aussi actif au sein de la communauté béninoise, abonde dans le même sens. Pour lui, il faut sortir de l'émotion. Rester sur l’émotion c’est continuer à faire des Noirs un fonds de commerce pour tout le monde.

Quelles attentes pour l'élection?

Cette controverse n'empêche cependant pas la plupart des participants à la table ronde d'apprécier le slogan de campagne du candidat libéral, Justin Trudeau qui dit : Moi, je choisis d'avancer avec vous. Ce message résonne particulièrement chez les immigrants.

Jacques Lehani Kagayo, président de la Communauté congolaise de Windsor-Essex

Jacques Lehani Kagayo, président de la Communauté congolaise de Windsor-Essex

Photo : Fournie par Jacques Lehani Kagayo

Tout immigrant pense à l’avenir parce que ce qui s’est passé derrière nous, nous ne pouvons pas encore y revenir. Nous regardons aujourd’hui, nous regardons demain, explique Jacques Lehani Kagayo.

Florine Ndimubandi, étudiante à l'Université de Windsor, fait partie de l'association des jeunes burundais dans la ville du Sud-Ouest de l'Ontario. Le slogan de campagne du chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, l'intéresse davantage. Il dit qu’il est prêt à se battre [...] il est prêt à se battre pour les autres injustices, donc c'est ce qui ressort le plus pour moi, dit-elle.

Florine Ndimubandi, étudiante et membre de l'association des jeunes burundais de Windsor

Florine Ndimubandi, étudiante et membre de l'association des jeunes burundais de Windsor

Photo : Fournie par Florine Ndimubandi

Deux thèmes préoccupent particulièrement ces intervenants : l'accueil des immigrants et la santé mentale.

Jacques Lehani Kagayo regrette que ce dernier sujet soit peu abordé par les candidats à l'élection fédérale. Si les parents, surtout immigrants, ne sont pas bien, comment est-ce que les familles qui sont mal dans leur peau vont pouvoir former des Canadiens équilibrés, demande-t-il.

Selon Blaise Tchuisseu, il faut aussi davantage de structures d'accueil des nouveaux arrivants et une meilleure reconnaissance des diplômes pour leur permettre de trouver un travail plus rapidement dans leur domaine.

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Toronto

Immigration