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L'Iran met à nouveau en garde contre une attaque sur son sol

Hossein Salami.

Le général de division Hossein Salami a prévenu samedi que tout pays qui attaquerait l'Iran verrait son territoire devenir le principal champ de bataille.

Photo : Reuters / Morteza Nikoubazl

Agence France-Presse

Le chef des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique iranienne, a prévenu samedi que tout pays qui attaquerait l'Iran verrait son territoire devenir le « principal champ de bataille », au lendemain de l'annonce de l'envoi de renforts militaires américains dans le Golfe.

Quiconque veut que sa terre devienne le principal champ de bataille, allez-y, a dit le général de division Hossein Salami en conférence de presse à Téhéran, une semaine après des attaques sur des installations pétrolières saoudiennes revendiquées par les rebelles yéménites, mais attribuées à Téhéran par Riyad et Washington.

Le ministre américain de la Défense, Mark Esper, avait dénoncé vendredi une escalade spectaculaire de l'agression iranienne, et annoncé que le président Donald Trump avait approuvé le déploiement dans le Golfe de forces américaines qui seront défensives par nature.

Il avait expliqué que ce déploiement était une première mesure en réponse aux attaques, à la demande de l'Arabie et des Émirats arabes unis. Le nombre de troupes et l'équipement envoyés n'ont pas été décidés, mais il s'agira d'un déploiement modéré, d'après l'état-major américain.

Les attaques du 14 septembre ont réduit la production de pétrole saoudienne, entraîné une flambée des prix de l'or noir et ravivé les craintes d'un affrontement militaire entre Washington et Téhéran. En juin, la destruction d'un drone américain par l'Iran avait déjà fait craindre une escalade.

Des restes de missiles sont exposés aux journalistes.

Des débris du RQ-4 Global Hawk abattu en juin et le missile iranien utilisé pour l'abattre, ainsi qu'un RQ-170 Sentinel intact capturé en 2011 ont été dévoilés.

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran, a ajouté le général Salami lors de l'inauguration d'une exposition au Musée de la Défense sacrée et de la Révolution islamique, dédiée aux drones que l'Iran dit avoir capturés.

Des débris du RQ-4 Global Hawk abattu en juin et le missile iranien utilisé pour l'abattre, ainsi qu'un RQ-170 Sentinel intact capturé en 2011 ont été dévoilés.

Que font vos drones dans notre espace aérien? Nous les abattrons, a dit le général, affirmant que l'Iran avait vaincu la domination technologique américaine.

Du côté saoudien, le numéro deux de la diplomatie, Adel al-Jubeir, a prévenu que son pays prendrait les mesures appropriées après les attaques du 14 septembre, une fois que l'enquête menée par les Nations unies aura déterminé d'où venaient les tirs.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a quant à lui affirmé jeudi qu'une riposte saoudienne ou américaine en Iran entraînerait une « guerre totale », précisant toutefois que son pays ne voulait pas la guerre, mais se défendrait si besoin.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo avait qualifié mercredi les attaques d'« acte de guerre », mais affirmé le lendemain que son pays privilégiait une « solution pacifique ».

Trump plus mesuré

Publiquement, le président américain Donald Trump s'est montré de moins en moins enclin à des représailles militaires.

« Il n'y a jamais eu de pays plus préparé », a-t-il prévenu vendredi. Ce serait la solution de facilité pour moi, frapper 15 sites majeurs en Iran [...] Mais ce n'est pas ce que je privilégie, si possible, a-t-il enchaîné, vantant les mérites de la « retenue ».

« Parfois, ils parlent d'options militaires », a déclaré le général Salami, avertissant qu'une « agression limitée ne resterait pas limitée » puisque l'Iran serait catégorique dans sa réponse.

Le président américain Donald Trump.

Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions sur le secteur bancaire iranien.

Photo : Getty Images / NICHOLAS KAMM

Les tensions entre les deux pays n'ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral des États-Unis, en mai 2018, de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran.

Vendredi, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions sur le secteur bancaire iranien, notamment contre la Banque centrale. Cela signifie qu'il n'y aura plus d'argent qui ira aux Gardiens de la révolution [...] pour financer le terrorisme, a assuré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Selon M. Zarif, à New York avant l'Assemblée générale des Nations unies, cela montre que les États-Unis tentent de bloquer aux Iraniens l'accès à la nourriture et aux médicaments.

Ces nouvelles sanctions montrent que les États-Unis sont désespérés et que leur politique de pression maximale [contre l'Iran] a atteint sa fin, a-t-il dit, selon l'agence semi-officielle Isna.

L'Iran a par ailleurs nié samedi avoir subi une cyberattaque contre ses installations pétrolières, après que des perturbations de la connexion ont été rapportées sur des plateformes en ligne.

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