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Le pacifisme mis de côté lors d'une marche pour le climat à Paris

Manifestation pour le climat à Paris

Photo : Reuters / Charles Platiau

Agence France-Presse

Des incidents ont éclaté samedi après-midi au cœur de Paris lorsqu'une marche pour le climat a été infiltrée par un millier de militants radicaux qui ont incendié des poubelles et saccagé des magasins.

La journée était tendue dans la capitale française où se tenaient simultanément plusieurs manifestations : outre la marche pour le climat, une manifestation de gilets jaunes opposés à la politique sociale et fiscale du gouvernement et un défilé contre un projet de réforme des retraites.

En début d'après-midi, 163 personnes avaient été interpellées dans les zones où il était interdit de manifester, et 86 avaient été placées en garde à vue, selon la préfecture de police. Près de 400 autres ont été verbalisés dans des périmètres interdits.

Au centre des tensions, le boulevard Saint-Michel, dans le Quartier latin estudiantin, où des militants radicaux, pour certains masqués, ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre avant de s'en prendre à une agence bancaire.

Les gendarmes ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, contraignant une partie des marcheurs à rebrousser chemin.

Du matériel urbain a été dégradé et des poubelles incendiées avant que les pompiers n'interviennent.

« Exactions en cours par des individus violents [...] Désolidarisez-vous des groupes à risque », a tweeté la préfecture.

Marches pour le climat

Les participants à la Marche pour le climat, au nombre de plusieurs milliers, répondaient à l'appel de nombreuses ONG, au lendemain d'une « grève mondiale pour le climat ». La mobilisation de vendredi n'avait pas été très forte en France, réunissant un peu moins de 10 000 personnes dans la capitale, selon un comptage du cabinet Occurrence pour des médias.

Ailleurs au pays, d'autres événements étaient prévus. À Lyon, environ 5000 personnes se sont rassemblées dans la matinée dans le centre-ville, selon la préfecture. « Halte à l'écocide », pouvait-on lire sur la banderole des manifestants.

Venue avec son fils Lucien, 7 ans, Noémie Izbicki a expliqué s'être rendue à la manifestation pour que son fils « prenne conscience de l'enjeu ». Jean-Claude Moralez, un enseignant de 65 ans, a de son côté exprimé son pessimisme, soulignant que la situation avait atteint un point de non-retour. « Ce genre de manifestation est importante, mais elles auraient dû avoir lieu depuis longtemps ».

Face aux craintes de débordements, le président Emmanuel Macron « est mobilisé et mobilisable à chaque instant », a rappelé samedi son entourage.

À Paris, quelque 7500 membres des forces de l'ordre ont été déployés, assistés de canons à eau et de véhicules blindés de la gendarmerie. Des quartiers entiers du centre de la capitale étaient quadrillés de patrouilles, des policiers en uniforme et en civil contrôlant et fouillant massivement les personnes présentes.

Dans le prestigieux quartier des Champs-Élysées, cible de saccages au cours de précédentes manifestations de gilets jaunes, certains commerces s'étaient barricadés derrière des protections en bois.

Des touristes interloqués se sont retrouvés pris dans le flot des personnes repoussées hors du périmètre par les forces de l'ordre.

Aux « Dispersez-vous » de la police, certains répondaient « Cassez-vous » ou « Tout le monde déteste la police ».

« Nous sommes traités comme des criminels », s'est énervée Brigitte, militante écologiste.

Se tenait également samedi le début des Journées du patrimoine, qui attirent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs.

La tension n'a pas empêché Parisiens et touristes de profiter de l'occasion pour visiter plusieurs hauts lieux de la capitale. Certains, qui avaient réservé leur place, ont pu découvrir le palais de l'Élysée et profiter des jardins présidentiels sous un soleil encore estival.

Par mesure de précaution, certains monuments étaient toutefois fermés, comme l'Arc de Triomphe, sérieusement dégradé en décembre par des manifestants.

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