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Le début de campagne électorale sous la loupe des politologues

Le drapeau canadien flotte sur la colline du Parlement.

La tour de la Paix du parlement canadien, à Ottawa.

Photo : Reuters / Blair Gable

Radio-Canada

Entre controverse et promesses des partis politiques, la campagne électorale n’a pas manqué de rebondissements cette semaine. Des politologues dressent le bilan de ce début de campagne.

Ébranlé par la vive controverse provoquée par les images de Justin Trudeau en « blackface », le Parti libéral connaît un début de campagne difficile.

Les libéraux ont sans aucun doute eu un début de campagne difficile, non seulement avec les événements des derniers jours, mais on sait qu’avec la première semaine de campagne, ils ont hérité de plusieurs critiques, notamment le fait que M. Trudeau a décidé de ne pas participer au premier débat de chefs, explique Stéphanie Chouinard, professeure de sciences politiques au Collège militaire royal de Kingston.

Une bonne gestion de crise?

Le mea culpa de Justin Trudeau démontre toutefois d’une bonne gestion de crise de la part des libéraux, selon Geneviève Tellier, professeure titulaire à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa.

Comparé à l’affaire SNC Lavallin ou encore le voyage en Inde où ça avait été très mal géré et surtout on avait tardé à fournir des explications. Mais là, c’est complètement différent, on a fourni des explications rapidement. Je suis assez étonné d’ailleurs qu’on commence déjà à moins en parler, ce qui semble dire que ça a été plutôt réussi comme gestion de crise.

Selon elle, la réaction de M. Singh, qui a parlé de son expérience personnelle, a touché beaucoup de gens, contrairement aux attaques de M. Scheer. Depuis le début de la campagne, à mon avis, celui qui performe le mieux, c’est M. Singh, a-t-elle ajouté.

Notre dossier Élections Canada 2019

Peter Graefe, professeur de sciences politiques à l'Université McMaster, estime que la controverse pourrait aussi redorer l’image de M. Singh du côté de l’électorat plus progressiste, qui pourrait être moins réceptif aux promesses libérales.

Ça entache la réputation d’un des leaders, alors ça redore peut-être le blason de M. Singh. Ça pourrait changer la réceptivité de l'électorat face à leurs promesses ultérieures, estime-t-il.

Stéphanie Chouinard ajoute en revanche que la réaction de Andrew Scheer a été moins efficace. Chez M. Scheer la condamnation immédiate considérant le nombre de candidats au sein de ses propres rangs qui ont eu par le passé des comportements douteux, ça reste problématique et je crois que l’électorat canadien l’a vu très clairement.

Est ce que les libéraux pourraient perdre des votes?

Une campagne décevante

Peter Graefe se dit déçu du début de campagne qui cherche davantage à séduire l'électeur plutôt que de traiter des enjeux collectifs.

Je trouve que c’est désolant, c’est un peu une campagne "publisac" : quel parti va livrer le plus grand rabais pour les familles, alors qu'en même temps on traverse une crise écologique qui est commune.

Peter Graefe, professeur de sciences politiques à l'Université McMaster

C’est un peu comme si la vie politique canadienne est réduite à ce genre de discussion, comment sauver un sou ici et là pour les familles en abordant très peu les questions collectives. Peut-être que M. Singh sort un peu de ça avec ses programmes sociaux, mais même là, c’est surtout une manière d’ajouter un peu à l'État providence, mais un peu au rabais, ajoute-t-il.

Mme Tellier estime que chaque parti essaie de séduire la classe moyenne.

Le rendez-vous manqué des verts avec les jeunes?

Alors que débute une semaine d'action mondiale pour le climat, Geneviève Tellier estime que le Parti vert performe mal.

Ça aurait dû être le parti qui a le momentum en ce moment, qui rallie les jeunes et étonnamment je ne sens pas un engouement énorme de la part des jeunes pour ce parti-là.

Geneviève Tellier, professeure titulaire à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa.

Oui pour la cause environnement, mais Elizabeth May [la chef du Parti vert] a de la difficulté à être au diapason avec les jeunes. Elle parle de thèmes qui intéressent plutôt les personnes un peu plus âgées et elle n’a pas aussi l’envergure d’une jeunesse que Justin Trudeau avait pour rallier les troupes en 2015. Et donc, ça explique peut-être pourquoi on ne parle pas beaucoup de l’environnement dans cette campagne-là, estime la politologue.

Toronto

Politique fédérale