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Subventions aux entreprises pétrolières : Scheer fait volte-face

Le reportage de Louis Blouin.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

La Presse canadienne

À peine quelques heures après avoir déclaré qu'il ne toucherait pas aux subventions fédérales versées aux entreprises pétrolières et gazières, le chef conservateur, Andrew Scheer, a fait volte-face à ce sujet.

Ces aides financières pourraient faire l'objet d'un examen et passer sous le bistouri afin de réduire d'au moins 1,5 milliard de dollars la somme réservée aux subventions fédérales et aux programmes fiscaux des entreprises.

Plus tôt, il avait indiqué qu'il refuserait de le faire, prétendument parce que le monde entier a besoin du pétrole et du gaz naturel canadien.

Aussi longtemps qu'il existera une demande internationale pour le pétrole et le gaz naturel, le Canada devra être un fournisseur, a déclaré M. Scheer lors de son passage à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Selon les prévisions, la consommation future du pétrole et du gaz naturel ne fera qu'augmenter. Il vaut mieux pour le monde et pour notre environnement que cette énergie soit fournie par le Canada.

Mais en après-midi, il changeait légèrement le cap.

M. Scheer a ainsi publié une déclaration dans laquelle il affirmait que les subventions aux entreprises du secteur des hydrocarbures seraient également évaluées.

« Un gouvernement conservateur mènera un examen de tous les programmes de subventions aux entreprises et éliminera ceux qui ne profitent pas aux Canadiens, y compris ceux existant dans le secteur pétrolier et gazier », a-t-il dit en reprenant des éléments du communiqué déjà publié mercredi. Nous allons mettre un terme aux subventions aux riches dirigeants d'entreprises, aux actionnaires et aux entreprises étrangères et mettre cet argent dans les poches des Canadiens.

Les verts et les néo-démocrates se sont déjà engagés à éliminer toutes les subventions versées à l'industrie des combustibles fossiles.

Les précédents gouvernements conservateurs et libéraux ont promis d'éliminer les subventions inefficaces d'ici 2025 à la suite d'engagements contractés depuis 2009 au sein du G20 et du G7.

Des politiques contre-productives?

Selon le groupe Environmental Defence, les subventions fédérales et provinciales aux entreprises produisant des combustibles fossiles atteignent annuellement 3,3 milliards de dollars. Les gouvernements versent 19 $ par tonne d'émissions de gaz à effet de serre aux entreprises produisant des hydrocarbures, sapant ainsi la lutte contre les changements climatiques.

La part fédérale de ce total s'élève à près de 300 millions, sans compter les quelque 10 milliards de prêts accordés par Exportation et développement Canada pour aider les entreprises canadiennes à financer la production de pétrole et de gaz naturel des autres pays.

L'Institut international du développement durable soutient que le Canada dépense plus par habitant en subventions pour les producteurs d'énergies fossiles que tout autre pays du G7.

Dans le volet environnemental de son programme, M. Scheer dit vouloir exporter davantage de pétrole et de gaz canadiens, car, selon lui, la réglementation environnementale stricte du Canada fait en sorte que cette énergie est plus propre que celle produite à l'étranger.

C'était le premier passage de M. Scheer dans les Maritimes depuis le début de la campagne. Les libéraux avaient raflé l'ensemble des circonscriptions dans cette région en 2015. Les conservateurs espèrent leur en soutirer une dizaine.

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