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Maxime Bernier : lutter contre les changements climatiques, mais pas à n'importe quel prix

Le chef du Parti populaire du Canada estime que de nouvelles technologies permettront de s'attaquer aux changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Hugo Prévost

Lutter contre les changements climatiques, oui, mais sans changer notre mode de vie. Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a prononcé une charge contre ses adversaires politiques, qu'il accuse d'« hypocrisie » climatique, en proposant plutôt de laisser le génie humain suivre son cours pour trouver des solutions.

En entrevue avec Patrice Roy, sur les ondes d'ICI RDI, M. Bernier s'en est vivement pris à ce qu'il qualifie de « frénésie climatique ».

J'ai toujours cru aux changements climatiques; j'ai dit, contrairement aux autres politiciens, que la cause principale des changements climatiques n'était pas l'activité humaine.

Maxime Bernier

S'il affirme ne pas être climatosceptique, il s'inscrit néanmoins en faux contre le consensus, partagé par la quasi-totalité de la communauté scientifique, selon lequel l'activité industrielle humaine, dont le transport automobile et l'utilisation de combustibles fossiles, est majoritairement responsable de l'accroissement de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère et de la hausse graduelle des températures moyennes.

« Je dis qu'il faut être honnête avec la population, parce que lorsque MM. Trudeau et Scheer parlent de changements climatiques, tous ces politiciens disent qu'ils vont s'assurer de respecter l'accord de Paris et atteindre ses cibles », a ajouté le chef du PPC, avant d'affirmer « qu'il est impossible [d'atteindre cet objectif] avec une taxe sur le carbone de 50 $ la tonne ».

Selon M. Bernier, il faudrait plutôt imposer une taxe carbone de 300 $ la tonne pour respecter les engagements de l'Accord de Paris, qui vise entre autres à limiter à 1,5 degré Celsius le réchauffement planétaire moyen.

« Aucun politicien n'est assez sérieux pour imposer 300 $ la tonne; alors, pour moi, ils sont hypocrites », a-t-il répété, en parlant des chefs des partis adverses.

« On fait peur aux gens »

Toujours sur la question de la « frénésie climatique », le député sortant de Beauce a dit rejeter tout changement au mode de vie contemporain.

S'il se dit « d'accord » avec les chercheurs du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat qui appelle entre autres à rendre l'économie planétaire « carboneutre » d'ici 2050, Maxime Bernier soutient être en désaccord « quand [les chercheurs] disent qu'on doit tout chambouler. Il y a même des gens qui disent qu'on doit arrêter de faire des enfants à cause des changements climatiques. C'est ça que je trouve irresponsable, on fait peur aux gens ».

La panique n'est pas la base de politiques publiques.

Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada

Plutôt que d'écouter « [les partisans de] la gauche [...] qui nous disent d'agir tout de suite », M. Bernier souhaite ainsi « réfléchir et avoir des débats ». « Ce que je dis, c'est que les émissions [de gaz à effet de serre] vont diminuer grâce aux développements technologiques, comme elles l'ont fait par le passé », a-t-il soutenu.

Attention, dit-il, aux « environnementalistes radicaux qui veulent changer notre mode de vie ».

Immigration, gestion de l'offre et avortement

Interrogé sur sa vision du système d'immigration canadien, si son parti prenait le pouvoir le 21 octobre, le chef du PPC a réitéré ses appels à abaisser les seuils nationaux à 150 000 nouveaux arrivants par année, plutôt que 350 000, comme c'est le cas en ce moment.

Aux yeux de M. Bernier, ce dernier nombre fait en sorte que le Canada accueille, par habitant, le plus fort taux d'immigrants de l'Occident. Pour revenir à la moyenne des pays de l'Ouest, dit-il, il est nécessaire de ramener ce seuil à 150 000 nouveaux arrivants par année.

« C'est comme disait François Legault : ''On veut en prendre soin'' », a-t-il lancé, en évoquant la réduction de 20 %, par le gouvernement du Québec, des seuils d'immigration en 2019, avant de les rehausser au cours des trois années qui suivront.

L'objectif de M. Bernier consiste également à faire passer de « 26 % à 50 % » la proportion de nouveaux arrivants qui s'installent au pays pour des motifs économiques.

Selon le chef du PPC, cette mesure permettrait de s'attaquer à la pénurie de main-d'oeuvre qui sévit dans plusieurs régions.

Un rapport déposé en 2017 au Parlement par le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, révèle que, l'année précédente, 53 % des nouveaux arrivants étaient des immigrants économiques, parfois accompagnés de membres de leur famille.

En ce qui concerne la gestion de l'offre, son cheval de bataille lorsqu'il s'est lancé dans la course à la chefferie du Parti conservateur, M. Bernier n'en démord pas : il faut en finir avec le « cartel de l'Union des producteurs agricoles ».

Son adversaire conservateur en Beauce, Richard Lehoux, est justement un producteur laitier favorable à la gestion de l'offre.

Il est là pour défendre ses propres intérêts pécuniaires. Moi, je suis là pour défendre l'intérêt des Beaucerons.

Maxime Bernier

« M. Lehoux veut défendre son privilège, et je n'ai rien contre cela, mais quand on veut travailler pour les Beaucerons, on devrait penser à l'ensemble des Beaucerons », a-t-il ajouté, évoquant au passage un système d'exportation pour le lait, les œufs et la volaille, qui serait similaire à celui des producteurs bovins et porcins.

Sur l'avortement, enfin, Maxime Bernier a soutenu avoir « toujours voté contre les projets de loi pro-vie ». Est-il pro-choix, dans ce cas? « Appelez ça pro-choix si vous le voulez. »

Cette prise de position – qui n'est pas celle de son parti, le PPC n'ayant aucune position sur cette question, dit son chef – n'empêcherait toutefois pas M. Bernier de laisser ses éventuels députés voter librement si un projet de loi restreignant l'accès à l'avortement était déposé aux Communes.

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