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La proposition de bannir les armes d’assaut est saluée avec réserve

Des gens lisent des messages laissés sur la façade placardée d’un immeuble en rénovation à la mémoire des victimes de la fusillade survenue dimanche soir, sur l’avenue Danforth, à Toronto.

Des gens lisent des messages laissés sur la façade placardée d’un immeuble en rénovation à la mémoire des victimes de la fusillade survenue le 22 juillet 2018, sur l’avenue Danforth, à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Radio-Canada

Alors que Toronto est en proie à une vague de fusillades depuis le début de l’été, la promesse de campagne des libéraux de bannir les armes d’assaut est accueillie favorablement en Ontario, mais certains estiment qu’il faut aller encore plus loin.

Les libéraux ont annoncé vendredi leur volonté d’interdire toutes les armes d’assaut de style militaire et de collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la capacité de restreindre ou d’interdire les armes de poing.

Je suis ravi de voir des politiciens, qui assument un rôle de leader, parler d'un contrôle efficace des armes à feu, s’est réjoui Jerry Pinksen, un rescapé de la fusillade de Danforth en juillet 2018, et dont la partenaire Danielle Kane est restée paralysée après avoir été blessée par balle.

Un homme et une femme en fauteuil roulant.

Jerry Pinksen et Danielle Kane sont des rescapés de la fusillade de Danforth, survenue le 22 juillet 2018.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Quand il est sorti du restaurant, Jerry Pinksen est tombé nez à nez avec le tireur, qui a ouvert le feu sur lui et sa compagne.

S'il avait eu un fusil d'assaut ce jour-là, la vitesse des munitions l'aurait tuée instantanément, et je l'aurais regardée périr devant moi, rapporte Jerry Pinksen, qui se dit presque soulagé que le tireur ait eu une arme de poing ce jour-là.

Sachant que ces lois sur les armes à feu enlèveraient ces armes conçues pour la destruction massive, pour tuer, ça me permettrait de me sentir plus en sécurité et ce qui est arrivé à Danielle ne pourrait plus arriver à personne.

Jerry Pinksen, rescapé de la fusillade de Danforth en juillet 2018

La coordonnatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, estime qu’interdire les armes d’assaut serait une excellente nouvelle pour la sécurité publique. Toutefois, elle se dit déçue de remettre la responsabilité du contrôle des armes de poings aux municipalités.

Les libéraux ont décidé de mettre le fardeau sur les municipalités, déplore Heidi Rathjen, qui a vécu la tuerie de Polytechnique à Montréal en 1989.

Elle craint que peu de municipalités aient le courage de bannir les armes de poing. C'est une façon d'avoir l'air de faire quelque chose, mais en fin de compte c'est comme reporter plein de débats dans des juridictions qui ont encore moins la capacité et le goût de s'embarquer dans des luttes politiques avec un adversaire aussi féroce que le lobby des armes.

Une interdiction nationale

Le maire de Toronto réclame depuis des mois des mesures pour un meilleur contrôle des armes à feu. C’est un pas dans la bonne direction, a-t-il déclaré. Plus nous contrôlons les armes à feu, mieux c'est.

Toutefois, le maire Tory milite pour imposer une interdiction des armes de poing à l’échelle nationale. Une interdiction nationale serait le mieux, mais c’est un pas en avant, nous avons beaucoup de travail dans le futur, dit-il.

Le maire en train d'énumérer quelque chose.

Le maire de Toronto souhaiterait que le prochain gouvernement investisse dans « des programmes qui s’attaquent aux racines de la violence armée ».

Photo : Radio-Canada

Le maire rapporte que son conseil municipal a demandé à maintes reprises d'interdire la vente, la possession et l'utilisation d'armes de poing, de fusils d'assaut et d'armes à feu semi-automatiques au Canada.

Nous ne cesserons pas de continuer à plaider complètement en faveur d’une interdiction nationale des armes de poing.

John Tory, maire de Toronto

Le maire de Toronto espère par ailleurs entendre les propositions des autres partis pour lutter contre la violence armée et contrôler des armes à feu.

Il réclame par ailleurs des conditions plus strictes concernant les conditions de mises en liberté.

Nous savons par la police que les récidivistes sont de retour dans nos rues après avoir été arrêtés en lien avec des armes à feu. Ils sont parfois arrêtés quelques jours, parfois quelques heures après leur libération, déplore le maire.

Il a d’ailleurs salué les commentaires positifs du chef des conservateurs Andrew Scheer à ce propos.

La plateforme des conservateurs propose notamment de révoquer la libération conditionnelle pour les membres de gangs.

Du côté des corps policiers, le président de l’Association des chefs de police de l’Ontario et chef de la police de Sudbury, Paul Pedersen, salue tout ce qui peut renforcer la législation sur les armes à feu.

Les armes à feu qui tuent nos citoyens, les armes illégales dans notre communauté, nous avons discuté avec différentes instances de différents gouvernements sur la nécessité de disposer d'outils pour légiférer afin de nous aider et nous sommes impatients de continuer à travailler pour assurer la sécurité de notre communauté, a-t-il déclaré.

La ville de Toronto a recensé 311 fusillades depuis le début de l'année.

Avec des informations de Julie-Anne Lamoureux et Mathieu Simard

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