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La rareté de main-d’œuvre au cœur de la campagne électorale dans l'Est-du-Québec

Des travailleurs surveillent une grue qui soulève des poches de cacao dans un port.

La rareté de main-d’œuvre touche la plupart des secteurs économiques, mais l'industrie maritime est particulièrement touchée.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Trudel

Marie-Christine Rioux

La rareté de la main-d’œuvre qui sévit au pays affecte particulièrement l'Est-du-Québec et représente donc l'un des enjeux clés de la campagne électorale fédérale. La quasi-totalité des secteurs économiques est touchée, incluant le secteur maritime où il manque souvent de personnel à bord des navires.

Un navire peut quitter un quai seulement si tous les employés nécessaires à son bon fonctionnement sont à bord, selon le directeur général du Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie maritime, Claude Mailloux.

Cette réglementation assure la sécurité du transport maritime, mais elle peut poser problème dans un contexte de rareté de main-d’œuvre.

Actuellement, il y a une très grande pénurie dans notre industrie.

Mélanie Leblanc, directrice de l'Institut maritime du Québec
14300 travailleurs œuvrent dans l'industrie maritime. Parmi eux, le tiers travaille sur les navires et les deux tiers restants dans les ports.

La rareté de travailleurs sévit dans toute l'industrie maritime, mais ce sont surtout les travailleurs qui œuvrent sur les navires qui sont recherchés.

Photo : Radio-Canada

Selon le Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie maritime, le domaine maritime embauche plus de 14 000 travailleurs au Québec.

Les deux tiers d'entre eux travaillent dans les ports et le tiers restant sur les navires.

Il n'y a pas suffisamment de personnel disponible en ce moment pour pourvoir tous les postes qui sont ouverts dans les compagnies maritimes. C'est surtout vrai du côté du personnel navigant, [...] les officiers mécaniciens à bord des navires et les officiers de navigation aussi, explique Claude Mailloux.

L'Héritage 1, près du quai de Trois-Pistoles.

Plusieurs membres de l'équipage du traversier L'Héritage 1 ont eu peu de jours de congé en raison du manque de travailleurs disponibles.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Notre dossier Élections Canada 2019

L'équipe du traversier L'Héritage 1, qui relie Trois-Pistoles aux Escoumins, n'a pas encore eu à annuler de traversées, mais fonctionne avec des effectifs réduits.

Selon son capitaine, Jean-Philippe Rioux, certains employés du bateau ont dû renoncer à plusieurs de leurs journées de congé cet été pour que le traversier puisse suivre son horaire régulier.

Mon mécanicien, il est à bord depuis le 15 juillet, il n'y a personne pour venir le remplacer.

Jean-Philippe Rioux, capitaine de L'Héritage 1

J'ai quelqu'un qui vient me remplacer pour quatre jours la semaine prochaine, puis ensuite, je vais défiler jusqu'à la fin de la saison, souligne le capitaine.

Des solutions possibles au niveau fédéral

Le directeur des Affaires publiques et corporatives pour Groupe Océan, Philippe Filion, estime que la reconnaissance des brevets des marins étrangers pourrait résoudre une partie du problème de main-d'œuvre.

Le gouvernement fédéral a débuté une initiative pour la reconnaissance des brevets des marins étrangers. Il a proposé des accords de réciprocité avec plusieurs pays européens, dont la France. [...] Pour des postes vacants qu'on n'arrive pas à combler, c'est sûr que ce serait une aide très appréciée , soutient-il.

Groupe Océan emploie notamment des travailleurs pour manœuvrer ses remorqueurs dans les ports de Sept-Îles, de Baie-Comeau et de Port-Cartier.

Le navire remorqueur Ocean Raynald T. dans le port de Sept-Îles.

Le navire remorqueur Ocean Raynald T. dans le port de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

La directrice de l'Institut maritime du Québec, Mélanie Leblanc, croit pour sa part qu'une partie du problème de rareté de main-d'œuvre pourrait être réglé en formant plus d'étudiants dans le domaine maritime.

Je pense aussi qu'il y a des choses à faire avec l'immigration et Transports Canada. [...] Actuellement, on n'accueille pas d'étudiants étrangers pour nos programmes navigants, souligne-t-elle.

Un étudiant à l'Institut maritime du Québec.

Un jeune matelot en formation à l'Institut maritime du Québec

Photo : Gracieuseté Institut maritime du Québec

Les élus locaux s'entendent eux aussi pour dire que des règles d'accueil plus souples pour les étudiants et les travailleurs immigrants contribueraient à régler le problème sur les navires, mais dans d'autres domaines également.

J'espère qu'on trouvera des façons de faciliter, ce qu'aujourd'hui plusieurs qualifient de « chemin de croix » : l'accès à des travailleurs étrangers.

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Il faut accueillir des gens chez nous. [...] Ce qui est important, c'est d'avoir un arrimage entre le fédéral et le provincial pour simplifier la procédure, souligne le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette, Francis St-Pierre.

Un travailleur dans une usine

Selon le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette et le coordonnateur de la chambre de commerce locale, plusieurs aînés seraient tentés par un retour au travail si leur pension n'était pas affectée.

Photo : iStock

Les allègements fiscaux pour les aînés qui retournent sur le marché du travail devraient également faire partie de la solution, selon la Chambre de commerce de Rimouski-Neigette.

Il y a énormément de gens qui aimeraient encore mettre la main à la pâte, ne serait-ce que pour 10 à 20 heures par semaine. Malheureusement, leurs prestations sont coupées.

Jonathan Laterreur, coordonnateur de la Chambre de commerce Rimouski-Neigette

La Semaine de l'emploi maritime au Québec se tient du 23 au 29 septembre. L'objectif est d'offrir une meilleure visibilité aux emplois maritimes et d'attirer la relève potentielle.

Bas-Saint-Laurent

Politique fédérale