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Le Parti vert propose un réseau de transport canadien centré sur les chemins de fer

Un cheminot regarde une locomotive de VIA Rail.

Le Parti vert souhaite investir massivement dans VIA Rail pour élargir le réseau de transport de passagers.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Audrey Neveu

Le Parti vert du Canada propose une réorganisation complète du réseau de transport au pays autour des chemins de fer, pour faire face à ce que sa chef, Elizabeth May, appelle une véritable crise des transports. « Il n’y a pas un endroit au Canada où le service de transport est adéquat désormais », dit-elle.

La disparition des services d’autocars régionaux comme Greyhound dans l’Ouest canadien et dans des provinces de l’Atlantique a laissé leurs habitants démunis, selon Elizabeth May. Les habitants des communautés rurales et éloignées sont complètement démunis, a-t-elle affirmé en conférence de presse vendredi matin, à Calgary, en Alberta. Ça touche beaucoup les personnes marginalisées, surtout les femmes autochtones.

Son parti propose une nouvelle stratégie nationale de transport qui ferait des chemins de fer la plaque tournante du transport au pays. Il mise sur le train à grande vitesse, appuyé par des services de train léger et d’autocars électriques.

Elizabeth May présente son plan d'action devant une demi-douzaine de ses candidats.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a décidé de lancer sa semaine d'action climatique par un point de presse à Calgary, épicentre de l'industrie pétrolière canadienne.

Photo : Mike Symington

Elizabeth May souligne que, s’il y a une ligne de train à grande vitesse qui serait remboursée rapidement au pays, ce serait bien celle entre Calgary et Edmonton.

Pour les voyageurs d’affaires et tous ceux qui sont pressés, le train à grande vitesse est plus rapide que l’avion, à cause du temps pour se rendre à l’aéroport et pour passer la sécurité, a expliqué Elizabeth May.

Le train à grande vitesse est plus compétitif en termes de coût et de temps que l’avion.

Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada

Elle croit que le corridor Toronto-Ottawa-Québec serait un autre projet rentable.

Le transport, une des causes de l’urgence climatique

La chef des verts a souligné l’importance d’investir dans le transport vert afin de combattre les changements climatiques, puisque le transport représente un quart de toute la pollution générée au pays, selon Statistique Canada. Le Parti vert vise ainsi un réseau de transport public canadien qui ne génère aucune émission de gaz à effet de serre d’ici 2040.

Le parti propose également d’interdire les voitures à combustion interne, soit les voitures à essence conventionnelles, d’ici 2030.

« Si vous croyez que c’est ambitieux, regardez l’Inde qui s’est donné cet objectif pour 2022 en passant », a lancé Elizabeth May. Toutefois, le pays asiatique s’est plutôt donné cet objectif pour 2030 lui aussi.

Une petite voiture électrique est rechargée dans un stationnement.

Le réseau de bornes de chargement est sous-développé entre bien des grandes villes canadiennes.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le Parti vert exempterait également les véhicules électriques et à zéro émission, neufs et usagés, de la taxe de vente fédérale. Il agrandirait aussi le réseau de bornes de chargement électriques, notamment dans tous les stationnements d’établissements fédéraux.

Pour financer ces mesures, le parti prévoit une enveloppe de 600 millions de dollars en 2020-2021, qui augmenterait à 720 millions de dollars en 2023. Il propose également d’augmenter les transferts fédéraux aux municipalités afin de doubler leur financement pour le transport.

Calgary manifeste pour le climat elle aussi

Environ 300 manifestants se sont réunis devant l’hôtel de ville de Calgary pour participer à la grève mondiale pour le climat, à l’instar de nombreuses autres villes comme Paris, New York, Tokyo et Sydney. Le mouvement des « vendredis de grève pour le climat » avait d’abord été initié par la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, devenue une inspiration pour la jeunesse militante mondiale. 

À Calgary, des politiciens ont été invités à prendre part à la manifestation, notamment Elizabeth May, mais sur la scène, seuls les jeunes avaient le droit de parole. Beaucoup d’entre eux sont très inquiets pour leur avenir.

Deux adolescentes montrent leurs affiches sur lesquelles sont écrits « C'est plus gros que le recyclage » et « Il n'y a pas de Planète B ».

Les jeunes étaient nombreux à arborer des affiches avec des slogans qui soulignent l'urgence de combattre les changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

« Les autres ne comprennent pas que [ les changements climatiques ], c'est vraiment grave. On n'a pas beaucoup de temps qui reste, alors on fait des actions », affirme une adolescente. « Oui, ça me stresse beaucoup, parce que c’est mon futur », ajoute-t-elle.

Hazel Jenkins est elle aussi inquiète pour son avenir. « En 2050, j’aurai 65 ans. Pour les Calgariens plus jeunes que moi, il n'y a aucun futur à cause des industries qui ne sont pas carboneutres », explique-t-elle. Elle ne se dit toutefois pas contre l’industrie pétrolière. « Ce serait possible d'être carboneutre et profitable », croit-elle.

Des centaines de manifestants sont couchés sur le sol devant l'hôtel de ville de Calgary.

Les manifestants se sont couchés sur le sol pour simuler la mort et attirer l'attention sur leur mouvement.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

Les manifestants se sont par ailleurs couchés sur le sol pendant cinq minutes complètes dans le cadre d’une manifestation « die in », dans laquelle ils simulent la mort pour attirer l’attention sur l’urgence de la situation climatique. Les slogans sur les affiches des manifestants reflétaient aussi cette urgence, les plus visibles étant : « Je veux que vous paniquiez » et « Il n'y a pas de planète B ».

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