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Protection du patrimoine : les municipalités ont besoin d'expertise, clame la FQM

De vieilles maisons sont reliées par un chemin sinueux sur une île au large de Percé.

Des maisons patrimoniales de l'île Bonaventure, au large de Percé

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

David Rémillard

Le gouvernement du Québec doit collaborer davantage avec les villes et les villages pour protéger le patrimoine bâti, croit la Fédération québécoise des municipalités (FQM). « On a des décisions importantes à prendre », soutient son président, qui croit que l'État a le devoir de fournir l'expertise nécessaire pour aider les élus locaux à trancher.

La dernière année a été déterminante à la FQM. Les démolitions de la maison Boileau, à Chambly, et de la plus vieille maison de Lotbinière ont notamment alimenté la réflexion.

On s'aperçoit que, dans notre patrimoine bâti, on a des décisions importantes à prendre. Ce sont des décisions difficiles, parce que souvent notre identité, notre appartenance à notre coin [proviennent de] ces bâtisses-là, ces lieux-là. Ce sont des endroits qu'on voudrait garder à long terme, résume Jacques Demers, président de la Fédération.

Mais comment choisir ce qui sera conservé et à quel prix? Actuellement, ce ne sont pas toutes les municipalités qui ont l'expertise et l'argent pour conserver ou déterminer ce qui a une valeur ou non, selon M. Demers.

M. Picard regarde le sol, café à la main, devant la maison partiellement détruite.

La maison Boileau a été démolie l'automne dernier à Chambly.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Pour arriver à faire de meilleurs choix, la FQM estime que le gouvernement devrait travailler plus intimement avec les municipalités.

La Fédération profitera de son congrès annuel, la fin de semaine prochaine, pour adopter une résolution réclamant davantage d'outils pour les élus locaux. L'idée serait de légiférer pour embarquer le gouvernement dans le processus de décision. Il s'agirait de bonifier la Loi sur le patrimoine culturel, adoptée en 2011.

L'objectif n'est pas de remettre la décision finale des projets de conservation au ministère de la Culture ou au ministère des Affaires municipales, prévient Jacques Demers.

À certains endroits, il y en aurait beaucoup à préserver à première vue. Il y a des municipalités qui auront des décisions locales à prendre d'abord, dit-il.

Mais de quelle façon on prend ces décisions? De quelle façon on sélectionne les bâtiments? Est-ce qu'on peut être accompagnés? Est-ce que des experts peuvent nous aider de ce côté-là? Qu'est-ce qu'on devrait garder, qu'est-ce qu'on n'a pas les moyens de garder?

Jacques Demers, président, Fédération québécoise des municipalités

Selon la vision de la Fédération, les MRC seraient le point d'attache entre les municipalités et le Ministère. M. Demers y voit un potentiel à long terme pour développer une expertise.

La FQM croit également que les citoyens devront être inclus en amont dans la gestion du patrimoine.

Est-ce qu'on peut faire participer les citoyens dans ces décisions-là? Parce que c'est leur argent en fin de compte qu'on va utiliser pour conserver ces lieux-là, affirme M. Demers, qui convient que trop de dossiers finissent par causer un tollé dans la population.

Expertise, argent et volonté politique

Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul, a fait des représentations auprès de la FQM et de l'Union des municipalités du Québec au cours des dernières années. À son avis, les villes doivent cesser de jouer aux pompiers avec le patrimoine bâti.

Il estime que les municipalités sont trop souvent à la remorque des citoyens, des groupes de pression. Il faut être capable de mieux venir voir les coups. Souvent les élus locaux se retrouvent face à des situations qu'ils n'avaient pas prévues, ajoute-t-il.

Le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin.

Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul

Photo : Radio-Canada

En plus de renforcer le partenariat avec le gouvernement, M. Fortin milite pour une meilleure connaissance des biens patrimoniaux et un élargissement des critères de ce qui représente du patrimoine bâti.

Il y a du patrimoine bâti qui n'est pas nécessairement classé ou cité par des municipalités, mais qui ont un impact important au niveau historique, qui sont au cœur de certains villages, qui ont tellement eu d'importance qu'il y a des attentes importantes des citoyens de les préserver, soutient-il.

On serait étonné de voir combien il y a de lieux patrimoniaux qui peuvent être des bougies d'allumage, qui peuvent aider au développement régional aussi.

Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul

Outre l'argent et l'expertise, deux incontournables, M. Fortin croit qu'il faut nécessairement de la volonté politique, et donc une meilleure sensibilisation des élus municipaux au sujet du patrimoine.

Travaux en cours

Appelé à réagir à la demande de la FQM, le cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a rappelé que des travaux étaient en cours en collaboration avec le ministère des Affaires municipales.

Nous travaillons à un meilleur accompagnement et à un soutien accru afin que les municipalités et les MRC soient mieux outillées pour assurer la pérennité de notre patrimoine commun, a indiqué Brigitte Roussy, attachée de presse de la ministre, sans donner plus de détails.

Une rencontre est notamment prévue avec l'Union des municipalités du Québec au cours des prochaines semaines.

Des annonces devraient suivre prochainement, a-t-on ajouté, sans préciser d'échéancier.

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