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chronique

Citoyens canadiens : de fils en père

Mon épouse, Adel Mwika, et moi étions heureux d'accompagner les néo-Canadiens que sont mes parents, Edmond Kishila et Marie Ndjibu.

Mon épouse, Adel Mwika, et moi étions heureux d'accompagner les néo-Canadiens que sont mes parents, Edmond Kishila et Marie Ndjibu.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marie Yambayamba

Jean-Marie Yambayamba

Je suis devenu citoyen canadien vers le début des années 2000. Une vingtaine d'années plus tard, j'accompagnais mon père et ma belle-mère à faire le même pas. Ils étaient parmi plusieurs dizaines d'autres néo-Canadiens lors d'une cérémonie qui a eu lieu, le 15 août, à la place du Canada d'Edmonton. Leur démarche m'a poussé à revisiter la portée de ce geste...

Un pas civique

Après leur assermentation, j'ai dit à mes parents: « Vous allez pouvoir voter pour la première fois au Canada. » Ils m'ont répondu qu'ils en étaient fiers et que c'était comme un couronnement, dix ans après leur arrivée. Je comprends aujourd'hui que la curiosité qu'ils affichaient à l'égard de la vie sociale et politique d'ici n'était pas feinte.

Certes, ils n'ont pas décroché de la République démocratique du Congo (RDC). Internet leur permet de suivre au quotidien ce que devient ce pays de leur origine. Avec moi et avec d'autres, ils aiment parler d'anciens et de nouveaux dirigeants de la RDC. Ils aiment aussi, cependant, parler des acteurs politiques d'ici et des préférences qu'ils ont développées à force de les observer. Ils ne cachent pas leur fébrilité de pouvoir participer au scrutin fédéral du 21 octobre.

M. Edmond Kishila et Mme Marie Ndjibu posent avec la juge et la greffière lors de la cérémonie d'assermentation à la citoyenneté canadienne, le 15 août 2019, à la place du Canada, à Edmonton.

M. Edmond Kishila et Mme Marie Ndjibu posent avec la juge et la greffière lors de la cérémonie d'assermentation à la citoyenneté canadienne, le 15 août 2019, à la place du Canada, à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marie Yambayamba

À tout âge

Par ailleurs, leur intérêt pour le Canada n'a fait que croître. Mon père est arrivé ici à un âge de retraite avancé, ma belle-mère s'approche de la retraite. Ils n'ont pas pour autant cherché à transformer leur séjour en simple retraite dorée. Ils sont allés à l'école apprendre l'anglais, ne fût-ce que pour se débrouiller à l'épicerie, à la banque ou dans le transport en commun. Ma belle-mère, curriculum vitae à la main, a par ailleurs réussi à décrocher un emploi dans le secteur hôtelier depuis quelques années et sa persévérance suscite mon admiration. De son côté, mon père n'en finit pas de continuer seul son apprentissage de l'anglais, passant et repassant un manuel qu'il a gardé de son passage au collège Norquest.

Voir mes parents aussi actifs me rafraîchit et m'encourage à demeurer curieux et entreprenant. Ils m'apprennent décidément à ne pas percevoir l'âge comme un déclin.

Diversité

Environ 80 personnes ont été assermentées avec mes parents, il y a un mois. Elles ne sont qu'une petite portion des dizaines de milliers d'autres qui l'auront fait cette année. La commissaire leur a rappelé qu'être citoyen ouvre à une communauté de relations. Ces néo-Canadiens de multiples origines, races et cultures se sont sentis accueillis. Ils espèrent que cet accueil ne sera pas qu'une simple convenance de circonstance dans ce pays qui revendique son multiculturalisme.

Le 15 août 2019, 80 néo-Canadiens ont été assermentés à la place du Canada d'Edmonton.

Le 15 août 2019, 80 néo-Canadiens ont été assermentés à la place du Canada d'Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marie Yambayamba

En 2018, Citoyenneté et Immigration Canada estimait pouvoir compter 152 000 néo-Canadiens. Cette année, le nombre devrait être aussi important, selon les prévisions du ministère.

D'ici et d'ailleurs

En prenant la décision de devenir Canadiens, nous avons choisi d'affirmer être d'ici. Nous ne renions pas pour autant nos origines et nous avons toujours envie de retourner au pays natal si l'occasion se présente. Nous embrassons cependant avec plaisir nos nouvelles responsabilités civiques et sociales canadiennes. Et nous espérons partager avec ceux qui nous ont accueillis la richesse humaine emportée de notre RDC natale.

À ma naissance, mes parents m'ont donné la citoyenneté congolaise. Je me sens honoré aujourd'hui de pouvoir partager à mon tour avec eux la citoyenneté canadienne que j'ai choisie en cheminant dans ce grand pays.

Alberta

Société