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  • La vaccination contre la rougeole : sensibilisation et mésinformation à travers le temps

    Façade de l'Hôpital Sainte-Justine.

    Dans les années 1970, la population est peu sensibilisée à la vaccination contre les maladies infantiles.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Depuis peu, des cas de rougeole ont refait surface dans la population alors qu'on croyait avoir réussi à presque éradiquer le virus. Le mouvement anti-vaccin, présent depuis quelques années, ne serait pas étranger à la recrudescence de cette maladie dans le monde. Nos journalistes se sont intéressés tant aux débuts de la sensibilisation à la vaccination qu'aux craintes envers celle-ci.

    Informer et sensibiliser la population dans les années 1970

    La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse. Elle peut entraîner des complications graves comme l’encéphalite rougeoleuse, qui cause des lésions cérébrales irréversibles et même la mort (1 cas sur 1 000).

    Le 60, 16 mars 1976

    Le 16 mars 1976 à l’émission Le 60, le journaliste Daniel Pinard s’intéresse à la vaccination des enfants et au contrôle des maladies infantiles, en particulier la rougeole.
    À l’époque, la population est encore peu sensibilisée aux dangers de la maladie.

    Nous avons encore beaucoup de problèmes avec la rougeole parce que la majorité de la population n’est pas vaccinée, une très grande majorité de la population n’est pas vaccinée.

    Dr Luc Chicoine, directeur du département de pédiatrie de l’Hôpital Sainte-Justine (de 1972-1973 et de 1975-1982)

    Le journaliste constate que peu d’efforts sont faits en 1976 pour informer et sensibiliser la population aux dangers des maladies infantiles.

    Seuls des dépliants sont remis aux médecins en guise de publicité. Un bulletin d’information santé est également publié une fois par mois dans les hebdos régionaux.

    André Kaltenback, directeur des communications externes au ministère des Affaires sociales, indique que la sensibilisation n’est pas faite à la radio ni à la télévision en raison des priorités budgétaires du ministère.

    Au moment où je vous parle, on ne m’a pas dit que cette question de la vaccination représentait une priorité.

    André Kaltenback

    Pourtant, lors du reportage, le pédiatre Luc Chicoine précise qu’à Sainte-Justine, 25 à 50 enfants sont hospitalisés chaque année en raison de complications majeures de la rougeole. Comme seulement 50 % des enfants québécois sont vaccinés, des épidémies éclosent parfois dans la province et les virus circulent dans la population.

    Le Docteur Gérard Martineau du Service des maladies infectieuses au ministère des Affaires sociales ne croit pas qu’il faille rendre le vaccin contre la rougeole obligatoire.

    À mon avis il s’agit d’éduquer les gens, d’informer les gens et de rendre les services accessibles.

    Docteur Gérard Martineau

    Claire Rivet du département de santé communautaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont voit les choses autrement.

    Ce serait une très bonne mesure, ça permettrait aux organismes de santé communautaires d’être moralement certain que la population est très bien vaccinée.

    Claire Rivet

    Le Québec n’oblige pas la vaccination et opte plutôt pour des campagnes de sensibilisation, et d'éducation envers la population.

    De nos jours, les taux de vaccination contre la rougeole atteignent 82 % des enfants du primaire et 88 % des jeunes du secondaire au Québec. Pour bien protéger la population, le gouvernement fixe les cibles à 95 %.

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le refus de la vaccination et la méfiance envers les vaccins parmi les 10 ennemis que l’organisation doit affronter cette année.

    Les cas de rougeole ont augmenté de 30 % dans le monde. Certain pays en voie d’éradiquer la maladie ont vu leurs cas augmenter.

    La fausse croyance du lien entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme

    En 1998, un médecin britannique, Andrew Wakefield, établit un lien entre le vaccin ROR (rubéole, oreillons, rougeole) et l'autisme. De nombreux scientifiques mettent en doute la validité de son étude. Plusieurs recherches viennent contredire ses conclusions, mais la diffusion de ses résultats dans la prestigieuse revue médicale The Lancet marque les esprits.

    Été express, 5 juillet 2006 (audio)

    À l’émission de radio L’été express du 5 juillet 2006, la journaliste Joane Prince s’entretient avec le docteur Éric Fombonne de l’Hôpital de Montréal pour enfants. Après avoir mené une vaste étude sur 28 000 enfants autistes, le chercheur est à même d'affirmer qu’il n’y a pas de lien entre le vaccin ROR et l’autisme.

    Publiée dans la revue Pediatrics, l’étude du docteur Éric Fombonne, la plus vaste jamais menée au Canada, conclut que le vaccin, qui contient du thimérosal, un agent de conservation à base de mercure, n'est pas un facteur de risque.

    Le Dr Fombonne invite les parents à faire vacciner leurs enfants et à se débarrasser des craintes non fondées.

    La rougeole tue 550 000 personnes par an dans le monde.

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