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Les Autochtones d'Hawaï continuent de s’opposer à la construction d’un télescope

Les prières se répètent quatre fois par jour, jusqu'au coucher du soleil.

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

Nora Chabib

L’opposition des Autochtones d'Hawaï à la construction d'un télescope de 18 étages au sommet d’un volcan considéré comme sacré entame son troisième mois. Au cours des dernières semaines, leurs inquiétudes ont notamment attiré l'attention de l’Université de la Colombie-Britannique, qui a demandé un moratoire de 60 jours fin juillet, compte tenu des préoccupations des opposants au projet.

En attendant un pourparler entre l'État américain et les Kanaka Maoli, l'installation du camp des opposants ne cesse de prendre de l'ampleur.

Chaque matin, l'aube éclaire un paysage volcanique masqué par la brume d’altitude. Au pied de la montagne rouge, les voitures et les tentes parsemées sur le champ de lave pétrifiée abritent jusqu'à 600 manifestants selon les jours.

Des tentes sur un champ de roches, sous un brouillard épais

Comme le rapportent les résidents du camp temporaire, les conditions de camping sont parfois difficiles en altitude.

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

Bien qu’il pleuve souvent, des centaines de résidents de l'île d'Hawaï répètent une cérémonie quatre fois par jour depuis plus de deux mois, pour montrer leur opposition à ce projet de plus grand télescope international jamais construit.

Des gens dansent sur une route, les bras levés vers le ciel

Des milliers de personnes ont rejoint le Mauna Kea ces dernières semaines pour participer à la danse traditionnelle hawaiienne, le Hula, en guise de prière pour le volcan.

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

Installés sur place, les Kupunas, une trentaine d'aînés hawaiiens, également appelés « protecteurs » bloquent l'unique route d'accès au Mauna Kea depuis le jour de commencement des travaux, début juillet.

Selon Kaliko Kanaele, le chef des Kanaka Maoli, le volcan, vieux d’un million d’années, est l'équivalent de la mosquée des musulmans ou de l'église des chrétiens.

Ce n'est pas une manifestation, c'est une protection. Nous ne luttons pas, nous protégeons nos terres sacrées.

Kaliko Kanaele, leader des Kanaka Maoli
Des roches volcaniques en avant-plan, avec une montagne au loin

Le Mauna Kea est l'un des cinq volcans qui constituent l'île d'Hawaï, mieux connue sous le nom de « Big Island » en anglais.

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

C'est un endroit sacré où rien ne doit être construit, affirme la manifestante Dharmane Zelin.

Il y a longtemps, on a donné le permis pour construire un télescope, mais il y a en a eu trois autres et celui-là serait plus grand, plus haut et plus profond et les Hawaïens en ont assez. On donne un peu et on prend beaucoup ils ne sont pas traités avec respect, ajoute-t-elle avant de se préparer à la première prière du jour, à 6h.

La guide touristique au parc national des volcans d'Hawaii, Fabienne Kelby, connaît tous les recoins du Mauna Kea. Elle y voit aussi des avantages économiques.

Si le peuple d'Hawaii était pour le projet ou au moins neutres ça pourrait être très positif, lance-t-elle.

Une femme sous un arbre, sur la berge

La guide touristique Fabienne Kelby dit que son premier souhaite est de préserver la paix au sein de l'île.

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

Tout comme Fabienne, de nombreux guides touristiques subissent des pertes financières depuis l’opposition.

Le projet TMT doit coûter 1,4 milliard de dollars, financé par les États-Unis, le Japon, la Chine, l'Inde et le Canada, qui lui octroie à lui seul près de 18 % du montant total.

Culminant un total de 10 200 mètres à partir de la base du volcan, Mauna Kea est la plus grande montagne de la planète. Voilà pourquoi de nombreux scientifiques la considèrent comme le « meilleur endroit pour y observer l'univers ».

Une affiche avec les mots We Are Mauna Kea est placée sur une roche, avec des gens au loin

Des messages « Nous sommes Mauna Kea » sont dispersés au sol, sur les voitures, les tentes et les vêtements des manifestants.

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

Dans un récent communiqué, les promoteurs du projet disent être convaincus que la spiritualité et l'astronomie vont de pair et espèrent trouver un consensus avec l'aide de l'État.

Colombie-Britannique et Yukon

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