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Déguisements de Justin Trudeau : Greg Fergus défend son chef

Greg Fergus répond aux questions des journalistes près de la rivière des Outaouais.

Le candidat libéral de Hull-Aylmer aux élections fédérales, Greg Fergus.

Photo : CBC/Giacomo Panico

Radio-Canada

Les candidats libéraux de la région de la capitale fédérale gardent confiance en leur chef, malgré les images montrant Justin Trudeau en « blackface » et en « brownface », à commencer par Greg Fergus. Le président du caucus des parlementaires noirs croit qu’il faut plutôt juger le premier ministre sortant sur ses réalisations durant son mandat.

Le candidat de la circonscription de Hull—Aylmer n’a pas tari d’éloges à l’endroit de M. Trudeau lorsque les journalistes l’ont inévitablement interrogé sur les costumes controversés du chef libéral, jeudi.

Pour deux budgets consécutifs, on a vu des investissements majeurs dans la communauté noire pour lutter contre le racisme, mais aussi pour le développement de la communauté noire au Canada, a rappelé M. Fergus.

Il a également noté que le gouvernement, le conseil des ministres et le caucus libéral sont, d’après lui, les plus diversifiés de l’histoire du pays, sans compter l’ajout de la militante des droits civils Viola Desmond sur les billets de dix dollars.

Pour moi, toutes ces mesures-là, tous ces engagements-là, c’est vraiment la mesure de l’homme.

Greg Fergus, président du caucus des parlementaires noirs et candidat libéral dans Hull—Aylmer

Selon CBC, le premier ministre sortant aurait contacté M. Fergus avant la publication de la nouvelle. Catherine McKenna, qui brigue le poste de députée d’Ottawa-Centre, a ajouté que c’est une conversation importante que nous avons en ce moment, et nous devons certainement réfléchir, ajoutant du même souffle qu’elle avait toujours confiance en son chef.

Si c’est arrivé au premier ministre du Canada, c’est arrivé à tous les Canadiens

«Ça démontre comment on a été raciste et comment nous le sommes encore», a avancé pour sa part Boulou Ebanda de B’Beri, directeur de recherche au Laboratoire des médias audiovisuels pour l’étude des cultures et des sociétés multiculturelles à l’Université d’Ottawa.

Boulou Ebanda de B’Beri en entrevue à Radio-Canada

Boulou Ebanda de B’Beri est directeur de recherche au laboratoire des médias audiovisuels pour l'étude des cultures et des sociétés multiculturelles (LAMAC&S) et professeur titulaire à l'Université d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Les frasques passées de M. Trudeau sont, selon lui, symptomatiques d’un malaise toujours d’actualité de la majorité blanche au Canada par rapport aux questions raciales.

Il faut une conversation réelle sur la discrimination raciale que les Canadiens font tous les jours, mais que les Canadiens ne veulent pas reconnaître. Il faut une conversation réelle sur les biais conscients qu’on applique.

 Boulou Ebanda de B’Beri, directeur de recherche au laboratoire des médias audiovisuels pour l'étude des cultures et des sociétés multiculturelles de l'Université d'Ottawa

On a toujours dénigré l’autre. On s’est toujours amusé au nom de l’autre. On s’est souvent représenté comme l’autre pour minimiser, pour le dénigrer, pour en faire un objet, a ajouté le professeur Ebanda de B’berri, qui croit également en la sincérité des excuses de M. Trudeau.

Au-delà des excuses

Lorsqu’il est question de gestes qui offusquent des communautés en particulier, il est crucial d’éviter la généralisation, a estimé l’experte en diversité et en multiculturalisme Rachel Décoste.

Je pense que le pardon, c’est quelque chose que tout un chacun doit faire pour soi-même. Personne ne peut pardonner au nom d’une communauté ou ne pas pardonner.

Rachel Déscostes, auteure et spécialiste des questions de diversité et en multiculturalisme

Je suis contente aujourd’hui qu’il admette qu’il a fait un geste raciste, a-t-elle aussi souligné. Mais il faut bien plus que des excuses pour lutter contre le racisme au pays, a indiqué Mme Décoste, car le racisme ne se limite pas à déguisements caricaturaux.

Rachel Décoste poste pour la caméra sur la rue Sparks à Ottawa.

Rachel Décoste estime qu'il faut que Justin Trudeau en fasse plus pour lutter contre le racisme s'il est réélu, même si elle croit en la sincérité de ses excuses.

Photo : CBC/Jean Delisle

J’aimerais voir le gouvernement Trudeau en faire plus contre le racisme au niveau des emplois, de l’éducation, du système judiciaire, le profilage racial, a-t-elle noté. Ce seraient des gestes concrets qu’il pourrait faire pour non seulement dire qu’il s’excuse, mais faire les actions pour régler les problèmes de racisme qui, malgré tout, font partie de notre quotidien.

Avec les informations d'Audrey Roy et CBC

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale