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Le Parti vert gagne du terrain dans les intentions de vote en Saskatchewan

La chef du Parti vert, Elizabeth May, en entrevue.

Selon la chef du Parti vert, Elizabeth May, s'attaquer à la crise climatique devrait être le principal objectif du futur gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada

Marie-Christine Bouillon

Un sondage rendu public jeudi place le Parti vert du Canada (PVC) en troisième position dans les intentions de vote en Saskatchewan, devant le Parti libéral du Canada (PLC) et à moins de 3 points de pourcentage du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD). Le Parti conservateur du Canada est en tête.

J'espère que nous [ferons] des progrès dans les provinces des Prairies, en Saskatchewan. Nous avons des candidats extraordinaires, lançait la chef du PVC, Elizabeth May, lors d'une entrevue, mercredi.

Son souhait pourrait être exaucé si l'on en croit les résultats de l'enquête d'opinion menée au début du mois de septembre par le laboratoire de recherche en sciences sociales de l’Université de la Saskatchewan. En 2015, le Parti vert avait recueilli 2,1 % des votes, mais il pourrait obtenir 8,1 % des voix cette année.

Les 400 habitants de la Saskatchewan joints par téléphone se sont exprimés ainsi : 41,4 % ont indiqué leur intention de voter pour le Parti conservateur du Canada (PCC), 10,9 % pour le NPD, 8,1 % pour le PVC et 4,9 % pour le PLC. Près de 22 % des électeurs sondés se sont toutefois dits indécis. La marge d’erreur de ce sondage, commandé par CBC et Postmedia, est de + ou - 4,9 %, 19 fois sur 20.

Ces données révèlent également que plus de 1 répondant sur 10 estiment que les changements climatiques sont l’un des enjeux les plus importants de cette élection, après l’économie (13,5 %). Malgré cela, le professeur de sciences politiques à l’Université de l’Alberta Frédéric Boily croit qu’il faut demeurer prudent.

J’ai encore des doutes à savoir si le Parti vert est capable de capitaliser sur ces sentiments-là, c’est-à-dire que, oui, les changements climatiques sont plus importants. Lorsque va venir le moment de voter, est-ce que, véritablement, les électeurs vont voir ça encore au premier plan?, demande-t-il.

Il ajoute que le fait que les troupes du Parti vert du Canada sont moins imposantes que celles des partis libéral, néo-démocrate et conservateur peut ralentir cette montée en popularité des verts en Saskatchewan.

Les verts n’ont pas nécessairement une organisation électorale qui leur permet d’aller "faire sortir le vote" partout au pays. Leurs ressources financières étant moins importantes que les grands partis, ils vont peut-être privilégier certains endroits - je pense à la Colombie-Britannique -, pour essayer de faire des gains.

Frédéric Boily, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Alberta

Selon M. Boily, même si la hausse des appuis au PVC par rapport à 2015 ne se traduit pas en gains dans la province le 21 octobre, elle pourrait changer la donne dans certains comtés, notamment pour le NPD.

On le voit nationalement, il y a une course entre Elizabeth May et Jagmeet Singh pour essayer de courtiser le vote écologique, qui a été déçu par la politique libérale d’achat du pipeline Trans Mountain. Il pourrait y avoir une possibilité de division du vote ou d’éparpillement du vote entre les différentes formations politiques autres que les conservateurs. Jusqu’à un certain point, ça pourrait même favoriser les conservateurs, explique-t-il.

Même son de cloche de la part de l’analyste de données de sondage de CBC, Éric Grenier.

Si c’est 5 % ou 10 % du vote qui va au Parti vert, ce sont des votes qui, dans le passé, auraient été aux néo-démocrates ou au Parti libéral et, donc, probablement qu'on va voir des sièges où la division de votes entre les néo-démocrates, les libéraux et le parti vert va avoir une influence très importante sur le résultat final, affirme-t-il.

Quant à la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, elle entrevoit la possibilité de faire une percée dans le centre du pays : Je pense que notre message, c’est un message qui marche pour les gens qui habitent à Saskatoon ou à Calgary ou à Winnipeg. C’est pour nous une question d’offrir quelque chose pour un avenir plus durable, plus sécuritaire.

Elizabeth May ignore toutefois si elle passera en Saskatchewan pendant la campagne électorale.

Notre dossier Élections Canada 2019

Saskatchewan

Politique fédérale