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Fusil trouvé près de l’École Henri-Bergeron : les parents auraient voulu le savoir

Un terrain vert vu à travers une clôture.

Le 12 septembre, un élève de l'École Henri-Bergeron a vu un fusil par terre, dans une propriété adjacente à l'école.

Photo : Radio-Canada / John Einarson

Radio-Canada

Des parents de l’École Henri-Bergeron, dans le quartier de Saint-Boniface, se demandent pourquoi ils n’ont pas été informés qu’un fusil avait été trouvé près de l’école de leur enfant. Ni la police ni la direction de l'école ne les en ont avertis.

L’arme à feu a été découverte par un élève de 5e année le 12 septembre, dans une propriété adjacente à l’école.

L’élève a alerté un membre du personnel qui a signalé l’incident à l’administration. La police de Winnipeg a été appelée pour enquêter et sécuriser les lieux.

Plus tard dans la journée, une note envoyée aux parents, signée du directeur, ne mentionnait pas le fusil.

Cet après-midi, pendant l’heure du dîner, un élève qui était dans l’enceinte de l’école a vu un objet suspect sur une propriété résidentielle adjacente, mentionne la note, qui précise que ni les élèves ni le personnel n’ont été mis en danger.

Des parents veulent savoir pourquoi ils ont appris par leur enfant qu'il s'agissait d'une arme, plutôt que par la Division scolaire ou la police.

Des questions

Tasha Woodhouse a deux filles de 9 ans, en 5e année à l’École Henri-Bergeron. Elle s’est demandé quel était l’objet suspect en question à la lecture de la lettre. Ce sont ses filles qui lui ont parlé du fusil.

Ça a amené d’autres questions, comme : quelqu’un avait-il touché au fusil? où a-t-il été trouvé? d’où vient-il?

L’École aurait dû informer les parents qu’il s’agissait d’une arme d’épaule, dit-elle.

Il me semble que c’est là une information qui devrait être rendue publique. Ils auraient dû dire que c’est un fusil qu’ils avaient trouvé. J’espère que nous aurons plus d’information, ajoute-t-elle.

Le directeur général de la Division scolaire Louis-Riel, Christian Michalik, dit que la Division scolaire n’était pas certaine au départ que l’objet était une arme à feu, mais que l’information a été confirmée le jour même.

Au moment de rédiger cette note aux parents, nous n’avions pas encore clarifié avec la police ce que nous pouvions communiquer, explique-t-il. Après avoir consulté la police, la Division scolaire a pris la décision de ne pas divulguer les détails aux parents.

Il y avait des allers-retours avec la police, et nous avons choisi de ne pas partager dans le détail ce qui avait été trouvé, dit-il.

Christian Michalik félicite les élèves qui ont suivi le protocole qu’on leur a enseigné sur leur sécurité personnelle.

Marion Willis, qui est la directrice de St. Boniface Street Links et de la maison Morberg House, leboulevard Provencher, travaille dans la prévention du crime dans le quartier.

Elle est aussi l'arrière-grand-mère d’une élève de 4e année de l’École Henri-Bergeron. Elle trouve inquiétant que les parents n’aient pas été prévenus.

On doit savoir ce qui se passe, pour que nous puissions aider à trouver des solutions.

Marion Willis

[Les policiers] encouragent le travail avec les communautés, au niveau de la rue, dit-elle. Ils veulent que les gens collaborent avec eux. Mais nous devons savoir ce qui se passe pour contribuer à trouver des solutions.

En tant que parent, j’avais le droit de savoir qu’il s’agissait d’une arme à feu, ajoute-t-elle. Ça m’inquiète qu’on ne nous l’ait pas dit. Ça peut donner à penser qu’il y a un peu de censure dans ce qu’on dit au public.

Une vieille arme

Selon l’agent de police Rob Carver, le fait de rendre cette information publique aurait eu pour conséquence d’alarmer inutilement les gens. L’arme en question était un vieux fusil datant possiblement de la Deuxième Guerre mondiale. Il n’était pas chargé, n’était lié à aucun crime et ne constituait pas une menace.

Mais Marion Willis insiste : Il faut informer le public pour offrir aux citoyens de bonnes raisons de collaborer. Si une information n’est pas alarmante, elle peut en revanche rendre les gens plus actifs, les mobiliser dans le bon sens.

Cette information aurait pu, par exemple, donner lieu à des discussions entre les parents et leurs enfants au sujet de la sécurité, ou encore amener le public à être plus vigilant quant à ce qui se produit autour de lui.

De son côté, en y repensant, Christian Michalik se demande s’il aurait dû agir autrement.

Il ne connaissait pas les préoccupations des parents avant que Radio-Canada lui en parle et il souhaitait que les parents qui s’inquiètent le contactent.

Il a visité chacune des classes pour aborder l’incident avec les élèves, précise-t-il.

Après avoir parlé à Radio-Canada, M. Michalik a aussi envoyé un autre courriel aux parents, précisant que l’objet suspect trouvé cinq jours plus tôt était un fusil.

Tasha Woodhouse dit être rassurée après avoir parlé au directeur de l’école. Je ne suis pas en colère. J’ai eu des réponses à mes questions. Je pense que [les membres de la direction] font ce qu’il faut pour assurer la sécurité des enfants. Mais je pense aussi qu’ils devraient être plus transparents.

Quant à l'arme, le service de police affirme qu’elle n’appartient pas aux propriétaires de l’endroit où il a été trouvé. Le numéro de série pourrait aider la police à retrouver son propriétaire, selon Rob Carver.

Manitoba

Prévention et sécurité