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Le Bloc nécessaire pour défendre le « nationalisme décomplexé » du Québec, dit Blanchet

Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, souhaite l'envoi d'un « grand nombre » de députés bloquistes à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Hugo Prévost

Le Bloc québécois est plus pertinent que jamais à Ottawa, soutient son chef, Yves-François Blanchet. Pour celui-ci, l'élection d'un gouvernement caquiste en octobre dernier, qu'il qualifie de « nationaliste décomplexé », fait en sorte qu'il est nécessaire d'envoyer une forte députation bloquiste aux Communes, afin d'y défendre les intérêts du Québec.

Si le parti ne lutte plus pour sa survie, M. Blanchet admet que les dernières années ont été difficiles : Je n'ai pas mesuré le niveau de difficulté avant de me lancer dans la course à la direction du Bloc, sans quoi je ne l'aurais pas entreprise.

Quant au Bloc lui-même, il y a un an, on fréquentait les chroniques nécrologiques, concède son chef en entrevue avec Patrice Roy à ICI RDI. M. Blanchet affirme toutefois qu'avec l'élection de la Coalition avenir Québec (CAQ), en 2018, le mandat de défense des intérêts du Québec est plus important que jamais.

Ce que les Québécois ont voulu à Québec, on n'ira pas le détruire à Ottawa.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

N'y aurait-il pas un autre parti fédéral qui pourrait défendre les intérêts du Québec à la Chambre des communes? Absolument pas, martèle M. Blanchet, qui soutient que tous les partis fédéralistes sont opposés à ce qu'est l'essence même des valeurs actuelles à l'Assemblée nationale du Québec.

Le chef du Bloc québécois rejette également l'idée qu'en défendant les demandes présentées par le gouvernement Legault en matière d'immigration et de langue française, entre autres, auprès des autres formations, le Bloc soit en voie de devenir une simple courroie de transmission pour la CAQ. Les demandes de François Legault étaient déjà dans le programme du Bloc, parce que c'est la convergence naturelle des positions nationalistes, dit-il.

Il n'en reste pas moins qu'en raison de la nature même du parti, avec des candidats présentés uniquement au Québec, le Bloc ne pourra jamais former le gouvernement.

Il y a également peu de chances que la formation fasse élire suffisamment de députés pour former l'opposition officielle à la Chambre des communes, comme cela s'était produit en 1993, alors que les 54 sièges remportés par le Bloc québécois, alors dirigé par Lucien Bouchard, lui avait assuré la deuxième place dans les résultats électoraux, face à un raz-de-marée libéral et à un quasi-blanchissage du Parti progressiste-conservateur.

En fait, on n'aspire pas à prendre le pouvoir, mentionne M. Blanchet en entrevue, avant d'affirmer que les élections où les Québécois ont envoyé une majorité de députés bloquistes à Ottawa ont été les meilleures années du Québec dans la fédération canadienne.

Ça a été le grand désert sous le Nouveau Parti démocratique [NPD, qui a compté près de 60 sièges au Québec, de 2011 à 2015], et avec le gouvernement Trudeau, il n'y a rien pour le Québec, pas de progression; il y a même eu des reculs dans certains dossiers.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois
Notre dossier Élections Canada 2019

Une majorité... dans une minorité

Bien qu'il souhaite d'abord faire élire un grand nombre de candidats du Bloc le 21 octobre, Yves-François Blanchet ne dirait pas non, non plus, à un gouvernement minoritaire qui prendrait le pouvoir à Ottawa, et qui devrait donc négocier avec les bloquistes pour s'assurer du passage des divers projets de loi.

Entre préférer un gouvernement minoritaire et appeler à voter en ce sens, il y a toutefois un pas que le chef du Bloc n'ose pas franchir, du moins pas aussi tôt dans la campagne.

Ça ne m'appartient pas; si les Québécois nous confient ce mandat-là, on a l'obligation d'être fin prêts à relever le défi, affirme-t-il.

On va regarder la campagne aller, on va progresser. Mais si tel était le choix des Québécois, ils seraient capables d'obtenir des gains substantiels, a-t-il ajouté.

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