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Washington expulse 2 diplomates cubains à l'ONU accusés d'atteinte à la sécurité nationale

Un homme tient un dossier portant le logo de l'ONU.

L'administration Trump a depuis longtemps tourné le dos à la politique de rapprochement avec Cuba qu'avait lancée Barack Obama.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Agence France-Presse

Les États-Unis ont annoncé jeudi l'expulsion de deux diplomates cubains auprès de l'ONU, accusés « d'activités qui portent atteinte à la sécurité nationale américaine », alors que s'ouvre l'Assemblée générale de l'organisation mondiale.

Nous avons demandé de quitter les États-Unis à deux membres de la mission de Cuba à l'ONU qui étaient engagés dans des activités qui portent atteinte à la sécurité nationale américaine, a déclaré sur Twitter la porte-parole du département d'État américain Morgan Ortagus.

La demande de départ imminent a été notifiée jeudi au ministère cubain des Affaires étrangères, a-t-elle ensuite précisé dans un communiqué.

Elle a accusé les deux diplomates d'avoir abusé de leur résidence aux États-Unis pour tenter de mener des opérations de déstabilisation.

En outre, les déplacements à l'intérieur des États-Unis de tous les membres de la mission permanente de Cuba auprès des Nations unies seront dorénavant limités essentiellement à l'île de Manhattan, la partie de New York où se trouve le siège de l'organisation, a-t-elle prévenu.

Nous prenons au sérieux toutes les tentatives de porter atteinte à la sécurité nationale des États-Unis.

Morgan Ortagus, porte-parole du département d'État américain

Le gouvernement cubain a aussitôt dénoncé une décision injustifiée.

C'est une vulgaire calomnie de les accuser d'avoir commis des actes incompatibles avec leur statut diplomatique, a déclaré sur Twitter le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.

Il a accusé Washington de vouloir provoquer une escalade diplomatique jusqu'à la fermeture des ambassades respectives, le renforcement de l'embargo et des tensions entre les deux pays.

De son côté, l'ONU a indiqué avoir pris note de l'annonce américaine.

Nous suivrons de près cette affaire et nous nous rapprocherons, de manière appropriée, des gouvernements concernés.

Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Le gouvernement de Donald Trump a tourné le dos à la politique de rapprochement avec Cuba entreprise par son prédécesseur Barack Obama.

Dès 2017, il avait expulsé 15 diplomates cubains en représailles aux mystérieuses attaques, parfois décrites comme acoustiques, qui ont provoqué divers symptômes chez plusieurs employés de l'ambassade américaine à La Havane.

Et le ton est encore monté d'un cran depuis que Washington tente par tous les moyens, depuis le début de l'année, de chasser du pouvoir au Venezuela le président socialiste Nicolas Maduro, allié de La Havane.

Les États-Unis ont multiplié les sanctions économiques pour durcir leur embargo en vigueur depuis 1962.

Visa pour la sanction

Le siège des Nations unies étant à New York, les États-Unis ont en principe l'obligation d'accorder des visas aux États qui en font la demande pour permettre à leurs responsables d'assister à des réunions ou même de représenter leur pays de manière permanente.

Mais les autorités américaines se servent parfois de leur marge de manoeuvre en la matière comme d'une sanction diplomatique à l'égard de certains régimes.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Djavad Zarif n'a ainsi bénéficié, en juillet, que d'un visa d'entrée assorti de strictes limites sur sa capacité à se déplacer, alors qu'il devait participer à une réunion de l'ONU sur le développement durable.

Il n'avait eu le droit de se déplacer que dans un périmètre restreint autour du siège de l'organisation internationale, dans l'est de Manhattan.

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