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La Vérif : le Québec achète-t-il du pétrole en Arabie saoudite?

Le reportage de Vincent Maisonneuve

Photo : Radio-Canada

Romain Schué

Contrairement à ce qu’a répété à plusieurs reprises Andrew Scheer depuis le début de la campagne électorale, le Québec ne s’approvisionne pas en pétrole en Arabie saoudite. Une très large part de ce pétrole provient du Canada et des États-Unis.

Selon le chef conservateur, les raffineries québécoises achètent du pétrole provenant du Moyen-Orient et, particulièrement, d’Arabie saoudite.

On sait que les Québécois veulent acheter le pétrole du Canada. Ils préfèrent le pétrole canadien au pétrole étranger. C’est mieux d’acheter le pétrole de l’Alberta et de Saskatchewan que de l’Arabie saoudite.

Andrew Scheer, le 17 septembre 2019

À plusieurs reprises, Andrew Scheer a tenu des propos similaires. Le même jour, il a notamment indiqué qu’il n’y a aucune raison d’acheter le pétrole de l’économie de Donald Trump ou de l’Arabie saoudite quand on a les ressources ici.

Le lendemain, il a évoqué l’achat de pétrole en Algérie, afin d’approvisionner le Québec.

S'il est vrai que le Québec comptait énormément sur le pétrole algérien il y a plusieurs années, ce n'est plus le cas. Le chef conservateur ne peut donc mettre de l'avant l'argument de l'achat du pétrole du Maghreb ou du Moyen-Orient pour justifier l'installation d'un pipeline au Québec.

Notre dossier Élections Canada 2019

Un pétrole venant essentiellement du Canada et des États-Unis

Que disent les chiffres? Dans quels pays le Québec s’approvisionne-t-il en pétrole brut?

Depuis 2015, la part des approvisionnements en pétrole canadien et américain a considérablement augmenté au Québec, tel que l’explique un rapport réalisé par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal qui se base sur des données de Statistique Canada de la fin de l’année 2018.

Cette évolution s’explique par les modifications de la ligne 9B d’Enbridge, qui facilitent le transport du pétrole provenant de l’Ouest canadien, mais aussi par le boom du pétrole de schiste aux États-Unis, détaille cette étude.

L’année dernière (les données comptabilisent uniquement les six premiers mois), la part du pétrole canadien au Québec était de 54 %, contre 40 % pour le pétrole américain. Ces chiffres confirment que la province s’approvisionne donc principalement en Amérique du Nord. Les 6 % restants proviennent de l’Algérie.

Par le passé, ces ratios étaient cependant bien différents. En 2012, par exemple, moins d’un dixième seulement du pétrole utilisé au Québec venait du Canada et des États-Unis.

Cette même année, plus du tiers de cette ressource provenait de l’Algérie, mais aussi, d’une manière significative, du Kazakhstan, de l’Angola ou encore de la Norvège. Le Royaume-Uni a également eu des parts de marché importantes dans les dernières décennies.

Fait intéressant : il y a bien une province canadienne qui importe du pétrole provenant d’Arabie saoudite, l’un des plus importants producteurs du monde. Il s’agit du Nouveau-Brunswick, qui s'approvisionne principalement dans ce pays du Moyen-Orient.

Dans l’ensemble du Canada, toutes provinces confondues, on retrouve du pétrole provenant, là encore dans une très large majorité, des États-Unis (environ 65 % des importations en 2018). L’Arabie saoudite (18 %), l’Azerbaïdjan (5 %), la Norvège (3 %) et le Nigeria (2%) fournissent eux aussi du pétrole au Canada.

À noter que les raffineries n’ont aucune obligation légale de s’approvisionner au Canada. [Elles] ont des contrats d’approvisionnement en pétrole brut à court terme, ce qui leur permet de se tourner rapidement vers les sources les moins dispendieuses, précise ce rapport.

Avec la collaboration de Nathalie Lemieux

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