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La Ligue des Noirs pense que Justin Trudeau ne devrait pas avoir à s’excuser

Le reportage de Louis-Philippe Ouimet

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

La Ligue des Noirs du Québec estime que les personnes qui critiquent le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, pour les images passées où on le voit en « brownface « nagent dans un bassin d’hypocrisie, car ils n’ont rien fait pour promouvoir l’intérêt de la communauté noire et culturelle ».

Le groupe de défense des droits de la communauté noire croit que le chef libéral ne devrait même pas avoir à répondre aux questions ou encore à s’excuser.

La Ligue juge que le chef libéral démontre sa sensibilité pour les peines de toutes les communautés.

C'est une tempête dans un verre d'eau, tranche Dan Philip, président de la Ligue des Noirs. Parce que dans plusieurs cas, nous voyons que les gens utilisent le « blackface » pour, dit-on, donner une certaine perspective.

Selon M. Philip, que M. Trudeau ait été professeur à l'époque des faits signifie que son déguisement tenait davantage du jeu. Cela ne signifie pas qu'il était raciste, précise-t-il.

Toujours au dire du président de la Ligue des Noirs, Justin Trudeau s'est impliqué pour tenter de régler les difficultés auxquelles font face « les différentes communautés ».

Si vous regardez son Cabinet, vous constatez qu'il a toutes sortes de gens de différentes couleurs [de peau], qu'il n'a jamais eu de problème avec ça. Les leaders qui critiquent M. Trudeau le font véritablement pour obtenir un avantage politique.

Dan Philip, président de la Ligue des Noirs

Ces mêmes leaders, poursuit M. Philip, n'ont aucun intérêt envers la communauté, ne veulent pas aider la communauté, et font preuve d'une hypocrisie criante.

Le président de la Ligue juge par ailleurs que l'affaire n'aura aucun impact sur les intentions de vote et qu'elle disparaîtra des écrans radars médiatiques.

Son de cloche similaire de la part de Michael Farkas, président de la Table ronde du mois de l'histoire des Noirs. Selon lui, c'est une étrange façon d'entrer dans la campagne électorale, avec cet incident qui s'est passé dans un party privé en 2001.

Je ne pense pas que ce soit un enjeu assez important pour qu'on le relève, comme on est en train de le faire.

Michael Farkas, président de la Table ronde du mois de l'histoire des Noirs

Sur les ondes d'ICI RDI, M. Farkas a estimé que « si Justin Trudeau juge nécessaire de présenter des excuses, comme il l'a fait », il y a toutefois « bien d'autres enjeux » liés aux communautés culturelles, notamment « les incidents survenus dans la grande région de Toronto ».

Je dirais même que c'est l'un des gouvernements, ou le gouvernement, qui a fait le plus de choses pour les Noirs, en mettant à notre disposition un soutien financier, une écoute, et des ressources pour améliorer notre sort, a-t-il ajouté.

Rappeler l'inacceptable

Aux yeux de Will Prosper, documentariste et militant pour les droits civils, les photos et les vidéos de Justin Trudeau « ont rappelé des gestes qui étaient inacceptables, à l'époque ».

Ça m'a rappelé que cette personne-là, qui est le fils d'un premier ministre et qui est censé savoir ce qu'est la diplomatie internationale, s'est peinturé le visage en noir sans s'interroger à propos de l'impact [de ce geste] sur les communautés. Encore pire, c'était un enseignant! C'était une personne en position d'autorité... Je n'imagine pas l'impact sur ses élèves, encore aujourd'hui, a-t-il ajouté.

Comme M. Philip avant lui, M. Prosper reconnaît cependant que le premier ministre sortant a milité en faveur de la diversité, ce qui pourrait faciliter l'acceptation de ces faits, croit le documentariste.

Ainsi, avant de pardonner ses gestes au premier ministre, M. Prosper attend de voir quelles seront les actions de Justin Trudeau.

Ce n'est pas une question de se plaindre, c'est une question de rendre cet endroit plus agréable à vivre pour tout le monde.

Will Prosper

Le comédien Angelo Cadet, de son côté, estime que « les gens dégainent peut-être un peu vite » dans la foulée d'incidents de blackface, mais ces réactions « font partie du fait d'être un homme ou une femme de la société, de se poser des questions ».

Ça nous concerne tous, le « blackface ». [...] Ce sont de nouvelles attitudes, de nouveaux questionnements, ajoute le comédien, qui souligne la nécessité des discussions portant sur la différence et l'importance de « changer nos réflexes ».

Notre dossier Élections Canada 2019

Entrevues réalisées par Jean-Sébastien Cloutier, Christian Latreille et Louis-Philippe Ouimet

Politique fédérale

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