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Ugo Fredette s’est servi d’un enfant « hystérique » comme bouclier

Croquis de l'accusé Ugo Fredette.

Croquis de l'accusé Ugo Fredette.

Photo : Croquis fourni par la cour

Geneviève Garon

Ugo Fredette se serait servi d'un enfant en crise comme d'un bouclier alors que les policiers braquaient leurs armes sur lui, près de 24 heures après le début de sa cavale, le 15 septembre 2017.

Il avait très peur, il pleurait [...] il était hystérique, a témoigné l’agente Paméla Côté, de la Police provinciale de l’Ontario (PPO), au sujet de l’enfant qu’Ugo Fredette avait entraîné dans sa fuite.

La policière témoignait jeudi au procès de l’homme de 43 ans, qui aurait tué son ex-conjointe Véronique Barbe à Saint-Eustache, serait parti en cavale avec un enfant, pour ensuite tuer un automobiliste de 71 ans afin de voler son véhicule. Il a été repéré près de Renfrew, à l’ouest d’Ottawa, le lendemain, en pleine alerte Amber.

Une main gantée tient le poignet d'Ugo Fredette sur lequel on voit le tatouage.

Sur une photo prise peu après l'arrestation d'Ugo Fredette, on voit un tatouage avec le prénom « Véronique » sur son poignet.

Photo : Cassandra Choquette

Après avoir roulé sur un tapis à clous, Ugo Fredette a terminé sa course sur le terrain boisé d’une résidence.

Paméla Côté et son partenaire sont arrivés face à Ugo Fredette, qui tenait un enfant par la nuque. Il l’avait devant lui et l’utilisait comme bouclier, a affirmé la policière. Il avait un bâton dans sa main droite qu’il tendait vers l’enfant au niveau de sa poitrine ou de son cou. Ugo Fredette aurait fait un geste semblable à celui de poignarder. Il criait aux policiers de lui tirer dessus, derrière le garçon qui semblait terrifié.

L'un des policiers a dégainé son pistolet à impulsion électrique et l’a déchargé en direction de Fredette, ce qui a permis à Paméla Côté de secourir l’enfant. J’ai couru vers lui et je l’ai arraché de son emprise.

Une fois à l’écart, le garçon semblait sous le choc et continuait de sangloter. La propriétaire du terrain où l’arrestation a eu lieu lui a donné un « popsicle » pour le réconforter.

Des photos prises à l’hôpital peu après montrent qu’il avait des rougeurs à la nuque, compatibles avec la façon dont il était empoigné par l’accusé, selon la policière.

Un bouclier?

En contre-interrogatoire, la défense a remis en question qu’Ugo Fredette se soit servi de l’enfant comme d’un bouclier en soulignant que le petit arrivait à la hauteur de sa taille, laissant sa tête et son abdomen à découvert.

La Défense a aussi insisté sur le fait que Paméla Côté n’avait pas vu le bâton sur la gorge du garçon.

Fredette aurait tenté de se suicider

Ugo Fredette s’est infligé de graves blessures dans sa cellule en tentant de s’enlever la vie au lendemain de son arrestation. C’est ce qui a été avancé par la défense lors du contre-interrogatoire du policier Maxime Leblanc, de la Sûreté du Québec. Ce dernier se trouvait au poste de police de Renfrew afin de reconduire l’accusé au Québec lorsqu’il a vu le prisonnier se blesser sur un moniteur de surveillance.

Quelques heures auparavant, le policier avait procédé à l’interrogatoire de Fredette. « Il semblait bien orienté, a témoigné Maxime Leblanc. Il comprenait ce qui se passait, où on était et les raisons pour lesquelles il était devant moi. »

Le procès se poursuit vendredi avec les témoignages de deux biologistes, les derniers témoins de la Couronne.

Grand Montréal

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