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« Brownface » de Trudeau : des « erreurs de jugement », disent des élus québécois

Le reportage de Philippe Leblanc

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Joëlle Girard

Les images de « brownface » qui plombent la campagne électorale de Justin Trudeau depuis mercredi soir ont trouvé un écho à l’Assemblée nationale du Québec jeudi matin, où plusieurs élus ont évoqué des « erreurs de jugement », mais sans affirmer que le premier ministre sortant était raciste.

Les réactions vibraient presque à l’unisson à Québec au lendemain du dévoilement, par le magazine Time, de photos de Justin Trudeau maquillé en brun lors d’une fête costumée tenue en 2001 sous le thème des « Mille et une nuits ». Une vidéo datant des années 90 a aussi fait surface. On y voit le chef libéral arborant le même type de maquillage.

Questionné sur cette controverse qui secoue la campagne électorale fédérale, le premier ministre François Legault a dit comprendre la réaction que les photos ont pu susciter, mais sans retourner le fer dans la plaie.

Ce n’est sûrement pas idéal, et je peux comprendre que certaines personnes soient choquées, mais il s’est excusé. Donc, je pense qu’on doit passer à autre chose.

François Legault, premier ministre du Québec

C’est arrivé il y a 20 ans. C’était peut-être différent à l’époque, mais je peux comprendre que c’est choquant quand même de voir une photo aujourd’hui. Je pense qu’aujourd’hui, c’est vraiment inacceptable, a-t-il ajouté.

Plus tôt, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a accueilli les excuses formulées par Justin Trudeau mercredi soir.

J'ai été déçu qu'un élu qui veut être premier ministre ait eu ce comportement-là, mais disons qu'il s'est excusé par la suite. On peut passer à autre chose, a-t-il dit, avant d’entrer au caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

C’est un total manque de jugement. Il s’est excusé, mais on s’attendrait à beaucoup plus d’un élu, a renchéri sa collègue Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie.

Pour Pascal Bérubé, chef parlementaire par intérim du Parti québécois, il y a bel et bien un malaise, mais il ne croit pas que cette histoire fait de Justin Trudeau quelqu'un de raciste.

C’est une erreur de jugement parce que sa vie témoigne justement de la lutte contre le racisme. Je pense qu’on peut être des adversaires politiques et reconnaître qu’il n’y a aucune raison de croire qu’il l’est, je le crois là-dessus.

Pascal Bérubé, chef parlementaire par intérim du Parti québécois

Du côté des libéraux, le député de Viau, Frantz Benjamin, reconnaît que certains ont pu se sentir blessés par les images, mais il semble également prêt à passer l’éponge. Il s’est excusé, et je crois que ses excuses sont sincères. Je constate aussi que Monsieur Trudeau, au cours de son mandat, a travaillé à unir les Canadiens plutôt que les diviser.

Une opinion que partage sa collègue dans Saint-Laurent, Marwah Rizqy. Monsieur Trudeau, hier, évidemment, s’est excusé et a admis qu’il a fait une erreur de jugement, a-t-elle simplement rappelé.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le son de cloche est similaire du côté de Québec solidaire. C’est certainement incohérent. C’est certainement en effet des erreurs de jugement, des erreurs de sensibilité, il n’y a aucun doute là-dessus, a concédé Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole du parti.

C’est une erreur de jugement de la part de monsieur Trudeau, ça, c’est un fait, a ajouté sa collègue solidaire Ruba Ghazal. Il l’a reconnu, et il s’est excusé. Je laisse les gens qui ont été blessés par ce geste-là, qui a été répété plusieurs fois, en juger.

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