•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le « brownface » de Justin Trudeau : « Une tempête dans un verre d’eau », selon des Winnipégois

Jean-Louis Péhé, vice-président de l'Amicale de la francophonie manitobaine.

Photo : Radio-Canada / Laïssa Pamou

Chloé Dioré de Périgny

Si la diffusion de photos montrant le chef libéral le visage maquillé en brun, il y a plus de 18 ans, fait beaucoup parler actuellement, des Winnipégois s’accordent à dire que des problèmes plus urgents devraient être mis en avant pendant cette campagne électorale fédérale.

Jean-Louis Péhé, membre de l’Amicale de la francophonie multiculturelle du Manitoba, estime que le fait que cette photo a été mise au grand jour pendant la campagne électorale est une « une tempête dans un verre d’eau ».

Il ne faut pas en faire une exploitation politique, il faut mettre en avant les vrais enjeux, lance-t-il.

L'accès à l'eau pour les Premières Nations, l'interdiction de porter des signes religieux pour les employés de l'État imposée par la loi sur la laïcité au Québec, l'itinérance, bien des sujets plus importants retiennent peu l’attention, selon Shahina Siddiquila, la directrice de l'Islamic Social Services Association.

C’est de ça que je veux entendre parler les politiciens, pas de ces scandales ridicules, affirme-t-elle.

Mercredi, une photo du chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, le visage et les mains maquillés en brun et portant un turban et une tunique, a été publiée dans le magazine américain Time.

La photo a été prise en 2001 durant une fête costumée sur le thème « Les mille et une nuits », à l’école privée West Point Grey Academy, de Vancouver, où Justin Trudeau enseignait.

Moi aussi, l'année dernière, j'étais déguisé en pape pour une cérémonie de l’école et je ne pense pas avoir heurté la communauté catholique.

Jean-Louis Péhé, membre de l'Amicale de la francophonie multiculturelle du Manitoba

Jean-Louis Péhé, qui est également enseignant à l’école Sir William Osler School, considère que le contexte dans lequel la photo a été prise change la donne.

Oui, il y a des hommes politiques racistes au Canada, mais je ne pense pas que cette photo devrait soulever autant de passion, surtout dans le cadre d’une école, dit-il.

On pourrait accuser Trudeau de x ou y, d’avoir agi de façon illégale, si ç'avait été des propos [racistes] ou si [le fait de se déguiser] avait été fait de façon intentionnelle pour choquer dans un endroit particulier, ajoute M. Péhé.

Les participants d'une fête costumée.

Justin Trudeau avait 29 ans lorsque cette photo a été prise.

Photo : TIME Magazine

Justin Trudeau s'est s’excusé « profondément » pour ses actions mercredi.

C’est un sujet sensible, répond à cela le Winnipégois Todd Gunnarsson. Les mots ne veulent rien dire, c’est les actions qui importent.

Eun-bi Kang, elle aussi de Winnipeg, trouve de son côté que les excuses du premier ministre sont acceptables.

Elle dit ne pas vouloir donner trop d’importance à ce scandale, même si elle se souviendra de la photo.

Dans le vieux quartier de la Bourse de Winnipeg où il s’est rendu en après-midi, Justin Trudeau a circulé entouré des candidats du Parti libéral parmi lesquels Robert-Falcon Ouellette, Daniel Vandal et Jim Carr.

Sur place, des partisans ont indiqué qu’ils acceptaient les excuses du chef libéral, sans diminuer la gravité des gestes qui lui sont reprochés. Il a été honnête, commente une partisane. Les gens commettent des erreurs, il assume les siennes.

Ce sentiment est partagé par le candidat libéral de Winnipeg-Centre. Nous sommes des adultes imparfaits, mais nos enfants pourront faire mieux, espère Robert-Falcon Ouellette. C’est à nous de faire leur éducation, leur parler dans les écoles et s’assurer qu’ils feront grandir la société.

« J’ai toujours bénéficié de privilèges, a admis Justin Trudeau en point de presse. En grandissant, je ne comprenais pas la réalité de ceux qui font face à cette discrimination à tous les jours, et je suis profondément désolé. Nous devons faire mieux en tant que pays, et moi comme premier ministre, je dois faire mieux. »

Avec les informations de Erin Brohman et de Holly Caruk

Notre dossier Élections Canada 2019

Manitoba

Politique