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Une exposition d’Anne Théberge en collaboration avec des personnes handicapées visuelles

Une peinture sur toile.

Anne Théberge a peint des oeuvres inspirées de son expérience lors d'ateliers de peintures avec des personnes non voyantes et mal voyantes.

Photo : Radio-Canada / Peinture d'Anne Théberge/Marc-Olivier Thibault

Marc-Olivier Thibault

L’artiste peintre rouynorandienne Anne Théberge organise une exposition de peinture réalisée avec des membres de l’Association pour personnes handicapées visuelles de l’Abitibi-Témiscamingue.

Le corpus d’œuvres présentées comprend plusieurs toiles de grand format issues d’une résidence d’artiste longue de trois mois. L'exposition se tient à l’Écart lieu d’art actuel de Rouyn-Noranda jusqu'au 5 octobre prochain.

La première étape a été de rencontrer les cinq participants, membres de l’Association. Parmi ceux-ci, on retrouve des personnes non voyantes de naissance et des personnes malvoyantes.

Une peinture sur toile.

Anne Théberge a voulu créer des oeuvres sans référents visuels.

Photo : Radio-Canada / Peinture d'Anne Théberge/Marc-Olivier Thibault

Ainsi, lors de trois après-midis d’initiation à la peinture, Anne Théberge a observé leurs gestes. Elle a aussi pris des notes et a questionné les participants sur leur expérience.

La liberté, c’est dur pour tout le monde.

L'artiste Anne Théberge

Lors de nos premières rencontres, nous avons discuté de toutes sortes de choses, dont comment ils vivent dans un monde de "visuels", raconte Anne Théberge. Est-ce que les couleurs ont un impact dans leur vie? Est-ce que, quand ils entendent le mot “rouge”, ça a un effet sur eux ou pas du tout? Donc au départ, ça a été une discussion, et ensuite on a fait de la peinture.

Première constatation de l'artiste : les participants aux ateliers avaient un désir de peindre avec une forme d’esthétisme, bien qu’ils n’aient pas la chance, ou très peu, de voir le résultat de leur initiation.

Je pensais en fait que ces personnes-là, qui ne voient pas ou voient peu, qu’elles seraient plus enclines à la liberté et pourraient se lancer dans les gestes, indique Anne Théberge. Ça n’a pas été le cas. La liberté, c’est dur pour tout le monde. Puis j’ai remarqué aussi qu’ils cherchaient à faire des choses avec une réelle représentation visuelle. Ils cherchaient aussi l’esthétisme… "Est-ce que c’est beau?”

Peindre une expérience

Une fois les ateliers terminés, elle s’est mise au travail d’appliquer ses observations dans sa propre démarche artistique.

Par ailleurs, il était hors de question pour l’artiste de se bander les yeux et de « jouer à la personne non-voyante ».

Toutefois, Anne Théberge a vécu un conflit intérieur important pendant la création. Elle voulait appliquer son expérience issue des ateliers avec les personnes non voyantes, mais elle devait en quelque sorte combattre avec son cerveau, qui lui dictait d'appliquer son expérience académique d’artiste en arts visuels.

J’ai essayé de ne pas m’accrocher à des référents visuels ou d'essayer qu’il y ait des formes particulières à quoi s’accrocher, explique-t-elle. Mais l’oeil humain s’accroche à ça, les gens qui les regardent me disent qu’ils voient une fleur ou alouette.

De façon générale, les participants aux ateliers ont vécu l’expérience de façon positive. Certains ont même manifesté à leur enseignante-peintre le désir de suivre des cours de peinture sur une base régulière.

Abitibi–Témiscamingue

Arts visuels