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Opioïdes : Purdue Pharma demande à la justice d'arrêter les poursuites contre les Sackler

Des pilules sur une table

Pendant que les procureurs généraux des États-Unis débattent d'un règlement juridique avec Purdue Pharma, l'épidémie d'opioïdes associée à l'analgésique OxyContin, un produit vedette de l'entreprise, fait rage.

Photo : Associated Press / Keith Srakocic

Radio-Canada

Purdue Pharma a demandé mercredi à un juge du tribunal fédéral des faillites de New York de mettre fin à toutes les poursuites contre la société et ses anciens administrateurs, y compris les membres de la famille Sackler, qui est propriétaire de la société.

Devenu l'ennemi numéro 1 dans la crise des opioïdes aux États-Unis, le fabricant d'OxyContin a aussi demandé au juge Robert Drain de suspendre pendant environ neuf mois plus de 2600 poursuites judiciaires alléguant que l'entreprise et la famille Sackler ont contribué à alimenter la crise des opioïdes.

Purdue s'est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine des faillites, dimanche, après avoir conclu une entente estimée à plus de 10 milliards de dollars avec les États et les administrations locales qui sont à l'origine de la majorité des poursuites. Ils allèguent que l'entreprise a commercialisé de façon trompeuse des opioïdes en exagérant les avantages et en minimisant les risques.

L’entreprise a été accusée d'avoir contribué à cette crise de santé publique marquée par près de 400 000 décès par surdose entre 1999 et 2017, selon les dernières données américaines. Purdue et les Sackler ont nié être responsables de la crise des opioïdes.

La demande de mercredi est la norme pour une entreprise qui a déposé son bilan. Mais cela pourrait devenir délicat lorsqu'il s'agit des membres de la famille Sackler, qui sont propriétaires de l'entreprise et qui ont siégé au conseil d'administration et à la direction.

Lors de sa comparution en cour, mercredi, l’entreprise a déclaré que la fin des poursuites lui ferait économiser de l'argent qui, autrement, serait drainé par de longues batailles juridiques. Purdue dépense plus de 5 millions de dollars par semaine en honoraires juridiques et professionnels et autres dépenses connexes, a indiqué la société dans des documents judiciaires.

La procureure générale du Massachusetts, Maura Healey, qui poursuit l'entreprise et les membres de la famille Sackler, a indiqué qu'elle s'opposerait à la demande de Purdue.

Ce dépôt n’est pas une surprise. C’est encore un effort de Purdue pour éviter de rendre des comptes et pour protéger la fortune de la famille Sackler, a déclaré Mme Healey par communiqué.

La procureure générale de New York a également déclaré qu'elle s'opposerait à la demande de Purdue.

L’entreprise a de son côté indiqué que sa demande n'est pas motivée par le désir de bénéficier ou de protéger qui que ce soit, y compris les membres de la famille Sackler. Elle avance plutôt que si les poursuites contre la famille vont de l’avant, cela entravera l’entente. Le traitement des poursuites contre la famille prendrait du temps et de l'attention qui n’iraient pas à régler l’entente, peut-on lire dans les documents de cour.

Une entente qui divise

L’entente estimée à plus de 10 milliards prévoit que la famille Sackler remette l'entreprise à des fiduciaires, qui en assureront la gestion, puis que les profits soient versés dans l’entente.

La famille vendrait également ses sociétés pharmaceutiques internationales et verserait entre 3 et 4,5 milliards de dollars au cours des prochaines années, en fonction du prix de vente. Dans l'ensemble, l’entente pourrait valoir jusqu'à 12 milliards, bien que les détracteurs croient qu'elle sera loin d'atteindre ce montant.

Vingt-quatre États n'ont pas entériné l'entente. Les procureurs généraux de nombreux États disent qu'ils ne veulent pas renoncer à leurs réclamations contre les membres de la famille Sackler, comme cela serait nécessaire pour un règlement.

Mais 24 autres États sont d'accord, tout comme les avocats qui siègent à un comité représentant les gouvernements locaux et tribaux ainsi que les syndicats, les hôpitaux et d'autres parties poursuivant l'entreprise.

L'accord ne s'applique pas au Kentucky et à l'Oklahoma, qui ont conclu leurs propres accords avec Purdue.

Avec les informations de Reuters, et Associated Press

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