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L'écart salarial se creuse entre les immigrants et les autres Canadiens

Une femme prend des notes dans un bureau.

Les employés issus de l'immigration gagnent en moyenne un salaire 10 % moindre que celui de leurs collègues canadiens.

Photo : iStock

Radio-Canada

Pour le même emploi, un immigrant gagne en moyenne un salaire 10 % moindre que celui de son collègue canadien, montre une étude de la Banque Royale, qui juge que le pays perd ainsi près de 50 milliards de dollars.

L’étude, publiée mercredi, précise que l’écart de rémunération entre les immigrants et les Canadiens « de souche » s’est creusé au cours des trente dernières années, et ce, malgré le fait que le Canada sélectionne de plus en plus d'immigrants qualifiés.

Malgré que l’immigration concerne plus souvent ceux qui sont les plus qualifiés et éduqués, les immigrants ne sont pas encore entièrement récompensés par le marché du travail pour les caractéristiques qui leur ont permis d’entrer au pays, souligne l’étude de la Banque Royale.

C’est un avertissement pour un des pays du G7 qui a déjà l’une des plus hautes proportions d’immigrants par rapport à sa population totale.

Ces écarts salariaux se creusent particulièrement dans les provinces de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba.

Et le poids de ces écarts est particulièrement important pour l’économie canadienne : selon la Banque Royale, régler ce problème ferait gagner 2,5 % au produit intérieur brut canadien, soit près de 50 milliards de dollars.

Il faut travailler à régler ces enjeux-là. C'est une question de richesse collective, de prospérité collective, juge Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec. Il y a plusieurs parties prenantes qui sont responsables de ça. Ça peut être un ordre professionnel, un système éducatif, ça peut être le système d'immigration lui-même, ça peut être aussi les employeurs.

Arriver jeune améliore sa situation

Le rapport de la banque prend d’ailleurs le soin de préciser que la tendance des immigrants à accepter des emplois sous-payés n’expliquerait pas entièrement la situation, puisque ces cas ne représentent que 40 % de l’écart de rémunération.

La Banque Royale souligne également que cette situation touche très peu les personnes arrivées au pays à un très jeune âge, puisqu’elles ont pu prendre le temps de bien comprendre le fonctionnement du marché du travail canadien.

Les auteurs du rapport considèrent qu'il faut aider les employeurs canadiens à mieux évaluer les compétences et l’expérience professionnelle des immigrants.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, estime que la barrière linguistique peut aussi être une cause du problème.

Pour devenir un cadre dans une organisation, souvent, il faut avoir un français plus élaboré, pour être capable de faire des rapports, des évaluations, des présentations, explique-t-il.

Seul domaine où les immigrants tendent à gagner un peu plus que les Canadiens d’origine : les sciences naturelles et appliquées.

Avec les informations de Myriam Fimbry

Emploi

Économie