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Orignaux : une biologiste veut prouver l’effet cumulatif des perturbations humaines

Elle sourit à la caméra alors qu'elle est en forêt.

Éliane Grant, biologiste de la nation crie de Waswanipi (archives)

Photo : Chantal Piché

Thomas Deshaies

Une étudiante à la maîtrise à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Éliane Grant, a présenté mercredi lors d’un dîner-conférence autochtone son projet de recherche qui portera notamment sur l’impact des perturbations humaines cumulatives sur la santé de l’orignal.

Selon l’étudiante, qui est aussi biologiste pour le conseil de la nation crie de Waswanipi, le suivi effectué par le gouvernement du Québec sur la situation des orignaux occulterait certains aspects importants.

Éliane Grant a expliqué lors d’un dîner-conférence autochtone de l’UQAT que le ministère de la Faune du Québec se basait essentiellement sur des inventaires aériens et le nombre de bêtes abattues par les chasseurs pour déterminer l’état des cheptels.

Grâce à son projet de recherche, elle espère trouver une méthode efficace pour déterminer avec plus de précision l’état de santé des bêtes. C’est une méthode pour mesurer l’état de santé de l’orignal. Pas compter seulement combien il en reste, mais si ceux qui restent sont en santé oui ou non, explique Mme Grant.

Le stress, comme indicateur

Elle procédera à des prélèvements de poils afin de mesurer le taux de cortisol, soit l’hormone du stress. Une présence trop grande de cortisol peut avoir un impact sur la santé des orignaux, explique-t-elle.

L’impact des nombreuses activités humaines sur l’habitat des orignaux, comme la coupe forestière et les routes, pourrait accroître le niveau de stress des bêtes. Si je suis capable de prouver le lien entre le stress, la santé et les perturbations, ça peut être une méthode qui pourrait éventuellement être utilisée, souligne-t-elle.

Son projet de recherche intégrera les savoirs traditionnels autochtones. Des savoirs trop souvent écartés par les instances gouvernementales, croit-elle.Il y a beaucoup de perturbations chez nous, au niveau de nos territoires de chasse, et nos interventions ne sont pas retenues [par le gouvernement], explique-t-elle. Je siège notamment sur le comité de la stratégie de la protection du caribou. Le savoir traditionnel n’est pas non plus retenu.

Elle a rappelé que les travaux de certains chercheurs ont prouvé scientifiquement la pertinence des savoirs traditionnels et qu’elle n’a donc pas à la démontrer de nouveau pour sa recherche.

Abitibi–Témiscamingue

Faune et flore