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Le baseball professionnel à 17 ans, le défi de Jean-Christophe Masson

Vêtu d'un chandail des Blue Jays, Jean-Christophe Masson s'apprête à lancer une balle au Stade Canac.

À 17 ans, le Lévisien Jean-Christophe Masson fait déjà ses débuts dans le baseball professionnel.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Guillaume Piedboeuf

Il y a quatre mois, Jean-Christophe Masson était encore étudiant du secondaire et membre du programme sport-études des Canonniers de Québec. Aujourd’hui, il est joueur de baseball professionnel, de retour de séjours en Floride et en République dominicaine.

C’est sûr que c’est spécial. Je ne me suis jamais dit en 1re secondaire, quand je frappais dans la cage au stade Canac, que dans cinq ans j’allais être avec les Blue Jays, avoue le voltigeur de Lévis.

Après un mois au complexe d’entraînement des Jays, à Dunedin, en Floride, l’équipe l’a envoyé jouer quelques matchs en République dominicaine au mois d’août. Profitant maintenant d'un court congé à Québec, Jean-Christophe Masson commence à peine à s’habituer à sa nouvelle vie.

Ç'a été un petit peu un choc au début, surtout en République dominicaine où c’est vraiment une autre culture, mais je suis un gars assez terre à terre. Je suis embarqué dans le bain assez vite et je tripe de voir à quel point le milieu professionnel, c’est sur la coche.

Plus jeune joueur repêché dans les Ligues majeures

Début juin, le jeune alors âgé de 16 ans et 9 mois était dans l’autobus entre Montréal et Québec, de retour d’un tournoi avec l’Académie de baseball du Canada, lorsque les Blue Jays de Toronto ont fait de lui le plus jeune joueur jamais repêché dans les Ligues majeures de baseball (MLB).

Je ne m’attendais vraiment pas à ça. À un moment donné, on était sur nos téléphones à suivre le repêchage et j’ai vu mon nom apparaître. J'ai fait : "Hein, c’est moi ça". Puis, on s’est mis à crier.

Comme les Québécois finissent leur secondaire plus tôt que le reste des Nord-Américains, ils sont admissibles plus jeunes au repêchage. Jean-Christophe Masson savait qu’il était possible qu’il soit repêché.

Mais de là à faire le saut chez les professionnels comme adolescent, c’est une autre histoire.

C’est que signer un contrat avec les Jays signifiait faire une croix sur une bourse d’études de l’Université du Missouri.

Une décision réfléchie

Ça m’a trotté dans la tête pendant un mois avant de signer. Il y avait des pour et des contre aux deux options. La vie dans les ligues mineures, c’est difficile. J’en suis conscient, explique le voltigeur de 1,91 m (6 pi 3 po) et 86 kg (190 lbs).

Mais quand les Blue Jays lui ont offert un boni à la signature de 300 000 $, normalement réservé aux joueurs repêchés au sixième tour, et la garantie de payer ses études universitaires une fois qu’il aura terminé avec le baseball, la décision est devenue plus facile.

C’était quand même stressant pour ma mère de me laisser partir à 16 ans dans un tout nouveau monde. Mais mes parents m’ont vraiment supporté, raconte-t-il.

La longue route vers les majeurs

Quelques mois après avoir commencé sa carrière professionnelle, Jean-Christophe Masson est heureux de sa décision. Les Jays, estime-t-il, vont lui donner le temps de se développer à son rythme.

En ce moment, les entraîneurs sont plus patients avec moi qu'avec les joueurs qui arrivent de l’université. Ils savent qu’ils ont du temps pour travailler avec moi et m’aider à devenir le joueur qu’ils veulent.

Le voltigeur part pour le camp des recrues des Jays dimanche, mais il sera ensuite de retour à Québec pour plusieurs mois. Il s’entraînera avec un autre espoir du baseball majeur de la région, Édouard Julien, en vue de sa première saison complète chez les pros.

La route pour se rendre en haut, c’est extrêmement long et difficile. Je le sais, explique celui qui s’attend à passer au minimum cinq ou six saisons dans les mineurs.

Mais son rêve est en vie et les récents succès d’un Québécois comme Abraham Toro avec les Astros de Houston ne peuvent que l’alimenter.

Je vais vivre au jour le jour en essayant de m’améliorer. Tout ce que je peux faire, c’est travailler fort pour peut-être, un jour, avoir la chance de jouer dans les Majeures.

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