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Elizabeth May croit à une grande coalition contre la crise climatique

Entrevue avec Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada

Photo : Radio-Canada

Hugo Prévost

Elizabeth May reconnaît d'emblée qu'il y a très peu de chances qu'elle prenne le pouvoir, le 21 octobre. La chef du Parti vert souhaite plutôt sortir du cadre électoral et politique traditionnel pour proposer une idée jamais ressurgie à Ottawa depuis 1917 : un gouvernement d'union nationale.

Mais lointaine est l'époque de Robert Borden et de la Première Guerre mondiale. Cette fois, la coalition gouvernementale qui résulterait d'une telle alliance servirait à s'attaquer à la crise climatique qui menace l'ensemble de la planète.

Je suis absolument prête à travailler avec les députés des autres partis; nous sommes dans une situation d'urgence climatique, a ainsi déclaré Mme May, en entrevue avec Patrice Roy, sur les ondes d'ICI RDI.

On doit adopter une autre façon de travailler. J'ai demandé aux autres chefs de travailler avec nous dans un Cabinet national pour s'attaquer aux changements climatiques, a-t-elle ajouté.

Mardi, le parti dévoilait une plateforme résolument pro-environnement, où l'on s'engageait entre autres à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 60 % par rapport à leur niveau de 2005 dès 2030, et à les éliminer entièrement d'ici 2050.

Cela inclut le refus de tout projet d'extraction de pétrole, de gaz ou de charbon, l'annulation du projet de pipeline Trans Mountain, ainsi que l'élimination de toutes les subventions à l'industrie des combustibles fossiles.

La formation progressiste veut également accélérer la transition vers les transports verts, y compris en interdisant la vente de voitures à essence dès 2030.

Est-il illusoire de vouloir se débarrasser du pétrole en 10 ans à peine? Au contraire, soutient Mme May, qui martèle qu'il faut suivre l'avis du GIEC [Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat], un regroupement de scientifiques mandatés par l'ONU qui recommande justement, dans ses nombreux rapports, de rendre la civilisation humaine « carboneutre », soit de mettre fin à toutes les émissions de GES d'ici 2050 pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius.

Agir autrement, plaident les chercheurs, entraînerait un réchauffement planétaire catastrophique qui pourrait sonner le glas de l'humanité.

Nous n'avons qu'une seule chance [de nous attaquer à la crise climatique], a soutenu à plusieurs reprises Mme May en entrevue.

Et pourquoi, justement, privilégier la voie d'une coalition gouvernementale? Pour la chef des verts, la partisanerie est l'un des principaux obstacles aux gestes posés pour contrer les impacts des changements climatiques.

Mon but n'est pas de prendre le pouvoir, que ce soit pour moi spécifiquement ou pour mon parti. Mon seul but, c'est de protéger nos enfants et petits-enfants, de protéger notre avenir.

Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada
Notre dossier Élections Canada 2019

Un plan ambitieux

Même s'il s'est donné comme objectif de réduire les émissions de GES de 60 % d'ici 2030, le Parti vert devra nécessairement continuer de s'appuyer sur les combustibles fossiles pendant cette transition d'une dizaine d'années.

À cet effet, Mme May pense bel et bien qu'il est possible de ne consommer que du pétrole et du gaz canadiens, plutôt que de se tourner vers des sources étrangères, comme le pétrole de la mer du Nord, ou encore celui des États-Unis.

La chef des verts avait d'ailleurs suscité l'étonnement en proposant de favoriser l'autonomie énergétique du pays, une vision davantage conforme au programme du chef conservateur Andrew Scheer.

Le plan du Parti vert consisterait cependant à protéger les travailleurs canadiens pendant une période de transition vers une économie verte, a fait savoir Mme May à ICI RDI.

Au début d'août, elle a répété qu'elle souhaitait entre autres financer des programmes de réorientation et d'apprentissage pour recentrer les compétences des travailleurs de l'industrie pétrolière et gazière, afin que ceux-ci puissent trouver un emploi dans le secteur des énergies vertes.

Nous allons parler directement avec les travailleurs qui ont peur de perdre leur emploi et leur montrer notre volonté de protéger leurs communautés, disait-elle à l'époque.

Ce qui manque encore au plan vert de Mme May, c'est le coût. Une telle transition vers les énergies vertes impliquerait une transformation en profondeur de l'économie canadienne. La chef des verts a assuré que les coûts associés à la plateforme électorale de son parti seront connus au cours des prochains jours.

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