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Une Britanno-Colombienne enfin admissible à l'aide médicale à mourir

Portrait de Julia Lamb de face.

Julia Lamb souffre de dystrophie musculaire spinale. Elle craint que la maladie génétique n'empire jusqu'à ce que la souffrance devienne intolérable.

Photo : Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique

Radio-Canada

Julia Lamb, une femme atteinte d'une maladie dégénérative et chronique vient d'apprendre qu'elle est désormais admissible à l'aide médicale à mourir, ce qui amène l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique à suspendre sa contestation de la loi fédérale.

Étant une personne qui souffre maintenant et souffrira progressivement à l'avenir, savoir que cela a une fin, et que je n'ai pas à l'endurer si je n'en peux plus, c'est indescriptible.

Julia Lamb

Âgée de 28 ans et souffrant d'une maladie dégénérative, l'amyotrophie spinale, elle tentait en vain d'obtenir le droit à l'aide médicale à mourir.

Depuis 2016, l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique conteste certaines dispositions de la loi fédérale sur l'aide médicale à mourir.

L'association soutenait que l'interprétation de la loi était trop restrictive. L'aide médicale à mourir est offerte aux personnes dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible, mais la définition de ce qui est raisonnablement prévisible était très limitée. Au moment où la contestation a été déposée, Mme Lamb ne répondait pas aux critères de ce qui était considéré comme raisonnablement prévisible.

Or, dans une expertise médicale préparée pour le gouvernement fédéral, la Dre Madeline Li mentionnait que Mme Lamb aurait droit à l'aide médicale à mourir si elle faisait la demande aujourd'hui. Ce faisant, elle a apporté des clarifications à l'interprétation de ce qui était raisonnablement prévisible.

Une bonne nouvelle pour « tous les Canadiens »

Grace Pastine, directrice du contentieux de l'association, estime que cette décision constitue une énorme victoire pour [sa] cliente et pour les nombreux Canadiens comme elle qui pourraient se retrouver dans une souffrance insupportable et sans fin prévisible.

C’est une bonne nouvelle pour tous les Canadiens, croit pour sa part Stephanie Green, la présidente de l'Association canadienne des prestataires de l'aide médicale à mourir.

Cela donne un sentiment de contrôle sur soi. On peut vivre sa vie comme on le souhaite. J'espère que les autres Canadiens qui souffrent auront aussi ce contrôle.

Julia Lamb

La preuve de l'experte du gouvernement apporte plus de clarté au personnel médical. Elle confirme que les Canadiens gravement malades et vivant des souffrances persistantes et intolérables ont le droit de mourir dans la dignité, même s'ils ne sont pas en fin de vie ou près de l'être, ou que leur mort n'est pas considérée comme prévisible.

Une définition aussi revue au Québec

Le 11 septembre, la juge Christine Baudouin, de la Cour supérieure du Québec, a invalidé certains critères d'admissibilité des lois fédérale et provinciale jugés trop restrictifs et discriminatoires.

Elle a ainsi invalidé le critère fédéral de mort naturelle raisonnablement prévisible et le critère québécois de ce qu'est une personne en fin de vie. Selon elle, ces critères sont inconstitutionnels, car ils privent des malades d'une mort digne et sereine .

La juge Baudouin a toutefois suspendu pendant six mois la déclaration d'invalidité de ces dispositions, le temps, pour les législateurs, d'apporter les modifications nécessaires. Entre-temps, les lois en place demeurent en vigueur.

L'association britanno-colombienne estime que, si Ottawa ne fait pas appel de ce jugement, le critère fédéral de « mort naturelle raisonnablement prévisible » ne constituera donc plus un obstacle au Québec dans six mois, le 11 mars 2020.

Avec les informations de Timothé Matte-Bergeron

Avec les informations de La Presse canadienne

Colombie-Britannique et Yukon

Aide médicale à mourir