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Que propose Annie McKitrick pour l'ACFA?

Annie McKitrick a des cheveux blancs et des mèches mauves. Elle est dans une rue avec son vélo.

Annie McKitrick veut continuer de défendre les deux causes qui lui tiennent le plus à coeur : la sécurité des cyclistes et la francophonie.

Photo : Radio-Canada / Manuel Carillos Avalos

Mirna Djukic

Annie McKitrick a laissé sa carrière politique derrière elle, mais pas son envie de se battre pour les causes francophones. L'ancienne députée est l'une des deux candidates à la présidence de l'Association canadienne-française de l'Alberta.

Annie McKitrick arrive en voiture hybride devant l’École Claudette-et-Denis-Tardif. Sa fidèle bicyclette, toujours prête pour une ballade improvisée, se trouve dans son coffre.

Depuis sa défaite aux élections provinciales, l’ancienne députée a tout le loisir de se consacrer à son passe-temps favori et à son nouveau rôle de coprésidente de la Coalition du cyclisme de l’Alberta. Il est cependant clair qu’elle est toujours dans son élément dans son ancienne circonscription de Sherwood Park, où certains élèves la reconnaissent et l’interpellent depuis la cour d’école.

Elle a voulu nous rencontrer ici, devant cet établissement francophone pour lequel la communauté s’est battue corps et âme. Elle y voit une réussite inspirante, mais aussi une lutte inachevée.

« Il n'y a déjà plus de place pour accueillir de nouveaux élèves et c'est une école temporaire. Je sais que les conseillers scolaires et les parents travaillent très dur pour avoir une école permanente », explique-t-elle.

C'est un symbole de tout ce qui la motive maintenant à briguer la présidence de l’ACFA.

Le communautaire plutôt que le politique

Élue sous la bannière néo-démocrate en 2015, Annie McKitrick a été secrétaire parlementaire de l'Éducation. Elle a aussi fait partie du gouvernement qui a adopté la première politique provinciale de l’Alberta en matière de francophonie.

Cette politique ne comportait cependant ni budget ni loi sur les services en français.

Après avoir perdu son siège au printemps dernier, Annie McKitrick ne se sentait pas prête à abandonner ses luttes. Elle pense que le milieu communautaire, dans lequel elle a déjà oeuvré, peut ouvrir certaines portes qui restent closes pour les politiciens.

« Souvent, on peut faire plus de travail [....] parce qu’on a une voix beaucoup plus forte, on peut démontrer [son] importance et travailler avec tous les partis politiques », croit-elle.

Comment voter?

Pour voter, il faut être devenu membre en règle de l’ACFA avant le 10 septembre dernier.

Il faut remplir un bulletin de vote et l’envoyer au secrétariat provincial de l’ACFA, par voie postale ou électronique. Seuls les bulletins reçus avant 23 h 59, le 15 octobre, seront valides.

Collaborer et se faire entendre

Avant tout, elle veut faire résonner les voix de toute la francophonie, surtout celles des groupes minoritaires, tels que les immigrants et les membres LGBTQ.

Elle désire aussi unir les forces de l’ACFA avec celles des associations des provinces voisines, afin de faire rayonner la francophonie de l’Ouest canadien.

« Je me suis souvent posé cette question : pourquoi on parle toujours des francophones de l’est du pays, mais pourquoi on ne connaît pas autant l’histoire et l’importance de nos francophones dans nos quatre provinces de l’Ouest? », raconte-t-elle.

Annie McKitrick, debout dehors, sourit à la caméra.

Si elle est élue, Annie McKitrick aimerait organiser une rencontre avec les présidents des associations francophones des autres provinces de l'Ouest.

Photo : Radio-Canada / Manuel Carillos Avalos

Elle précise cependant qu’elle n’a pas l’intention d’arriver à l’ACFA « avec une liste de choses à faire ». Le premier rôle d’une présidente, selon elle, est plutôt de se montrer à l’écoute de la communauté.

C’est avec cette attitude qu’elle espère éviter les divisions internes et les allégations d’intimidation qui talonnent le président actuel de l’ACFA, Marc Arnal.

« Je suis une personne qui arrive comme une page blanche », dit-elle. « J’ai dû souvent m’asseoir autour d’une table, avec des voix très très différentes [et ça va] me permettre, je crois, d’établir une présidence où on travaille en collaboration. »

Quant à la récente décision de vendre le journal Le Franco, elle dit ne pas disposer d'assez d'information pour savoir si c'est le bon choix. Elle souligne toutefois qu'il est important de s'assurer que tout le monde, y compris les dissidents, ait eu la chance de s'exprimer.

« Ces voix sont importantes à entendre et à respecter », croit-elle­.

Un combat pour conserver sa langue

Née en France, Annie McKitrick a passé une partie de son enfance aux États-Unis. Elle a étudié en écologie à l’Université McGill, à Montréal, ainsi qu’en gestion des affaires publiques à Victoria.

Elle a également travaillé avec des organismes non gouvernementaux à l’étranger, notamment au Kirghizistan et en Thaïlande.

Elle se souvient de l’insistance de son père pour qu’elle continue à écrire et à parler le français. Elle se souvient d’y avoir résisté, comme bien des enfants dans sa situation.

Son français n’est pas impeccable. Ses imperfections témoignent toutefois de sa compréhension intime des défis que peuvent vivre les francophones en milieu minoritaire, explique-t-elle.

Je connais les difficultés de parler français dans un milieu anglophone ou un autre pays. Je connais aussi les difficultés que les parents ont parfois à s’assurer que leurs enfants conservent le français.

Annie McKitrick, candidate à la présidence de l'ACFA

Quant à son passé politique, elle ne croit pas qu’il nuise aux relations de l’ACFA avec le parti conservateur, présentement au pouvoir.

« Je suis vraiment contente de voir, par exemple, le nouveau député de Sherwood Park qui a été en immersion et fait de grands efforts de parler français. Alors moi, je suis prête à travailler avec tout le monde », assure-t-elle.

Les deux candidates débattront des différents enjeux sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, le 4 octobre, entre 8 h et 9 h, pendant l'émission Le Café show.

Le vote se termine le 15 octobre.

Alberta

Francophonie