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La Vérif : les Canadiens paient-ils de plus en plus pour rembourser la dette fédérale?

Le reportage de Vincent Maisonneuve

Photo : getty images/istockphoto / Vladone

Romain Schué

Selon Andrew Scheer, les politiques libérales ont entraîné une augmentation de la dette fédérale, et les Canadiens en paient « de plus en plus » le prix. Or, dans les faits, cette affirmation est en partie erronée.

Deux visions économiques s’opposent littéralement dans cette campagne électorale.

Pour le chef conservateur, un retour à l’équilibre budgétaire serait primordial, afin d’éviter que les Canadiens ne paient encore davantage pour rembourser la dette fédérale.

C’est essentiel que le gouvernement équilibre le budget, parce que Justin Trudeau a augmenté la dette nationale de milliards et de milliards de dollars. Le résultat est que de plus en plus de votre argent va aller dans les banques pour l’intérêt sur les dettes.

Andrew Scheer, le 18 septembre 2019

Justin Trudeau a de son côté une vision différente. Le chef libéral défend les investissements réalisés par son gouvernement.

Nous savons que les gens veulent avoir un plan qui investit dans nos communautés, investit dans les personnes, les familles, tout en restant responsable. C'est pour ça que nous avons un plan qui continue de diminuer notre dette comme proportion de notre PIB.

Justin Trudeau, le 18 septembre 2019

Mais que disent les chiffres au sujet de la dette canadienne et des intérêts à payer pour la rembourser?

Andrew Scheer a raison : la dette publique a augmenté au cours des dernières années, passant ainsi de 616 milliards de dollars, lorsque Justin Trudeau a pris le pouvoir durant l’exercice financier 2015-2016, à 685,5 milliards en 2018-2019.

Cependant, le Canada paie-t-il de plus en plus d’intérêts aux banques, comme l’indique Andrew Scheer? Si l’on se fie à l’ensemble des quatre années de mandat libéral, la réponse est non.

Depuis la dernière victoire électorale des libéraux, les frais de la dette sont passés de 25 à 23 milliards de dollars, essentiellement en raison des taux d’intérêt qui sont bas.

Il faut néanmoins noter que ces frais ont augmenté au cours des deux derniers exercices financiers, passant de 21,2 milliards (2016-2017) à 23,3 milliards de dollars.

À noter également que cette dette fédérale est en baisse par rapport au produit intérieur brut (PIB). Actuellement, elle représente 30,9 % du PIB en 2018-2019. Elle était de 31,3 % en 2017-2018.

Le FMI évoque une politique « judicieuse »

Le poids de la dette canadienne n’est d'ailleurs pas un enjeu inquiétant pour le Fonds monétaire international (FMI).

En 2018, selon l’organisation financière internationale, le ratio dette/PIB de l’ensemble des administrations publiques du Canada était le plus faible de ceux des pays du G7.

Un tableau du FMI sur la dette nette des pays membres du G7.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Canada est l'un des meilleurs élèves du G7 concernant le fardeau de la dette nette, selon le FMI.

Photo : Ministère des Finances du Canada

Dans un dernier rapport publié en mai 2019, le FMI a également salué les politiques canadiennes.

Au cours des cinq dernières années, le Canada a dosé sa politique économique de manière judicieuse afin de favoriser une croissance inclusive et de réduire la vulnérabilité du système financier, peut-on lire dans ce document.

Selon le FMI, la croissance canadienne devrait néanmoins « ralentir à court terme » et la prudence reste de mise.

Comme la croissance ralentit pour s’établir à un niveau plus viable, l’assainissement des finances publiques doit être graduel. Une reconstitution des amortisseurs budgétaires et une accélération de la réduction de la dette offriraient davantage d’options pour faire face aux problèmes futurs, est-il mentionné.

Avec la collaboration de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

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