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La Fed abaisse les taux d'un quart de point de pourcentage

Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, tient une conférence de presse à Washington.

Le Comité monétaire de la Fed n'était pas unanime sur la baisse des taux d'intérêt.

Photo : Reuters / Sarah Silbiger

Agence France-Presse

La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mercredi une baisse modeste des taux d'intérêt – la deuxième en deux mois –, soucieuse de protéger le pays des incertitudes pesant sur le commerce et l'économie mondiale.

Les taux d'intérêt au jour le jour sont fixés dans la fourchette de 1,75 à 2 %, après une baisse d'un quart de point de pourcentage (0,25 %).

La Réserve fédérale américaine dresse un portrait mitigé de l'économie, citant toujours le dynamisme du marché de l'emploi et la croissance modérée qui se poursuit. Elle souligne le fort rythme de progression des dépenses des consommateurs, mais signale la baisse des investissements des entreprises.

La légère remontée de l'inflation observée sur l'indice CPI, en août, n'a pour l'instant pas fait changer la Fed d'opinion sur l’inflation, qui reste sous les 2 %.

La baisse des taux est à nouveau justifiée par l'incidence des développements internationaux sur les perspectives économiques et la faiblesse de l'inflation.

Le président Jerome Powell s'apprêtait à tenir une conférence de presse dans la foulée de la clôture de la réunion monétaire.

Pas d'unanimité

La Réserve fédérale américaine

La Réserve fédérale américaine

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Le Comité monétaire est apparu très divisé sur la décision, trois membres ayant voté contre et sept pour.

C'est la plus forte opposition rencontrée par le président Jerome Powell depuis son arrivée à la tête de la Fed, au début de 2018.

Comme en juillet, deux membres se sont opposés parce qu'ils croient que l'économie n'a pas besoin de davantage de stimuli : ce sont Eric Rosengren, de la Fed de Boston, et Esther George, de celle de Kansas City.

Un troisième s'est ajouté au lot : James Bullard, de la Fed de Saint Louis, qui, lui, aurait voulu une baisse plus importante de 50 points de base.

La dernière dissension d'une telle ampleur au sein du Federal Open Market Committee (FOMC) remonte à septembre 2016, sous la houlette de Janet Yellen.

Donald Trump furieux

Visiblement insatisfait de la mesure, le président Trump a accusé la Fed d’échouer encore une fois.

Le président — qui réclamait une baisse beaucoup plus marquée des taux d’intérêt dans l’espoir de donner un coup de fouet supplémentaire à l’économie américaine — n’a pas été tendre à l’endroit de Jay Powell, qu’il a notamment accusé sur son compte Twitter de n’avoir aucune audace ni aucune vision.

Jay Powell et la Réserve fédérale échouent encore. Aucune audace, aucun sens, aucune vision! Un terrible communicateur!

Donald Trump, président des États-Unis

Mercredi, la Fed a également relevé légèrement sa prévision de croissance pour les États-Unis à 2,2 % cette année, contre 2,1 % précédemment.

Pas d'autres baisses à l'horizon

Une usine d'assemblage automobile

Une usine d'assemblage automobile

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Pour l'évolution des taux à l'avenir, la moyenne des projections des membres de la Fed (tableau de points, ou dot plot) indique que la Banque centrale n'a pour l'instant pas l'intention d'aller plus loin dans ses baisses des taux, ni d’ici la fin de 2019 ni l'année prochaine, alors qu'elle prévoit une croissance de 2 % en 2020 et une inflation proche de sa cible à 1,9 %.

Mais ces projections individuelles, si elles indiquent une intention générale utile aux marchés, ne présagent pas exactement des décisions du Comité monétaire, car tous les participants aux projections ne sont pas des membres votants.

Le communiqué du Comité monétaire sur l'économie est très proche du précédent, publié fin juillet, lorsque la Banque centrale avait décidé la première baisse des taux depuis plus de 10 ans.

Mais au rang des facteurs qui se sont dégradés, la Fed cite les investissements des entreprises et les exportations qui ont faibli, montrant que les inquiétudes autour des tensions commerciales et l'affaiblissement de la croissance mondiale pèsent sur l'industrie.

Les incertitudes sur les perspectives demeurent, dit encore la Fed.

À propos des marchés monétaires — sur lesquels la Fed est intervenue ces deux derniers jours afin de pallier un manque de liquidités pour les banques et les entreprises —, la Banque centrale a simplement réitéré son ordre à la Fed de New York d'intervenir « pour maintenir les taux sur les fonds fédéraux dans la fourchette de 1,75 à 2% ».

La Banque centrale américaine est intervenue en urgence, mardi et mercredi, sur le marché monétaire pour éviter un emballement des coûts d'emprunts à court terme.

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