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Santé : le N.-B. estime avoir reçu 100 millions $ de moins d’Ottawa depuis 2017

La croissance des transferts en santé en provenance d'Ottawa a baissé de 6% à 3% par année depuis 2017.

La croissance des transferts en santé en provenance d'Ottawa a baissé de 6% à 3% par année depuis 2017.

Photo : iStock / sudok1

Radio-Canada

Le gouvernent du Nouveau-Brunswick estime que la diminution de la croissance des transferts en santé en provenance d'Ottawa touche directement les soins de santé dans la province. La province évalue le manque à gagner à 103 millions de dollars depuis 2017.

En décembre 2016, la province alors gouvernée par les libéraux de Brian Gallant a été la première au pays à signer la nouvelle entente bilatérale en santé avec Ottawa.

L'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant,.

L'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

Photo : La Presse canadienne / James West

Le Nouveau-Brunswick s'était attiré les critiques de nombreuses provinces étant donné que la croissance des transferts en santé allait baisser à l'échelle nationale de 6 % à 3 % par année.

Parfois, la discipline de parti et l'allégeance de parti sont plus importantes que les besoins régionaux. Il faut se rappeler qu'on avait à l'époque quatre premiers ministres libéraux au niveau des provinces atlantiques et un premier ministre libéral au niveau fédéral, fait valoir l’économiste et spécialiste des finances publiques Richard Saillant.

Un tableau qui fait état de la diminution des transferts en santé.

L'argent neuf provenant du fédéral, dans le système de santé néo-brunswickois, diminue d'année en année depuis 2017.

Photo : Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick estime que les modifications apportées au mode de calcul des transferts pour la santé ont réduit les transferts pour la santé du Nouveau-Brunswick d’environ 103 millions de dollars, de façon cumulative, entre 2017-18 et 2019-20, selon les données fournies par Vicky Deschênes, porte-parole du ministère des Finances du Nouveau-Brunswick.

Notre système de santé est déjà en crise à un certain point et va s'empirer si on n'est pas capable de fournir le budget nécessaire, déclare l’urgentologue Serge Melanson, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Serge Melanson, Urgentologue à l'hôpital de Moncton, s'exprime lors d'audiences.

«Je suis le seul urgentologue qui travaille la nuit, il y a des patients qui attendent 6, 7, 8, 9 heures alors on pourrait réduire les temps d'attente si on était en mesure d'embaucher d'autres médecins, mais parce qu'on n'a pas le budget pour le faire, on fait avec ce qu'on a», dit Serge Melanson, médecin à l'Hôpital de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

C'est vraiment inquiétant avec la demande du système de santé. Si on tire de l'arrière, on va se retrouver dans une situation où il va falloir couper des services et les listes d'attente pour les patients vont augmenter, les listes d'attente aux urgences vont augmenter. Pour moi, ça m'inquiète énormément, ajoute le Dr Melanson.

Une photo de Richard Saillant, économiste néo-brunswickois.

«La péréquation n'est pas disponible à l'ensemble des provinces, elle est disponible pour les provinces qui sont plus pauvres. C'est un peu la même chose avec la santé. On le faisait auparavant, les provinces les plus pauvres recevaient davantage, mais maintenant on est passé à une formule par habitant», explique Richard Saillant, économiste.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Bien que ça n'ait pas toujours été le cas, la formule des transferts en santé est liée à la population des provinces. Elle ne tient pas compte de l'âge moyen de ses résidents, une injustice qu'il faut corriger selon l'économiste Richard Saillant.

Ce que ça veut dire, c'est qu'une province qui est jeune, plus riche, moins vieillissante va recevoir davantage parce que sa croissance démographique est plus élevée et une province qui a plus de besoins, qui est plus pauvre, qui vieillit plus rapidement, qui est plus vieille comme le Nouveau-Brunswick et l'ensemble de l'Atlantique va recevoir moins de financement.

Ginette Petitpas-Taylor refuse de prendre position en campagne électorale

La Société médicale du Nouveau-Brunswick est d’avis qu’il faut revoir la formule de transferts en santé pour tenir compte de la population vieillissante des provinces atlantiques.

C'est clair que quand les gens vieillissent, ils utilisent plus de services de soins. Le Nouveau-Brunswick a, en moyenne, un taux d'aînés beaucoup plus élevé que la norme canadienne : 20 % au Nouveau-Brunswick versus 17 % au Canada, précise Serge Melanson.

La ministre fédérale de la Santé sortante, Ginette Petitpas-Taylor, à la Chambre des communes.

La ministre fédérale de la Santé sortante, Ginette Petitpas-Taylor, à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Société médicale du Nouveau-Brunswick a rencontré la ministre de la Santé sortante Ginette Petitpas Taylor pour lui demander de hausser les transferts en santé pour la région atlantique.

Actuellement en campagne électorale dans Moncton-Riverview-Dieppe, la candidate libérale n'a pas voulu prendre position.

De parler de changement à ce point-ci, je ne pense pas que c'est le lieu, a déclaré Ginette Petitpas Taylor, lorsqu'elle a été interrogée à ce sujet.

Ginette Petitpas Taylor fait valoir que son gouvernement a privilégié l'octroi de fonds dans d'autres secteurs comme la santé mentale, les soins à domicile et pour un projet pilote sur les aînés.

Ces sommes-là vont dans le domaine de la santé , peut-être pas nécessairement dans les transferts comme tels, mais c'est quand même des argents additionnels, affirme la ministre sortante de la Santé.

Le financement de ces différents programmes est toutefois loin de compenser le manque à gagner des transferts en santé.

Une infirmière auxiliaire avec une patiente dans un foyer de soins de Bathurst.

Une infirmière auxiliaire avec une patiente dans un foyer de soins de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Environ 47 millions de dollars ont été octroyés depuis 2017 au Nouveau-Brunswick pour les soins de santé mentale et les soins à domicile et un peu plus de deux millions pour le projet pilote sur le vieillissement, selon les ministères des Finances et du Développement social du Nouveau-Brunswick.

La région atlantique veut être traitée différemment

Les soins de santé coûtent de plus en plus cher au Nouveau-Brunswick. Depuis 2017, les dépenses en santé ont augmenté de 150 millions de dollars.

C’est une situation que nous gérons du mieux que nous pouvons maintenant. Mais il n'y a pas de solution à long terme sans le soutien du gouvernement fédéral, dit Hugh Flemming, ministre de la Santé.

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Hugh Flemming, en point de presse.

Hugh Flemming, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Selon le ministère des Finances, le budget en santé prévu pour le premier trimestre de l'année, qui s'est terminé le 31 juillet, a connu un dépassement de 25 millions de dollars.

Hugh Flemming demande également à Ottawa de revoir la formule des transferts en santé pour tenir compte du vieillissement de la population.

Le Nouveau-Brunswick va avoir besoin de 100 millions de dollars supplémentaires annuellement pour les 15 prochaines années au moins, lance-t-il.

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